Comparatif, fiscalité immobilière

Dispositifs fiscaux de l’investissement locatif : le comparatif noté

Le Pinel est fermé depuis fin 2024, le LMNP a été durci en 2025, et un nouveau dispositif d’amortissement en location nue est arrivé en 2026. Voici les huit régimes réellement accessibles aujourd’hui, notés un par un, et le filtre que presque personne n’applique avant de choisir : réduction d’impôt ou déduction du revenu.

Mis à jour septembre 2026 Lecture 16 min 8 dispositifs notés Vérifié par Gaultier GARDE

Le classement

Les huit dispositifs accessibles, notés

Réponse directe

Il n’existe plus de dispositif universel. En location meublée, le LMNP au régime réel reste le plus efficace malgré son durcissement. En location nue, trois régimes se partagent le terrain selon l’objectif : le déficit foncier pour l’ancien avec travaux, le dispositif Jeanbrun pour amortir en acceptant un loyer modéré, le Denormandie pour une réduction d’impôt sèche dans une ville moyenne. Le Pinel, lui, n’est plus accessible.

Comparatif des dispositifs fiscaux accessibles à un nouvel investissement locatif
DispositifNote ILANature de l’avantageLocationEngagementPlafond de niches 10 000 €
LMNP au réel8/10Amortissement déductible des loyers BICMeubléeAucunHors plafond déduction
Déficit foncier7/10Déduction du revenu global, 10 700 € ou 21 400 €NueJusqu’à fin de la 3e année suivanteHors plafond déduction
Dispositif Jeanbrun6/10Amortissement du bâti déductible des revenus fonciersNue9 ansHors plafond déduction
Denormandie6/10Réduction d’impôt de 12, 18 ou 21 %Nue6, 9 ou 12 ansDans le plafond réduction
Logement locatif intermédiaire6/10TVA à 10 % et avantage de taxe foncièreNue, via société15 à 20 ansHors plafond
Loc’Avantages5/10Réduction d’impôt de 15 à 35 % des loyersNue6 ansDans le plafond réduction
Malraux5/10Réduction d’impôt de 22 ou 30 % des travauxNue9 ansHors plafond dérogation
Monuments historiques4/10Déduction des travaux du revenu global, sans plafondSelon le bien15 ans de conservationHors plafond déduction

0

Dispositif universel : le choix dépend de la TMI et du type de location

10 000 €

Plafond global des niches fiscales, qui ne concerne que les réductions d’impôt

21 400 €

Déficit foncier majoré en rénovation énergétique, jusqu’au 31/12/2027

31/12/2027

Échéance du Denormandie et du déficit foncier majoré

Mise à jour

Ce qui a changé, et ce qui n’existe plus

Réponse directe

Trois évolutions rendent obsolètes la plupart des comparatifs encore en ligne : le Pinel est éteint depuis le 31 décembre 2024, les amortissements LMNP sont réintégrés dans la plus-value de revente depuis le 15 février 2025, et la loi de finances pour 2026 a créé un régime d’amortissement en location nue tout en prorogeant le Denormandie et le déficit foncier majoré jusqu’au 31 décembre 2027.

Le Pinel n’est plus une option

Le Pinel et le Pinel+ se sont éteints le 31 décembre 2024. Aucune acquisition postérieure n’ouvre droit à la réduction d’impôt, quelle que soit la date de livraison du logement. Seuls les engagements souscrits avant cette date continuent jusqu’à leur terme de 6, 9 ou 12 ans. Tout comparatif qui présente encore un barème Pinel « 2026 » de 10,5 à 17,5 % décrit un dispositif fermé, avec des taux qui étaient de surcroît ceux de 2023. Notre analyse pour les investisseurs encore engagés se trouve dans notre avis sur le Pinel.

Le LMNP n’est plus « zéro impôt à vie »

L’article 84 de la loi de finances pour 2025 réintègre les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value, pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025. Les résidences services étudiantes, seniors et EHPAD restent hors du champ. L’amortissement ne supprime donc plus l’impôt : il le décale de la phase de location vers la revente. C’est un avantage de trésorerie considérable, ce n’est plus une exonération.

Un nouveau régime en location nue

La loi de finances pour 2026 a créé le statut du bailleur privé, dit dispositif Jeanbrun, applicable aux acquisitions réalisées depuis février 2026. Il transpose la logique de l’amortissement, jusque-là réservée au meublé, à la location nue, en échange d’un loyer modéré et d’un engagement de neuf ans. Le dispositif étant très récent, ses modalités dépendent des textes d’application : vérifiez la version en vigueur à la date de votre acquisition.

Méthode

Le filtre préalable : réduction d’impôt ou déduction du revenu

Réponse directe

Une réduction d’impôt s’impute sur l’impôt dû et entre dans le plafond global des avantages fiscaux de 10 000 € par an. Une déduction diminue le revenu imposable, échappe à ce plafond, et produit une économie proportionnelle à la tranche marginale. Cette distinction élimine la moitié des dispositifs avant même de regarder un bien.

Deux investisseurs identiques n’ont pas le même dispositif optimal selon ce qu’ils consomment déjà de plafond de niches. Un foyer qui utilise déjà 8 000 € de crédits d’impôt sur des services à domicile ne captera que 2 000 € d’une réduction Denormandie la première année, alors qu’un déficit foncier ou un amortissement lui restera intégralement acquis.

Deux familles d’avantages fiscaux, deux logiques d’arbitrage
 Réductions d’impôtDéductions du revenu
Dispositifs concernésDenormandie, Loc’AvantagesLMNP, déficit foncier, Jeanbrun, monuments historiques
MécanismeS’impute sur l’impôt dûDiminue le revenu imposable
Valeur pour l’investisseurIdentique quelle que soit la TMIProportionnelle à la TMI
Plafond global de 10 000 €Applicable contrainteNon applicable liberté
Intérêt en TMI faibleConservéTrès réduit
Intérêt en TMI 41 ou 45 %Plafonné en valeurMaximal

Deux exceptions à connaître

La réduction Malraux bénéficie d’une dérogation et reste hors du plafond global des niches fiscales. À l’inverse, l’avantage du logement locatif intermédiaire ne passe ni par une réduction ni par une déduction : il joue sur la TVA d’acquisition et sur la taxe foncière, donc hors plafond par nature.

Les fiches

Les huit dispositifs en détail

LMNP au régime réel

8/10

Avantage
Amortissement du bâti et du mobilier déductible des loyers imposés en BIC, qui neutralise souvent le résultat fiscal pendant plusieurs années.
Conditions
Location meublée avec le mobilier réglementaire, régime réel, comptabilité tenue. Le passage en loueur professionnel intervient lorsque les recettes dépassent 23 000 € et les autres revenus d’activité du foyer.
Location
Meublée, sans plafond de loyer ni de ressources, partout en France.
À la revente
Amortissements réintégrés dans la plus-value depuis le 15 février 2025, hors résidences services.
  • Aucun zonage, aucun plafond de loyer, aucun engagement de durée
  • Loyers structurellement supérieurs à ceux d’une location nue équivalente
  • Déduction hors plafond des niches fiscales
  • Déficit BIC reportable sur les bénéfices de la même catégorie
  • Impôt décalé vers la revente, plus supprimé
  • Comptabilité obligatoire, de l’ordre de 400 à 900 € par an
  • Rotation des locataires plus élevée et mobilier à financer
  • Régime sous pression réglementaire récurrente

Détail du mécanisme dans nos guides LMNP et rentabilité LMNP.

Déficit foncier

7/10

Avantage
Imputation du déficit hors intérêts d’emprunt sur le revenu global, dans la limite de 10 700 € par an, portée à 21 400 € à concurrence des travaux de rénovation énergétique faisant passer un logement classé E, F ou G en classe A à D. Ce plafond majoré court jusqu’au 31 décembre 2027.
Conditions
Location nue au régime réel, travaux de réparation, d’entretien ou d’amélioration, à l’exclusion de la construction et de l’agrandissement.
Engagement
Maintien en location nue jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant celle de l’imputation.
Sort du solde
Report dix ans sur les revenus fonciers uniquement, jamais sur le revenu global.
  • Effet immédiat l’année des travaux, hors plafond des niches
  • Aucun plafond de loyer, de ressources, ni zonage
  • Cumulable avec la remise en état d’un bien devenu illouable au DPE
  • Économie proportionnelle à la TMI, marginale en dessous de 30 %
  • Suppose des travaux réellement payés, difficiles à financer
  • Solde perdu s’il n’est pas absorbé par des revenus fonciers en dix ans

Notre analyse complète, avec le calcul en cascade et l’économie par TMI : avis sur le déficit foncier.

Dispositif Jeanbrun, statut du bailleur privé

6/10

Avantage
Amortissement du bâti déductible des revenus fonciers, en location nue, avec un avantage annuel plafonné selon le niveau de modération du loyer retenu.
Conditions
Location nue, engagement de neuf ans, loyer modéré par rapport au marché, locataire extérieur au foyer fiscal. Pas de zonage géographique.
Fenêtre
Acquisitions réalisées à compter de février 2026, dans le calendrier fixé par la loi de finances pour 2026.
À la revente
Réintégration des amortissements dans la plus-value, comme en LMNP.
  • Première mécanique d’amortissement ouverte à la location nue
  • Aucun zonage, donc ouvert aux villes moyennes
  • Déduction hors plafond des niches fiscales
  • Loyer plafonné pendant neuf ans, ce qui ampute le rendement
  • Dispositif neuf, avec des textes d’application à surveiller
  • Aucun recul sur la revente d’un bien sous ce régime

Notre guide dédié : statut du bailleur privé.

Denormandie

6/10

Avantage
Réduction d’impôt de 12 % pour six ans de location, 18 % pour neuf ans et 21 % pour douze ans, calculée sur le prix de revient total, retenu dans la double limite de 300 000 € et de 5 500 € par mètre carré.
Conditions
Logement ancien situé dans une commune Action Cœur de Ville, sous convention de revitalisation de territoire ou visée par un arrêté habitat dégradé. Travaux représentant au moins 25 % du coût total de l’opération, avec un gain de performance énergétique.
Fenêtre
Prorogé jusqu’au 31 décembre 2027 : l’acte authentique doit être signé avant cette date.
Sanction
Reprise intégrale de la réduction en cas de revente avant le terme, sauf décès, invalidité ou licenciement.
  • Seule réduction d’impôt encore significative sur le locatif classique
  • Avantage indépendant de la TMI, donc utile en tranche moyenne
  • Prix d’entrée bien inférieur à celui des anciennes zones Pinel
  • Consomme le plafond global des niches fiscales de 10 000 €
  • Plafonds de loyer et de ressources du locataire sur toute la durée
  • Chantier de 25 % minimum à piloter, avec ses dépassements
  • Villes moyennes où la tension locative est parfois faible

Logement locatif intermédiaire

6/10

Avantage
TVA réduite à 10 % au lieu de 20 % à l’acquisition, soit environ 8,3 % du prix, et avantage de taxe foncière pendant vingt ans.
Conditions
Investissement obligatoirement réalisé via une société, jamais en nom propre, en zone tendue, avec loyer intermédiaire plafonné et engagement de location de quinze à vingt ans.
Particularité
L’avantage n’est ni une réduction ni une déduction : il porte sur le coût d’acquisition et sur une charge récurrente, donc hors plafond des niches.

Détail des conditions et du montage dans notre guide logement locatif intermédiaire.

Loc’Avantages

5/10

Avantage
Réduction d’impôt calculée sur les loyers encaissés, dont le taux progresse avec l’effort de modération consenti, de l’ordre de 15 à 35 % selon le niveau de loyer et le recours à l’intermédiation locative.
Conditions
Convention avec l’Agence nationale de l’habitat, location nue à titre de résidence principale, plafonds de loyer et de ressources, engagement de six ans.
Profil
Propriétaire déjà détenteur d’un bien, prêt à modérer fortement le loyer contre un avantage fiscal et une sécurisation du locataire.

C’est le dispositif le plus accessible de la liste, et le moins rentable : il rémunère un renoncement au loyer de marché, il ne crée pas de rendement.

Malraux

5/10

Avantage
Réduction d’impôt de 22 % ou 30 % du montant des travaux de restauration, selon la zone, dans la limite de 400 000 € de travaux sur quatre ans. Dérogation au plafond global des niches fiscales.
Conditions
Immeuble situé en site patrimonial remarquable, restauration complète validée par l’architecte des bâtiments de France, engagement de location nue de neuf ans.
Profil
TMI de 41 ou 45 %, budget élevé, appétence patrimoniale assumée.

Attention aux comparatifs qui évoquent encore les ZPPAUP ou les AVAP : ces zonages ont été remplacés par les sites patrimoniaux remarquables, et le champ du dispositif a été resserré fin 2024.

Monuments historiques

4/10

Avantage
Déduction des travaux et des charges foncières du revenu global, sans plafond de montant, ce qui en fait le régime le plus puissant en valeur absolue.
Conditions
Immeuble classé ou inscrit au titre des monuments historiques, travaux encadrés par la direction régionale des affaires culturelles, engagement de conservation de quinze ans.
Profil
Patrimoine important, TMI maximale, projet avant tout patrimonial.

Deux erreurs circulent sur ce régime. L’engagement de conservation de quinze ans est une condition d’accès au régime, pas une exonération de plus-value : la revente suit le droit commun, avec exonération d’impôt sur le revenu après vingt-deux ans de détention et de prélèvements sociaux après trente ans. Et la mention d’un intérêt « au titre de l’ISF » n’a plus de sens : cet impôt a été remplacé par l’impôt sur la fortune immobilière en 2018.

Un projet précis à arbitrer entre deux régimes

Le bon dispositif dépend de votre TMI, du plafond de niches déjà consommé, du type de location envisagé et de votre horizon de revente. Ces quatre paramètres se croisent avant de choisir un bien, pas après.

Faire auditer le projet

Audits réalisés en interne. Cette page ne comporte aucun lien commercial rémunéré.

Décision

Comment choisir, dans l’ordre

Réponse directe

L’ordre des questions compte plus que la comparaison des taux : type de location acceptable, tranche marginale d’imposition, plafond de niches déjà consommé, capacité à porter des travaux, puis horizon de détention. Le dispositif est la conséquence de ces cinq réponses, jamais le point de départ.

  1. Meublé ou nu ? Le meublé oriente vers le LMNP et ferme tous les autres régimes. La location nue ouvre le déficit foncier, le Jeanbrun, le Denormandie et Loc’Avantages.
  2. Quelle est votre TMI ? En dessous de 30 %, les déductions perdent l’essentiel de leur intérêt et une réduction d’impôt devient relativement plus efficace. À 41 ou 45 %, l’inverse est vrai.
  3. Combien de plafond de niches reste-t-il ? Additionnez vos crédits et réductions existants. S’il reste peu de marge sous les 10 000 €, une réduction d’impôt sera partiellement perdue.
  4. Pouvez-vous financer et piloter des travaux ? Si oui, le déficit foncier et le Denormandie deviennent accessibles. Si non, ils sortent de la liste.
  5. Quel horizon ? Un besoin de liquidité à cinq ans est incompatible avec un engagement de neuf ou douze ans, dont la rupture entraîne la reprise de l’avantage.
Orientation selon la tranche marginale et l’objectif principal
TMIObjectif rendementObjectif baisse d’impôt immédiateObjectif patrimoine long terme
0 à 11 %LMNP au réelAucun dispositif pertinent à écarterLocation nue au réel, sans dispositif
30 %LMNP au réelDenormandie si travaux et ville éligibleJeanbrun ou LLI via société
41 %LMNP au réelDéficit foncier optimumJeanbrun, LLI
45 %LMNP au réelDéficit foncier majoré à 21 400 €Malraux ou monuments historiques

Sur le cumul

Aucun de ces régimes ne se cumule sur un même logement. Un même contribuable peut en revanche détenir plusieurs biens sous des régimes différents, et le calcul se fait alors foyer par foyer, en tenant compte du plafond de niches commun à toutes les réductions. Une exception fréquente à mal comprendre : cumuler déficit foncier et aides à la rénovation est possible, mais le montant des aides perçues doit être déduit des travaux déclarés.

Erreurs

Six erreurs de raisonnement fréquentes

  1. Comparer des taux entre une réduction et une déduction. 21 % de réduction Denormandie et 21 400 € de déduction en déficit foncier ne se comparent pas : l’un s’impute sur l’impôt, l’autre sur le revenu.
  2. Oublier le plafond global des niches. Une réduction calculée hors de ce plafond surestime systématiquement l’avantage réel du foyer.
  3. Choisir un dispositif avant un emplacement. Un avantage fiscal ne compense jamais une vacance locative structurelle ni une revente décotée.
  4. Ignorer la fiscalité de sortie. Depuis 2025, l’amortissement en meublé se retrouve dans la plus-value. Un régime peut être excellent pendant la détention et coûteux à la revente.
  5. Sous-estimer les sanctions de rupture. Six, neuf ou douze ans d’engagement, ce sont des reprises d’avantage avec intérêts de retard en cas de revente anticipée hors cas de force majeure.
  6. Se fier à un comparatif non daté. Un guide qui présente encore un barème Pinel ou un LMNP « sans impôt à vie » n’a pas été mis à jour depuis au moins deux lois de finances.
  • TMI du foyer connue, et arbitrage réduction contre déduction tranché en conséquence.
  • Plafond de niches fiscales déjà consommé calculé sur le dernier avis d’imposition.
  • Type de location arrêté avant la recherche du bien, meublé ou nu.
  • Éligibilité du bien vérifiée : commune, zonage, DPE, ratio de travaux.
  • Durée d’engagement compatible avec l’horizon patrimonial réel.
  • Fiscalité de revente simulée, réintégration des amortissements incluse.

Lexique

Six termes qui décident de l’arbitrage

Réduction d’impôt
Avantage qui s’impute directement sur l’impôt dû. Sa valeur ne dépend pas de la tranche marginale, mais il entre dans le plafond global des niches fiscales.
Déduction du revenu
Avantage qui diminue le revenu imposable. Son gain égale le montant déduit multiplié par la tranche marginale, et il échappe au plafond global des niches.
Plafonnement global des niches fiscales
Limite annuelle de 10 000 € applicable à la plupart des réductions et crédits d’impôt d’un foyer, avec quelques dérogations dont la loi Malraux.
Amortissement
Déduction annuelle d’une fraction de la valeur du bâti et du mobilier, hors valeur du terrain. Mécanisme du LMNP au réel, étendu à la location nue par le dispositif Jeanbrun.
Réintégration des amortissements
Prise en compte des amortissements déduits dans le calcul de la plus-value de revente, applicable en meublé pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025.
Reprise de l’avantage fiscal
Restitution de la réduction obtenue lorsque l’engagement de location n’est pas respecté, majorée des intérêts de retard, sauf décès, invalidité ou licenciement.

FAQ

Questions fréquentes sur les dispositifs fiscaux du locatif

Quel est le meilleur dispositif fiscal pour un investissement locatif ?

Il n’y en a pas un seul. En location meublée, le LMNP au régime réel reste le plus efficace, avec la meilleure note de notre comparatif. En location nue, le déficit foncier domine si vous avez une TMI élevée et un bien à rénover, le Denormandie si vous cherchez une réduction d’impôt sèche dans une ville éligible, le dispositif Jeanbrun si vous acceptez un loyer modéré pendant neuf ans en échange d’un amortissement.

Peut-on encore investir en Pinel ?

Non. Le Pinel et le Pinel+ se sont éteints le 31 décembre 2024 et aucune acquisition postérieure n’ouvre droit à la réduction d’impôt. Les investisseurs engagés avant cette date conservent leur avantage jusqu’au terme de leur engagement de 6, 9 ou 12 ans.

Le LMNP permet-il vraiment de ne payer aucun impôt ?

Pendant la phase de location, l’amortissement neutralise souvent le résultat imposable, donc l’impôt sur les loyers. Mais depuis les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value : l’impôt est décalé vers la revente, pas supprimé. Les résidences services étudiantes, seniors et EHPAD restent hors de cette réintégration.

Quelle différence entre une réduction d’impôt et une déduction ?

Une réduction s’impute sur l’impôt dû : 10 000 € de réduction effacent 10 000 € d’impôt, quelle que soit votre tranche. Une déduction diminue le revenu imposable : 10 000 € déduits font économiser 3 000 € à 30 % de TMI et 4 500 € à 45 %. Différence décisive : les réductions entrent dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 € par an, les déductions non.

Peut-on cumuler plusieurs dispositifs fiscaux ?

Pas sur un même logement. En revanche, un même foyer peut détenir plusieurs biens sous des régimes différents, par exemple un meublé en LMNP et un ancien rénové en déficit foncier. Le calcul se fait alors au niveau du foyer, en tenant compte du plafond de niches commun à toutes les réductions d’impôt.

Quels dispositifs prennent fin prochainement ?

Deux échéances au 31 décembre 2027 : la réduction Denormandie, dont l’acte authentique doit être signé avant cette date, et le plafond majoré de 21 400 € du déficit foncier pour la rénovation énergétique. Le LMNP, le déficit foncier de droit commun à 10 700 €, les monuments historiques et le logement locatif intermédiaire ne sont pas bornés dans le temps de la même façon.

Quel dispositif choisir avec une TMI de 11 % ?

Aucun dispositif de défiscalisation ne se justifie à ce niveau : une déduction ne rapporte que 11 % du montant déduit. La bonne stratégie est un choix de régime plutôt qu’un dispositif : LMNP au réel pour ne pas payer d’impôt sur des loyers meublés, ou location nue au réel simple. Un montage contraignant pour un gain fiscal de quelques centaines d’euros n’a pas de sens.

Le déficit foncier est-il plafonné à 10 700 € ou à 21 400 € ?

Les deux coexistent. Le plafond de droit commun est de 10 700 € par an. Il est porté à 21 400 € à concurrence des dépenses de rénovation énergétique qui font passer un logement classé E, F ou G en classe A, B, C ou D, sur justification de deux DPE. Ce plafond majoré s’applique aux dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2027.

Les dispositifs patrimoniaux valent-ils encore le coup ?

Malraux et monuments historiques restent les régimes les plus puissants en valeur absolue, et Malraux échappe au plafond des niches. Mais ils supposent des budgets de plusieurs centaines de milliers d’euros, des travaux encadrés par l’administration culturelle et une rentabilité locative faible. Nous les notons 5/10 et 4/10 : ce sont des projets patrimoniaux avant d’être des placements.

Pour aller plus loin

Ressources liées

Notre méthode de notation. Chaque dispositif est noté de 1 à 10 sur six critères : puissance de l’avantage fiscal, indépendance vis-à-vis du plafond des niches, contraintes de location, rendement locatif atteignable, fiscalité de sortie et stabilité réglementaire. Les notes portent sur le régime fiscal, non sur un programme ou un opérateur, et supposent un investisseur résident fiscal français. Aucun promoteur ni distributeur ne rémunère cette page.

Sources

  1. Code général des impôts, article 156, I, 3° : déficit foncier, plafonds de 10 700 € et 21 400 €, report sur dix ans, condition de maintien en location.
  2. Loi de finances rectificative pour 2022 (n° 2022-1499), article 12, et loi de finances pour 2026 : création puis prorogation jusqu’au 31 décembre 2027 du plafond majoré de déficit foncier pour la rénovation énergétique.
  3. Code général des impôts, article 199 novovicies : dispositif Pinel, éteint au 31 décembre 2024, et volet Denormandie, taux de 12, 18 et 21 %, plafonds de 300 000 € et 5 500 €/m², travaux d’au moins 25 %.
  4. Loi n° 2024-322 du 9 avril 2024, article 42, et loi de finances pour 2026 : prorogation du Denormandie jusqu’au 31 décembre 2027 et extension aux copropriétés en grave difficulté.
  5. Loi de finances pour 2026 du 19 février 2026 : création du statut du bailleur privé, dit dispositif Jeanbrun.
  6. Loi de finances pour 2025, article 84 : réintégration des amortissements dans la plus-value des loueurs en meublé non professionnels, pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025.
  7. Code général des impôts, article 199 tervicies : réduction d’impôt Malraux, taux de 22 % et 30 %, plafond de 400 000 € de travaux sur quatre ans, champ recentré sur les sites patrimoniaux remarquables.
  8. Code général des impôts, article 200-0 A : plafonnement global des avantages fiscaux à 10 000 € par an et dérogations applicables.
  9. Code général des impôts, article 279-0 bis A : régime du logement locatif intermédiaire, TVA à 10 %.
  10. Économie.gouv.fr, panorama des réductions d’impôt liées à l’investissement locatif. Consulter

Gaultier Garde

Directeur de publication d’investissement-locatif-avis.fr. Les taux, plafonds et échéances cités ont été vérifiés auprès des textes listés ci-dessus avant publication.

Article d’information générale. Les dispositifs présentés comportent des contraintes de location, des durées d’engagement et des sanctions en cas de rupture qui ne sont résumées ici que dans leurs grandes lignes. Le dispositif Jeanbrun est récent et ses modalités d’application peuvent évoluer ; le Denormandie et le plafond majoré du déficit foncier sont bornés au 31 décembre 2027 en l’état des textes. Les notes attribuées sont des appréciations éditoriales portant sur les régimes fiscaux, non des recommandations d’investissement. Faites valider votre situation par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste avant tout engagement.

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