Avis Licitor 2026 : couverture réelle, fiabilité des données et coût d’un achat aux enchères
Licitor est un site privé d’annonces de ventes judiciaires immobilières, en ligne depuis 1996 et édité par Ferrari Conseil SAS, société parisienne immatriculée sous le SIREN 341 603 868. La consultation est gratuite. Note de la rédaction ILA : 3,8/5. Note de l’application iOS : 3,5/5 sur 125 notes. Notre relevé du 31 août 2026 dénombre 609 biens annoncés sur 111 juridictions.
Sommaire
- Notre verdict et notre note
- Méthodologie de notation
- Fiche d’identité de Licitor
- Licitor est-il fiable ?
- Notre relevé : la couverture réelle
- Pourquoi c’est gratuit
- Ce que disent les utilisateurs
- Lire une annonce sans se tromper
- Les 7 étapes pour acheter aux enchères
- Le coût réel d’une adjudication
- Licitor face à Avoventes et aux autres
- Pour quel profil ?
- Les erreurs à éviter
- Lexique
- FAQ
Licitor est un outil sérieux, gratuit, mais qui n’est ni officiel ni exhaustif. Le site publie les annonces que lui transmettent avocats, notaires et régisseurs, et décline expressément toute responsabilité sur leur exactitude. Notre relevé du 31 août 2026 recense 609 biens annoncés sur 111 des 190 juridictions listées, avec près de deux tiers du volume concentré en Île-de-France, PACA, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon. À utiliser comme point de départ, jamais comme source unique.
Notre avis sur Licitor en 2026
Licitor fait une chose et la fait depuis trente ans : rassembler au même endroit les ventes immobilières prononcées à la barre des tribunaux judiciaires français. Aucun autre acteur privé n’offre une telle profondeur d’archive, avec des historiques d’adjudications qui remontent à 1999 dans la plupart des grandes juridictions et jusqu’à 1982 à Grasse. La contrepartie est structurelle : le site vit de la diffusion d’annonces qui lui sont confiées, donc sa couverture épouse la carte de ses correspondants, pas celle de l’activité réelle des tribunaux.
Points forts
- Gratuit sans contrepartie : consultation, alertes par e-mail et agenda personnel, sans abonnement.
- Une base de 86 600 adjudications archivées, prix d’adjudication compris quand le tribunal les transmet.
- Un classement par juridiction fidèle à la réalité de la procédure : on enchérit au tribunal, pas dans une ville.
- Un annuaire d’avocats praticiens des ventes judiciaires, juridiction par juridiction.
- Partenaire déclaré de l’Ordre des avocats de Paris pour la promotion des ventes du tribunal de Paris.
Points faibles
- Aucune obligation d’exhaustivité : 79 des 190 juridictions listées n’affichaient aucune vente à venir le 31 août 2026.
- Clause de non-responsabilité explicite sur l’exactitude des informations publiées.
- Résultats d’adjudication souvent manquants, l’éditeur invoquant sa dépendance aux tribunaux.
- Interface et libellés vieillissants, certaines pages mentionnent encore le tribunal de grande instance, supprimé en 2020.
- Application mobile notée 3,5/5 sur l’App Store français, dernière mise à jour en août 2025.
Pour qui ?
Indispensable à l’investisseur qui veut cartographier le marché des ventes judiciaires et étudier des prix d’adjudication passés. Insuffisant seul pour celui qui cherche un bien précis dans une région donnée : il faut croiser avec Avoventes, le site du Conseil national des barreaux, et avec l’affichage du tribunal concerné.
Comment nous avons noté Licitor
Notre note de 3,8/5 est un avis éditorial. Elle résulte d’une grille pondérée sur 100 points : couverture nationale 20, fraîcheur et fiabilité des données 20, gratuité et modèle économique 15, profondeur de l’historique 15, outils et ergonomie 15, transparence éditoriale 10, application mobile 5.
| Critère | Poids | Note /5 | Points | Justification factuelle |
|---|---|---|---|---|
| Couverture nationale des ventes | 20 % | 4,0 | 80 | 190 juridictions référencées, 111 actives au 31 août 2026, 609 biens annoncés. |
| Fraîcheur et fiabilité des données | 20 % | 2,5 | 50 | Clause de non-responsabilité sur l’exactitude, résultats d’adjudication incomplets, aucune vérification des informations reçues. |
| Gratuité et modèle économique | 15 % | 5,0 | 75 | Consultation, alertes et agenda gratuits, sans abonnement ni paywall. |
| Profondeur de l’historique | 15 % | 5,0 | 75 | 86 600 adjudications archivées sur 166 juridictions, remontant à 1999 dans la plupart des grandes villes. |
| Outils et ergonomie | 15 % | 3,5 | 52,5 | Alertes, agenda et annuaire d’avocats utiles, mais recherche organisée par tribunal et non par bassin de vie. |
| Transparence éditoriale | 10 % | 3,0 | 30 | Éditeur, adresse et téléphone publiés, mais pages d’information peu actualisées et rôle publicitaire peu explicite. |
| Application mobile | 5 % | 2,5 | 12,5 | 3,5/5 sur 125 notes App Store France, version 1.7.5 du 12 août 2025. |
Ce que nous n’avons pas noté
Nous ne notons pas la qualité des biens vendus ni le niveau des décotes : Licitor n’est pas vendeur, il diffuse. Les écarts entre mise à prix et valeur de marché relèvent des tribunaux et des créanciers poursuivants, pas de la plateforme. Nous n’attribuons pas non plus de note à la réactivité du service client, faute de canal de réclamation mesurable en dehors d’un formulaire de contact.
Qui édite Licitor et sous quel statut ?
Licitor est édité par Ferrari Conseil, société par actions simplifiée créée en 1987, dont le siège est au 41 rue de Richelieu à Paris et le SIREN 341 603 868. La marque Licitor a été déposée à l’INPI le 3 janvier 1997 sous le numéro 97657915. Il s’agit d’une entreprise privée, sans mission de service public.
| Élément | Donnée vérifiée |
|---|---|
| Éditeur | Ferrari Conseil, société par actions simplifiée |
| Création | 1987, établissement unique immatriculé depuis 1989 |
| Siège social | 41 rue de Richelieu, 75001 Paris |
| SIREN | 341 603 868, capital de 40 000 € |
| Activité déclarée | Conseil pour les affaires et autres conseils de gestion, code NAF 70.22Z |
| Effectif | 3 à 5 salariés selon le répertoire des entreprises |
| Marque | LICITOR, INPI n° 97657915, déposée le 3 janvier 1997, renouvelée jusqu’en janvier 2027 |
| Lancement du site | 1996, selon la présentation de l’éditeur |
| Partenariats affichés | Ordre des avocats de Paris, AAPPE (association d’avocats praticiens des procédures d’exécution) |
| Publication liée | Le Journal des Enchères, hebdomadaire diffusé en kiosque et par abonnement |
Le point à retenir tient en une phrase : Licitor est un éditeur privé de trois à cinq personnes, pas une émanation de la justice. Le nom vient du latin, où il désignait celui qui enchérit. L’activité déclarée au registre reste le conseil aux entreprises, ce qui rappelle que la société s’est bâtie sur l’accompagnement des professionnels du droit dans les formalités de publicité des ventes, le site grand public n’étant que la vitrine de cette activité.
Un signal d’entretien à connaître
La page consacrée aux partenaires institutionnels évoque toujours la promotion des ventes au tribunal de grande instance de Paris. Or les TGI ont fusionné avec les tribunaux d’instance pour devenir les tribunaux judiciaires le 1er janvier 2020. Six ans plus tard, la mention subsiste. Ce n’est pas un problème de fond, mais c’est un indice utile sur le rythme de mise à jour des pages éditoriales du site.
Licitor est-il fiable ou est-ce une arnaque ?
Licitor n’est pas une arnaque : le site est gratuit, il ne collecte aucun paiement et ne s’interpose jamais entre l’acheteur et le tribunal. Mais il n’est pas non plus une source officielle. Sa page « Responsabilité » indique qu’il se présente comme un site à vocation promotionnelle, qu’il diffuse les informations transmises par ses correspondants sans en vérifier la pertinence, et qu’il décline toute responsabilité sur leur exactitude.
Cette précision, publiée par l’éditeur lui-même, est la clé de lecture de toute la plateforme. Elle a trois conséquences pratiques.
- Une annonce n’est pas une publicité légale. La publicité officielle d’une vente sur saisie repose sur l’affichage au tribunal et sur les avis dans un journal d’annonces légales. Ce qui figure sur Licitor en est un reflet commercial, utile mais non opposable.
- Une donnée erronée n’engage personne. Surface, occupation du bien, nombre de lots, montant de la mise à prix : seul le cahier des conditions de vente déposé au greffe fait foi. C’est lui qu’il faut demander à l’avocat poursuivant.
- Une absence d’annonce ne signifie pas une absence de vente. C’est le point le plus coûteux pour un acheteur, et nous le documentons chiffres à l’appui dans la section suivante.
La confusion la plus répandue sur le web
Plusieurs sites présentent Licitor comme « le site officiel du Conseil national des barreaux ». C’est faux. La plateforme du CNB s’appelle Avoventes.fr et a été lancée le 22 juillet 2020 ; les avocats y déposent leurs annonces avec leur identifiant professionnel. Licitor est un acteur privé antérieur, sans lien capitalistique avec la profession. Confondre les deux conduit à surestimer l’exhaustivité de ce que l’on consulte.
La vérification qui change tout
Avant de vous déplacer ou d’engager des frais, appelez l’avocat poursuivant indiqué dans l’annonce et faites-vous confirmer trois choses : que la vente est bien maintenue à la date annoncée, le montant exact de la mise à prix, et le montant des frais préalables taxés. Les reports d’audience et les baisses de mise à prix sont fréquents et ne remontent pas toujours en ligne.
Quelle est la couverture réelle de Licitor ?
Le 31 août 2026, nous avons extrait la totalité du programme des ventes à venir publié par Licitor, juridiction par juridiction. Résultat : 609 biens annoncés, répartis sur 111 juridictions actives alors que le site en liste 190. L’Île-de-France concentre 193 annonces à elle seule, soit 32 % du total national.
C’est l’angle mort de tous les articles publiés sur Licitor : personne ne mesure ce que la plateforme couvre vraiment. Nous l’avons fait, sur le programme complet et sur l’historique des adjudications, à la même date.
Source : extraction manuelle du programme des ventes publié sur licitor.com, page « Toutes les ventes aux enchères en France, par tribunal », édition du 31 août 2026. Somme des annonces affichées par juridiction, regroupées selon le découpage régional utilisé par le site. Axe à base zéro. Total contrôlé : 609 annonces.
| Région | Biens annoncés | Juridictions actives | Adjudications archivées |
|---|---|---|---|
| Île-de-France | 193 | 10 sur 10 | 34 698 |
| PACA | 112 | 9 sur 11 | 15 646 |
| Rhône-Alpes | 54 | 13 sur 17 | 6 881 |
| Languedoc-Roussillon | 44 | 7 sur 8 | 5 381 |
| Bourgogne | 31 | 5 sur 6 | 1 412 |
| Centre-Val de Loire | 22 | 6 sur 7 | 1 430 |
| Midi-Pyrénées | 22 | 5 sur 11 | 2 512 |
| Aquitaine | 7 | 3 sur 10 | 3 722 |
| Alsace | 0 | 0 sur 4 | 3 |
| Outre-mer | 0 | 0 sur 15 | 22 |
| Total France | 609 | 111 sur 190 | 86 600 |
Le cas de l’Alsace et de la Moselle, mal expliqué partout
Colmar, Strasbourg, Mulhouse, Saverne, Metz, Thionville, Sarreguemines : aucune vente à venir, et un historique quasi nul. Ce n’est pas une défaillance de Licitor. Dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, l’exécution forcée immobilière relève du droit local, régi par les articles 141 et suivants de la loi du 1er juin 1924. La vente n’a pas lieu à la barre du tribunal sous ministère d’avocat mais est confiée à un notaire commis, avec une publicité et un calendrier propres. Chercher un bien saisi à Strasbourg sur Licitor est donc structurellement voué à l’échec : il faut passer par la chambre des notaires et les annonces locales.
Ce que l’archive raconte
Les 86 600 adjudications archivées ne sont pas réparties uniformément. Paris affiche 7 939 ventes remontant à octobre 1999, Bobigny 6 488, Marseille 3 347, Grasse 2 813 avec un premier enregistrement daté de 1982, Lyon 2 137, Bordeaux 1 823, Toulouse 1 640. À l’inverse, plusieurs juridictions n’ont qu’une seule ligne d’historique. Cette base est le vrai actif de Licitor : elle permet de situer un prix d’adjudication dans son marché local, ce qu’aucun portail concurrent ne propose avec cette antériorité.
La limite qui revient dans tous les avis d’utilisateurs
Le prix d’adjudication effectif manque souvent, y compris des semaines après l’audience. L’éditeur répond publiquement aux critiques sur ce point en expliquant qu’il dépend de la transmission des résultats par les tribunaux. C’est exact, mais l’effet pour l’acheteur est le même : impossible de s’appuyer sur les seuls résultats en ligne pour décider d’une surenchère, dont le délai n’est que de dix jours.
Pourquoi Licitor est-il gratuit, et ce que cela implique
La consultation des annonces, les alertes par e-mail et l’agenda personnel sont gratuits, sans abonnement. Licitor est financé par ceux qui publient : avocats, notaires, régisseurs d’annonces et le Journal des Enchères, hebdomadaire édité par la même maison. L’acheteur n’est pas le client, il est l’audience.
Ce modèle explique tout le reste. Une plateforme rémunérée à la diffusion couvre en priorité les juridictions où des professionnels ont un intérêt commercial à faire connaître leurs ventes : les grandes métropoles, le littoral méditerranéen, la région parisienne. Là où le volume est faible et l’enjeu publicitaire nul, l’annonce ne remonte pas. Ce n’est ni malhonnête ni caché, c’est simplement une logique d’audience qu’il faut intégrer avant de conclure qu’« il n’y a rien à vendre » dans un département.
À faire dès la première visite
Créez un compte gratuit et paramétrez une alerte par juridiction plutôt que par ville. La procédure de saisie se rattache au tribunal du lieu de l’immeuble : raisonner en ressort de tribunal évite de manquer des biens situés en périphérie de votre zone de recherche. Ajoutez ensuite les dates de visite à l’agenda du site, car la visite est le plus souvent unique et non reportée.
Que valent les avis sur Licitor ?
Licitor n’a pas de profil Trustpilot significatif : le seul indicateur public et vérifiable est la note de son application mobile, à 3,5/5 sur 125 notes sur l’App Store français au 31 août 2026. C’est une note moyenne, portée par un noyau d’utilisateurs professionnels et pénalisée par l’absence des résultats d’adjudication.
Le contraste avec les courtiers ou les agences est frappant : personne ne dépose d’avis enthousiaste sur un annuaire d’annonces. Les retours publics se concentrent donc sur trois griefs récurrents, tous documentés dans les commentaires de l’application.
| Grief | Fondé ? | Comment le contourner |
|---|---|---|
| Prix d’adjudication rarement affichés | Oui | Demander le résultat au greffe des criées ou à l’avocat poursuivant dès le lendemain de l’audience. |
| Mise à jour inégale selon les régions | Oui | Croiser avec Avoventes et avec l’affichage du tribunal, notamment hors Île-de-France et PACA. |
| Application moins pratique que le site | En partie | Utiliser l’application pour les alertes et le site pour la lecture en liste et la comparaison. |
| Annonces peu détaillées | En partie | L’annonce n’a pas vocation à remplacer le cahier des conditions de vente, qui seul décrit l’état juridique du bien. |
| Site payant ou piégeux | Non | Aucun paiement n’est demandé, ni pour consulter, ni pour créer un compte, ni pour recevoir des alertes. |
Lire une annonce Licitor sans se tromper
Une annonce de vente judiciaire comporte cinq informations décisives : la mise à prix, la date d’audience et le tribunal, la date de visite, l’état d’occupation du bien et les coordonnées de l’avocat poursuivant. La mise à prix n’est jamais le prix de vente : c’est le plancher à partir duquel les enchères démarrent.
| Information | Ce qu’elle dit | Le piège |
|---|---|---|
| Mise à prix | Le montant de départ fixé par le créancier poursuivant. | Elle peut être très basse pour attirer les enchérisseurs, ou faire l’objet d’une baisse si personne n’enchérit. |
| Date d’audience et tribunal | Le lieu et le moment où l’adjudication est prononcée. | Les reports sont fréquents et ne sont pas toujours répercutés en ligne. |
| Date de visite | Le créneau organisé par le commissaire de justice. | Souvent unique, parfois d’une heure. Manquer la visite revient à acheter à l’aveugle. |
| État d’occupation | Bien libre, occupé par le saisi ou loué. | Un bien occupé se revend mal et l’expulsion éventuelle reste à la charge de l’acquéreur. |
| Avocat poursuivant | Le contact pour obtenir le cahier des conditions de vente. | Ce n’est pas votre avocat : il défend le créancier, pas vous. |
| Descriptif et surface | Un résumé du procès-verbal de description. | Non vérifié par le site. Seul le procès-verbal du commissaire de justice fait foi. |
La règle de lecture est simple : tout ce qui figure sur Licitor sert à décider si le dossier mérite qu’on demande le cahier des conditions de vente. Rien de plus. C’est ce document, déposé au greffe, qui contient les servitudes, les charges de copropriété impayées, les baux en cours, l’exclusion de la garantie des vices cachés et les conditions de paiement.
Les 7 étapes pour acheter un bien repéré sur Licitor
Repérer l’annonce, obtenir le cahier des conditions de vente, visiter, chiffrer le budget total, mandater un avocat inscrit au barreau du tribunal, remettre une caution de 10 % de la mise à prix avec un minimum de 3 000 €, puis assister à l’audience. Le prix est payable dans les deux mois.
| Étape | Ce qui se passe | Ce que vous devez faire |
|---|---|---|
| 1. Repérage | Vous identifiez un bien sur Licitor ou Avoventes. | Vérifier la date d’audience auprès de l’avocat poursuivant. |
| 2. Cahier des conditions de vente | Le document de référence, déposé au greffe. | Le lire intégralement, en particulier les charges, baux et servitudes. |
| 3. Visite | Organisée par un commissaire de justice, souvent une seule fois. | S’y rendre, photographier, estimer les travaux. Aucun recours après la vente. |
| 4. Budget total | Prix, frais préalables taxés, émolument, droits, honoraires d’avocat. | Fixer votre enchère maximale avant l’audience et s’y tenir. |
| 5. Avocat et caution | Les enchères sont portées par un avocat du barreau du tribunal. | Remettre une caution bancaire irrévocable ou un chèque de banque de 10 % de la mise à prix, minimum 3 000 €. |
| 6. Audience d’adjudication | Les enchères se succèdent, l’adjudication est prononcée au plus offrant. | La garantie est restituée aux enchérisseurs non retenus dès la fin de l’audience. |
| 7. Après la vente | Délai de surenchère de dix jours, puis paiement du prix. | Prévoir le prix sous deux mois et les droits de mutation sous un mois après demande du Trésor. |
Deux mécanismes méritent d’être compris avant de se lancer. La surenchère du dixième permet à toute personne ayant qualité pour enchérir de relancer la vente dans les dix jours, à hauteur d’au moins 10 % du prix principal : vous n’êtes donc pas propriétaire au coup de marteau. À l’inverse, si vous ne payez pas dans les délais, la réitération des enchères remet le bien en vente et vous laisse à la charge de la différence si le nouveau prix est inférieur. Le financement doit donc être bouclé avant l’audience, sans condition suspensive possible : notre page sur le salaire nécessaire pour emprunter donne les seuils utiles pour calibrer le dossier en amont.
Le calendrier des audiences et l’historique des adjudications sont librement consultables, sans compte et sans frais.
Consulter les ventes en cours sur Licitor
Lien externe non partenaire : ILA ne perçoit aucune rémunération de Licitor ni de son éditeur. Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil en investissement. Un achat par adjudication est ferme et sans faculté de rétractation.
Combien coûte réellement un bien acheté aux enchères ?
Comptez de 10 à 15 % au-dessus du prix d’adjudication. S’ajoutent les frais préalables taxés par le juge, l’émolument proportionnel réparti entre l’avocat poursuivant et le vôtre, les droits d’enregistrement de 5,81 à 6,32 % selon le département, la contribution de sécurité immobilière et les honoraires libres de votre avocat.
Voici le chiffrage complet d’un bien adjugé 150 000 €, ordre de grandeur le plus courant sur les annonces de province, dans un département ayant relevé son taux de droits de mutation à 5 %.
Deux enseignements. D’abord, les frais préalables sont le poste le plus volatil : ils sont taxés par le juge de l’exécution, figurent au cahier des conditions de vente, et peuvent dépasser 10 000 € sur un dossier complexe. Sur une petite mise à prix, ils suffisent à annuler toute décote. Ensuite, ces frais sont dus en totalité quel que soit le prix atteint : plus le bien est bon marché, plus leur poids relatif est écrasant.
Le calcul que personne ne fait avant l’audience
Sur un bien adjugé 60 000 €, les mêmes 5 000 € de frais préalables représentent 8,3 % du prix, contre 3,3 % à 150 000 €. En ajoutant les droits et l’émolument, le surcoût total dépasse alors 20 %. Autrement dit : les très petites mises à prix, celles qui attirent le plus de candidats novices, sont proportionnellement les plus chères. Vérifiez le montant exact des frais préalables auprès de l’avocat poursuivant avant de fixer votre enchère maximale.
Financement : ce qui change par rapport à une vente classique
Aucune condition suspensive d’obtention de prêt n’est possible et le délai de rétractation de dix jours du droit commun ne s’applique pas. L’accord de financement doit donc être obtenu avant l’audience, et le déblocage doit tenir dans le délai de deux mois. Les banques financent ces opérations, mais rarement dans l’urgence : anticipez avec votre conseiller ou votre courtier, comme détaillé dans notre comparatif des courtiers en crédit immobilier.
Licitor face à Avoventes et aux autres plateformes
Avoventes.fr est la plateforme du Conseil national des barreaux, alimentée directement par les avocats et enrichie des documents de vente. Licitor reste le plus riche en historique et en couverture ancienne. Les deux sont gratuits et complémentaires : consulter l’un sans l’autre revient à ne voir qu’une partie du marché.
| Critère | Licitor | Avoventes | immobilier.notaires.fr | Agorastore |
|---|---|---|---|---|
| Éditeur | Ferrari Conseil, privé | Conseil national des barreaux | Notariat | Société privée |
| Type de ventes | Judiciaires, toutes juridictions | Judiciaires et amiables sur autorisation | Ventes notariales | Biens des collectivités et administrations |
| Depuis | 1996 | 2020 | Années 2000 | 2007 |
| Documents de vente en ligne | Rarement | Souvent | Souvent | Oui |
| Historique des adjudications | 86 600 résultats archivés | Limité | Limité | Limité |
| Simulateur de frais | Non | Oui | Oui | Oui |
| Avocat obligatoire pour enchérir | Oui | Oui | Non | Non |
| Coût pour l’acheteur | Gratuit | Gratuit | Gratuit | Gratuit |
En pratique, la bonne méthode consiste à utiliser Licitor pour la veille nationale et l’étude des prix passés, Avoventes pour obtenir le cahier des conditions et le procès-verbal de description sans passer par un appel téléphonique, et l’affichage du tribunal concerné pour vérifier qu’une vente est bien maintenue. Pour les biens publics, terrains communaux ou logements de bailleurs sociaux, Agorastore relève d’une logique différente : ni saisie, ni avocat.
Licitor est-il adapté à votre profil ?
Licitor convient aux investisseurs disposant de trésorerie, aux marchands de biens et aux acheteurs capables de supporter un aléa juridique. Il est déconseillé à qui achète sa résidence principale sans marge financière, à qui dépend d’un prêt à obtenir dans l’urgence, et à qui cherche un bien en Alsace-Moselle.
| Profil | Licitor pertinent ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Investisseur locatif expérimenté | Oui | Décote possible sur des biens à travaux, et historique des adjudications pour calibrer l’enchère. |
| Marchand de biens | Oui | Veille nationale par juridiction, repérage des ventes peu concurrencées. |
| Acheteur en Île-de-France ou sur le littoral méditerranéen | Oui | Ce sont les deux zones où la couverture du site est la plus dense et la plus régulière. |
| Primo-accédant avec apport limité | Réservé | Caution immédiate, prix payable sous deux mois, aucune condition suspensive de prêt. |
| Acheteur d’un bien occupé | Réservé | La libération des lieux et son coût restent à la charge de l’adjudicataire. |
| Recherche en Alsace ou en Moselle | Non | Le droit local confie la vente forcée à un notaire commis, hors du circuit couvert par le site. |
| Recherche outre-mer | Non | Aucune vente à venir référencée et un historique quasi inexistant sur ces juridictions. |
Si votre projet est locatif, gardez la hiérarchie des variables en tête : une décote de 15 % à l’achat ne compense pas un mauvais emplacement ou un locataire en place à loyer plafonné. Notre calculateur de rendement locatif permet de vérifier que le prix atteint à l’audience reste compatible avec un cash-flow tenable, frais d’adjudication inclus, et notre guide sur l’investissement locatif sans apport détaille pourquoi ce type d’opération se finance rarement à 110 %.
Les 5 erreurs qui coûtent cher aux enchères judiciaires
1. Prendre la mise à prix pour le prix d’achat
La mise à prix est un plancher fixé par le créancier, parfois volontairement bas pour attirer les enchérisseurs. Le prix final peut la dépasser largement. Ajoutez systématiquement 10 à 15 % de frais pour obtenir votre coût réel.
2. Enchérir sans avoir lu le cahier des conditions de vente
C’est le seul document qui fait foi. Il contient les charges impayées, les baux en cours, les servitudes et l’exclusion de la garantie des vices cachés. L’annonce en ligne n’en est qu’un résumé commercial, publié sans vérification par le site.
3. Croire qu’une absence d’annonce signifie une absence de vente
Le 31 août 2026, 79 des 190 juridictions listées n’affichaient aucune vente à venir sur Licitor. Certaines n’avaient effectivement rien au rôle, d’autres ne sont tout simplement pas couvertes. Vérifiez toujours auprès du greffe des criées du tribunal visé.
4. Compter sur un prêt non encore accordé
Il n’existe ni condition suspensive de financement ni délai de rétractation. Si le prix n’est pas payé dans les délais, le bien est remis en vente et l’enchérisseur défaillant supporte la différence de prix ainsi que les frais de la première vente.
5. Oublier la surenchère du dixième
Pendant dix jours après l’adjudication, tout candidat peut relancer la vente en surenchérissant d’au moins 10 % du prix principal. Une bonne affaire trop visible se fait souvent reprendre à ce stade. Ne considérez le bien comme acquis qu’à l’expiration de ce délai.
Lexique des ventes aux enchères judiciaires
- Adjudication
- Attribution du bien au plus offrant à l’issue des enchères, prononcée par le juge de l’exécution à l’audience des criées. Elle vaut vente, sans acte notarié ni faculté de rétractation.
- Mise à prix
- Montant de départ des enchères, fixé par le créancier poursuivant dans le cahier des conditions de vente. Elle peut être abaissée si aucune enchère n’est portée.
- Cahier des conditions de vente
- Document déposé au greffe qui décrit le bien, sa situation juridique, les charges et les modalités de la vente. C’est la seule source opposable, à demander à l’avocat poursuivant.
- Avocat poursuivant
- Avocat du créancier qui conduit la procédure de saisie. Il organise la publicité et détient le cahier des conditions de vente, mais ne représente pas l’acheteur.
- Caution d’enchère
- Caution bancaire irrévocable ou chèque de banque remis à l’avocat avant d’enchérir, représentant 10 % de la mise à prix avec un minimum de 3 000 €, selon l’article R. 322-41 du code des procédures civiles d’exécution.
- Surenchère du dixième
- Faculté ouverte pendant dix jours après l’adjudication de relancer la vente en offrant au moins 10 % de plus que le prix principal, prévue à l’article R. 322-50 du même code.
- Frais préalables taxés
- Ensemble des frais de la procédure arrêtés par le juge et mis à la charge de l’adjudicataire : actes du commissaire de justice, diagnostics, publicité. Ils s’ajoutent au prix.
- Réitération des enchères
- Remise en vente du bien lorsque l’adjudicataire ne paie pas le prix ou les frais dans les délais. L’enchérisseur défaillant reste tenu de la différence si le nouveau prix est inférieur.
Questions fréquentes sur Licitor
Licitor est-il fiable ou est-ce une arnaque ?
Licitor n’est pas une arnaque : le site est gratuit et ne collecte aucun paiement. Il n’est en revanche pas une source officielle. Son éditeur indique publiquement qu’il diffuse les informations transmises par ses correspondants sans les vérifier et décline toute responsabilité quant à leur exactitude. Le cahier des conditions de vente reste le seul document opposable.
Licitor est-il gratuit ?
Oui, entièrement. La consultation des annonces, la création de compte, les alertes par e-mail et l’agenda personnel ne coûtent rien. Le site est financé par les professionnels qui font publier leurs annonces et par le Journal des Enchères, hebdomadaire édité par la même société.
Qui édite le site Licitor ?
Ferrari Conseil, société par actions simplifiée créée en 1987, dont le siège est au 41 rue de Richelieu à Paris et le SIREN 341 603 868. La société emploie de trois à cinq personnes et a déposé la marque Licitor à l’INPI le 3 janvier 1997 sous le numéro 97657915.
Licitor est-il le site officiel des ventes judiciaires ?
Non. La plateforme officielle de la profession est Avoventes.fr, lancée le 22 juillet 2020 par le Conseil national des barreaux, sur laquelle les avocats déposent eux-mêmes leurs annonces. Licitor est un éditeur privé antérieur, sans lien avec l’institution, même s’il se présente comme partenaire de l’Ordre des avocats de Paris.
Licitor recense-t-il toutes les ventes aux enchères de France ?
Non, et le site ne le prétend pas. Notre relevé du 31 août 2026 dénombre 609 biens annoncés sur 111 juridictions actives, alors que le site en liste 190. Près de deux tiers des annonces se concentrent en Île-de-France, en PACA, en Rhône-Alpes et en Languedoc-Roussillon.
Pourquoi ne trouve-t-on aucune vente en Alsace et en Moselle ?
Parce que le droit local s’applique dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle. L’exécution forcée immobilière y est régie par les articles 141 et suivants de la loi du 1er juin 1924 et la vente est confiée à un notaire commis, hors du circuit des criées. Il faut donc chercher auprès des notaires et des annonces locales.
Faut-il obligatoirement un avocat pour enchérir ?
Oui, pour les ventes à la barre du tribunal judiciaire. Les enchères sont portées par le ministère d’un avocat inscrit au barreau du tribunal où la vente est poursuivie, et cet avocat ne peut être porteur que d’un seul mandat. Vous ne pouvez pas enchérir vous-même.
Quelle somme faut-il avancer avant d’enchérir ?
Avant de porter les enchères, votre avocat doit se faire remettre une caution bancaire irrévocable ou un chèque de banque représentant 10 % de la mise à prix, avec un minimum de 3 000 €. Cette garantie est restituée dès la fin de l’audience si vous n’êtes pas déclaré adjudicataire.
Combien coûte réellement un achat aux enchères ?
De 10 à 15 % au-dessus du prix d’adjudication dans la plupart des dossiers. Sur un bien adjugé 150 000 €, il faut compter environ 5 000 € de frais préalables, 1 915 € d’émolument proportionnel, 9 480 € de droits d’enregistrement à 6,32 %, la contribution de sécurité immobilière et les honoraires de votre avocat, soit près de 168 500 € au total.
La mise à prix correspond-elle au prix final ?
Non. C’est le montant de départ des enchères, fixé par le créancier poursuivant. Il peut être volontairement bas pour attirer des candidats, et le prix atteint à l’audience le dépasse fréquemment. Il arrive aussi qu’il soit abaissé si aucune enchère n’est portée.
Peut-on visiter un bien vendu aux enchères ?
Oui. Une visite est organisée par un commissaire de justice avant l’audience, à la date indiquée dans l’annonce. Elle est le plus souvent unique et de courte durée. Comme la vente exclut la garantie des vices cachés, manquer cette visite revient à acheter à l’aveugle.
Peut-on se rétracter après l’adjudication ?
Non. L’adjudication vaut vente et il n’existe ni délai de rétractation ni condition suspensive de prêt. Seule la surenchère du dixième, ouverte pendant dix jours à toute personne ayant qualité pour enchérir, peut remettre le bien en vente.
Peut-on acheter à crédit un bien aux enchères ?
Oui, mais le financement doit être accordé avant l’audience. Le prix est payable dans les deux mois de l’adjudication définitive, sans quoi des intérêts courent puis le bien est remis en vente aux frais de l’enchérisseur défaillant. Aucune banque ne peut être opposée au vendeur en cas de refus.
Où consulter les résultats des adjudications passées ?
Dans l’onglet des résultats de Licitor, qui archive 86 600 adjudications sur 166 juridictions, avec des historiques remontant à 1999 dans la plupart des grandes villes. La limite est connue : le prix d’adjudication manque souvent, l’éditeur expliquant dépendre de la transmission des résultats par les tribunaux.
Licitor a-t-il une application mobile ?
Oui, sur iOS et Android, gratuite. Sur l’App Store français, elle est notée 3,5 sur 5 pour 125 notes, sa dernière version datant du 12 août 2025. Les critiques portent principalement sur l’absence des résultats d’adjudication et sur une lecture moins confortable que celle du site.
Quelles sont les alternatives à Licitor ?
Avoventes.fr, la plateforme du Conseil national des barreaux, qui publie souvent les documents de vente et propose un simulateur de frais. Pour les ventes notariales, immobilier.notaires.fr. Pour les biens des collectivités et administrations, Agorastore. L’affichage au tribunal reste la source de référence.
Licitor convient-il à un investissement locatif ?
Oui, à condition d’avoir de la trésorerie et d’accepter l’aléa juridique. L’historique des adjudications permet de situer le prix d’un bien dans son marché local, ce qu’aucun autre portail ne propose avec cette antériorité. En revanche, un bien occupé ou lourdement chargé en copropriété peut annuler la décote apparente.
Sources
- 1. Licitor.com, page « Toutes les ventes aux enchères en France, par tribunal », édition du 31 août 2026, et son onglet « Résultats des adjudications ». Extraction et comptage ILA.
- 2. Licitor.com, pages « Responsabilité », « Partenaires institutionnels » et mentions de l’éditeur, consultées le 31 août 2026.
- 3. INPI, marque française LICITOR n° 97657915, déposée le 3 janvier 1997 par Ferrari Conseil SAS.
- 4. Répertoire national des entreprises et annuaire des entreprises, fiche Ferrari Conseil, SIREN 341 603 868.
- 5. App Store France, fiche de l’application Licitor éditée par Ferrari Conseil S.A., note et volume relevés le 31 août 2026.
- 6. Code des procédures civiles d’exécution, articles R. 322-40, R. 322-41 et R. 322-50.
- 7. Code de commerce, article A444-191 et barème d’émolument de l’article A444-102.
- 8. Loi du 1er juin 1924, articles 141 et suivants, exécution forcée immobilière en Alsace-Moselle.
- 9. Conseil national des barreaux, lancement de la plateforme Avoventes.fr, communiqué du 22 juillet 2020.
- 10. Loi de finances pour 2025 et barèmes des droits de mutation à titre onéreux applicables en 2026.
Avis éditorial indépendant rédigé par Gaultier Garde, directeur de publication d’Investissement Locatif Avis. Note de la rédaction : 3,8 sur 5. Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil en investissement. L’achat par adjudication est ferme, sans faculté de rétractation ni condition suspensive de financement. Investir comporte un risque de perte en capital.
