Assurance emprunteur : prix, garanties et comment payer moins cher en 2026
L’assurance emprunteur représente aujourd’hui entre un quart et un tiers du coût total d’un crédit immobilier. Elle n’est pas obligatoire au sens de la loi, mais aucune banque ne prête sans elle. Et c’est le seul poste de votre crédit que vous pouvez changer à tout moment, gratuitement, même des années après la signature.
Sommaire
- Définition et obligation
- Combien ça coûte en 2026
- Calculez votre économie
- Lire un devis sans se tromper
- Les garanties expliquées
- La quotité
- Comparatif des assureurs
- Vos droits depuis la loi Lemoine
- Ce que la banque peut refuser
- Profils particuliers
- Changer en 5 étapes
- Les erreurs à éviter
- Lexique
- FAQ
L’assurance emprunteur garantit le remboursement de votre prêt immobilier en cas de décès, d’invalidité ou d’arrêt de travail. En 2026, elle coûte de 0,25 % à 0,42 % du capital emprunté par an dans un contrat groupe bancaire, contre 0,08 % à 0,20 % en délégation pour un profil jeune et non-fumeur. Sur un prêt de 250 000 € sur 20 ans, l’écart représente couramment 9 000 à 12 000 €. Depuis la loi Lemoine, vous pouvez en changer à tout moment, sans frais et sans condition d’ancienneté.
Qu’est-ce que l’assurance emprunteur, et est-elle obligatoire ?
Aucun texte n’impose l’assurance emprunteur. En pratique, toutes les banques la conditionnent à l’octroi du prêt : refuser de s’assurer revient à ne pas obtenir le crédit. Ce que la loi garantit, en revanche, c’est votre liberté de choisir l’assureur, depuis la loi Lagarde de 2010.
Le contrat couvre trois risques : votre décès, votre perte d’autonomie et votre incapacité à travailler. Selon le cas, l’assureur rembourse à la banque le capital restant dû ou prend en charge vos mensualités pendant l’arrêt. Vous payez, mais le bénéficiaire est la banque : c’est une garantie de crédit avant d’être une protection personnelle, même si elle protège de fait vos proches d’une dette qu’ils ne pourraient pas assumer.
| Critère | Contrat groupe bancaire | Délégation d’assurance |
|---|---|---|
| Tarification | Mutualisée : un tarif moyen appliqué à tous les emprunteurs d’une même tranche d’âge. | Individualisée selon l’âge, la santé, le tabac et la profession. |
| Base de calcul | Le plus souvent le capital initial, avec une cotisation fixe sur toute la durée. | Souvent le capital restant dû : la cotisation baisse chaque année. |
| Prix pour un profil sain | Défavorable | 2 à 3 fois moins cher |
| Prix pour un profil à risque | Souvent plus avantageux | Surprimes possibles |
| Souplesse des garanties | Cadre standard, peu modulable. | Options ajustables : affections dorsales, psychiques, sports, expatriation. |
| Simplicité | Intégrée au parcours de prêt, aucune démarche. | Un dossier à monter et une équivalence de garanties à démontrer. |
Le paradoxe du marché français
Les contrats groupe bancaires captent encore environ 85 % d’un marché de près de 7,6 milliards d’euros de cotisations annuelles, alors que la délégation est légale depuis 2010 et libre à tout moment depuis 2022. La raison est simple : l’assurance est proposée en même temps que le prêt, au moment où l’emprunteur a d’autres priorités. C’est précisément pour cela que le meilleur moment pour agir n’est pas forcément la signature, mais les mois qui suivent.
Combien coûte une assurance emprunteur en 2026 ?
Le prix s’exprime en pourcentage du capital emprunté par an. Un contrat groupe bancaire se situe entre 0,25 % et 0,42 %, avec une moyenne autour de 0,34 % pour un emprunteur de 35 ans en bonne santé. Une délégation descend à 0,08 à 0,20 % pour le même profil, et monte à 0,40 % ou plus au-delà de 55 ans ou pour un fumeur.
Quatre variables déterminent votre tarif : l’âge à la souscription, le tabagisme, l’état de santé et la profession. La durée du prêt et la quotité choisie font le reste. Voici les ordres de grandeur constatés en 2026, sur un prêt de 250 000 € sur 20 ans.
En rouge : contrat groupe bancaire. En vert : délégation individuelle. Coût total sur 20 ans pour un prêt de 250 000 €, calculé sur le capital initial, quotité 100 % sur une tête. Ordres de grandeur constatés sur le marché en 2026 ; seuls des devis personnalisés font foi. Axe à base zéro.
| Profil | Contrat groupe | Délégation | Écart sur 20 ans |
|---|---|---|---|
| 30 ans, non-fumeur, cadre | 0,30 % | 0,09 % | ≈ 10 500 € |
| 35 ans, non-fumeur | 0,34 % | 0,12 % | ≈ 11 000 € |
| 45 ans, non-fumeur | 0,40 % | 0,22 % | ≈ 9 000 € |
| 55 ans, fumeur | 0,60 % | 0,45 % | ≈ 7 500 € |
| Profil avec antécédent médical | Souvent compétitif | Surprime ou exclusion | Variable, à arbitrer au cas par cas |
Le seul cas où la banque est moins chère
La mutualisation joue en votre faveur quand votre profil est jugé risqué : fumeur de longue date, antécédent médical déclaré, métier à risque, âge avancé. Dans ces situations, le contrat groupe applique un tarif moyen que la délégation ne peut pas battre sans surprime. Demandez malgré tout deux devis externes : sur ces profils, l’écart entre assureurs individuels est encore plus large que sur les profils standards.
Calculez ce que vous pouvez économiser
Estimation indicative calculée sur le capital initial, quotité 100 %. Une délégation calculée sur le capital restant dû coûte en réalité moins cher que le résultat affiché : l’estimation est donc prudente. Seuls des devis personnalisés font foi.
Lire un devis sans se tromper : le TAEA et la base de calcul
Le TAEA, taux annuel effectif de l’assurance, est le seul indicateur comparable d’un devis à l’autre. Il s’exprime en pourcentage du capital emprunté et doit obligatoirement figurer sur toute offre. Ne comparez jamais des cotisations mensuelles : elles peuvent reposer sur des bases de calcul différentes.
C’est là que se joue le piège le plus courant du marché. Deux contrats affichant le même pourcentage ne coûtent pas la même chose si l’un se calcule sur le capital initial et l’autre sur le capital restant dû.
| Base de calcul | Cotisation | Coût total sur 20 ans | Qui l’utilise |
|---|---|---|---|
| Capital initial | Fixe : 500 € par an du début à la fin | 10 000 € | La plupart des contrats groupe bancaires |
| Capital restant dû | Dégressive : élevée au début, quasi nulle à la fin | Environ 5 500 à 6 000 € | Beaucoup de contrats individuels |
À taux affiché identique, la cotisation dégressive coûte donc environ 40 % de moins sur la durée. La contrepartie : les premières années sont plus chères, ce qui pénalise ceux qui revendent vite. Si vous prévoyez de céder le bien dans les cinq à sept ans, le calcul sur capital initial peut redevenir compétitif. Posez systématiquement la question au moment du devis.
Les trois questions à poser à chaque devis
- Le tarif est-il calculé sur le capital initial ou sur le capital restant dû ?
- La cotisation est-elle garantie sur toute la durée, ou révisable en fonction de l’âge ?
- L’indemnisation en cas d’arrêt de travail est-elle forfaitaire ou indemnitaire ?
Les garanties : ce que vous payez vraiment
Deux garanties forment le socle exigé par toutes les banques : le décès et la PTIA. L’incapacité temporaire de travail et l’invalidité permanente sont demandées dans la plupart des dossiers de résidence principale. La perte d’emploi reste toujours facultative et rarement rentable.
| Garantie | Ce qu’elle couvre | Exigée par la banque |
|---|---|---|
| Décès | Remboursement du capital restant dû à hauteur de la quotité assurée. | Systématique |
| PTIA | Perte totale et irréversible d’autonomie : invalidité nécessitant l’assistance d’un tiers. | Systématique |
| ITT | Incapacité temporaire totale de travail : prise en charge des mensualités pendant l’arrêt, après franchise. | Quasi systématique |
| IPT | Invalidité permanente totale, taux d’invalidité d’au moins 66 %. | Selon le projet |
| IPP | Invalidité permanente partielle, entre 33 % et 66 %. | Optionnelle |
| Perte d’emploi | Prise en charge partielle et temporaire des mensualités après licenciement. | Optionnelle |
Les clauses qui font la différence
À garanties nominalement identiques, deux contrats peuvent se comporter très différemment le jour où vous en avez besoin. Quatre points méritent d’être vérifiés ligne à ligne.
- La franchise ITT : 30, 60, 90 ou 180 jours. Elle change beaucoup le prix, et beaucoup l’utilité de la garantie si vous n’avez pas d’autre revenu de substitution.
- Forfaitaire ou indemnitaire : un contrat forfaitaire verse la mensualité assurée quelle que soit votre perte de revenu réelle. Un contrat indemnitaire ne comble que le manque à gagner, ce qui peut réduire l’indemnisation à zéro pour un fonctionnaire ou un salarié bien couvert.
- Les affections dorsales et psychiques : première cause d’arrêt de travail longue durée, et fréquemment exclues ou soumises à conditions. Leur couverture sans condition d’hospitalisation est un vrai critère de qualité.
- L’âge limite de couverture : certaines garanties d’incapacité cessent à 65 ans, d’autres vont jusqu’à 70 ans. Sur un prêt long souscrit après 45 ans, ce détail détermine si vous êtes couvert jusqu’au terme.
La quotité : combien assurer, et sur qui
La quotité est la part du capital couverte sur chaque emprunteur. Le total doit atteindre au minimum 100 %. En couple, une répartition 100 % sur chaque tête offre la protection maximale mais double la cotisation ; une répartition 50/50 la divise par deux, au prix d’une couverture partielle.
| Répartition | Total assuré | Coût relatif | En cas de décès d’un emprunteur |
|---|---|---|---|
| 100 % / 100 % | 200 % | Le plus élevé | Le prêt est intégralement soldé. |
| 50 % / 50 % | 100 % | Environ deux fois moins cher | La moitié du capital reste due par le survivant. |
| 70 % / 30 % | 100 % | Intermédiaire | Couverture proportionnée aux revenus de chacun. |
| 100 % / 0 % | 100 % | Intermédiaire | Aucune couverture si c’est l’emprunteur non assuré qui décède. |
La bonne méthode ne consiste pas à choisir un chiffre rond, mais à partir de la question suivante : si l’un de vous disparaît, le survivant peut-il assumer seul la mensualité restante avec ses propres revenus ? Si la réponse est non, une quotité 50/50 vous expose. Si elle est oui, ou si des loyers couvrent une partie de l’échéance, la répartition à 100 % sur chaque tête revient souvent à sur-payer. Une répartition proportionnelle aux revenus, du type 70/30, est fréquemment le meilleur compromis.
Les principaux assureurs en délégation en 2026
Aucun assureur n’est le moins cher pour tous les profils : la tarification étant individualisée, le classement change selon l’âge, le tabagisme et la profession. Notre lecture éditoriale porte sur la compétitivité tarifaire, la qualité des garanties et la souplesse de souscription.
| Assureur | TAEA indicatif | Point fort | Profil visé | Note ILA |
|---|---|---|---|---|
| Generali | 0,13 à 0,25 % | Prise en charge des démarches de substitution de bout en bout. | Emprunteurs qui veulent déléguer sans gérer la paperasse | 4,8/5 |
| MetLife | 0,09 à 0,28 % | Parmi les tarifs les plus bas du marché sur les profils sains. | Jeunes actifs non-fumeurs | 4,7/5 |
| April | 0,10 à 0,32 % | Courtier multi-assureurs : une seule interface pour comparer plusieurs contrats. | Emprunteurs multi-prêts | 4,5/5 |
| Boursorama Assurances | 0,11 à 0,25 % | Souscription entièrement en ligne, tarifs serrés. | Profils autonomes et standards | 4,4/5 |
| Cardif | 0,11 à 0,34 % | Garanties étendues, solide sur les capitaux élevés. | Gros montants et montages en société | 4,4/5 |
| Afi Esca | 0,13 à 0,36 % | Souplesse sur les profils atypiques et les activités à risque. | Indépendants, métiers exposés | 4,2/5 |
| Allianz | 0,13 à 0,42 % | Couverture des expatriés et des séjours longs à l’étranger. | Non-résidents | 4,0/5 |
Comment utiliser ce tableau
Ne retenez pas un nom, retenez trois noms. Demandez trois devis à garanties strictement équivalentes, en précisant la même franchise ITT et la même quotité, puis comparez les TAEA. Sur un même profil, l’écart entre le premier et le troisième dépasse couramment 30 %, et l’ordre n’est jamais le même d’un dossier à l’autre.
Changer d’assurance emprunteur ne coûte rien, ne modifie pas votre taux de crédit et se fait à tout moment.
Voir la procédure complète et la lettre type
Guide gratuit, sans inscription. Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil en assurance ni une recommandation personnalisée.
Loi Lemoine : ce que vous pouvez exiger en 2026
La loi du 28 février 2022 a créé trois droits : résilier votre assurance à tout moment et sans frais, ne plus remplir de questionnaire de santé pour une part assurée inférieure ou égale à 200 000 € remboursée avant vos 60 ans, et bénéficier d’un droit à l’oubli ramené à cinq ans après la fin du protocole thérapeutique.
| Droit | Portée | Condition |
|---|---|---|
| Résiliation à tout moment | Substitution possible n’importe quel jour, sans préavis, sans frais et sans limite du nombre de changements. | Présenter un contrat aux garanties au moins équivalentes. |
| Fin du questionnaire de santé | Aucune question médicale, donc aucune surprime ni exclusion liée à vos antécédents. | Part assurée ≤ 200 000 € par assuré et remboursement intégral avant le 60e anniversaire. |
| Droit à l’oubli | Ne plus déclarer un cancer ou une hépatite C guéris. | Cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute. |
Le seuil de 200 000 € est souvent mal compris
Il s’apprécie par assuré et sur l’encours cumulé des crédits. Un couple qui emprunte 380 000 € avec une quotité 50/50 assure 190 000 € chacun : les deux échappent au questionnaire de santé. Le même couple avec une quotité 100 % sur chaque tête assure 380 000 € par personne et y est soumis. C’est un arbitrage à intégrer dès la construction du dossier, surtout si l’un des deux a un antécédent médical.
Ce que la banque peut refuser, et ce qu’elle ne peut pas
Une banque ne peut refuser une délégation que pour un seul motif : l’absence d’équivalence de garanties. Elle doit répondre dans un délai de dix jours ouvrés, par écrit, daté, en motivant précisément son refus au regard des critères qu’elle a elle-même déclarés. Un refus tarifaire est illégal.
Le cadre est posé par les articles L. 313-30 et L. 313-31 du code de la consommation. Il s’appuie sur une grille établie par le Comité consultatif du secteur financier, qui structure toute la négociation.
| Élément | Règle | Ce que vous devez en faire |
|---|---|---|
| La liste de place | 18 critères sur le socle décès, PTIA, incapacité et invalidité, plus 8 critères sur la perte d’emploi. | Rien : c’est le référentiel commun, pas ce qui s’applique à vous. |
| Les critères opposables | Votre banque en retient 11 au maximum, plus 4 au maximum pour la perte d’emploi. | Ce sont les seuls sur lesquels un refus peut se fonder. Comptez-les. |
| La fiche standardisée d’information | Document remis avec l’offre de prêt, listant les critères retenus par la banque. | Réclamez-la par écrit si vous ne l’avez plus : c’est la pièce opposable. |
| Le délai de réponse | Dix jours ouvrés à compter de la réception de votre demande. | Passé ce délai sans réponse motivée, relancez en rappelant l’article L. 313-31. |
| Les frais | Aucun frais ni pénalité ne peut être facturé pour l’avenant au contrat de prêt. | Refusez toute facturation de « frais de dossier de substitution ». |
Les deux motifs de refus les plus contestables
Premièrement, l’invocation d’un critère qui ne figure pas dans la fiche standardisée remise par la banque : elle ne peut pas ajouter d’exigence après coup. Deuxièmement, l’argument d’une couverture insuffisante des affections dorsales ou psychiques, alors que les contrats individuels les couvrent souvent mieux que les contrats groupe. Dans les deux cas, demandez la motivation écrite, comparez-la ligne à ligne avec la fiche, et saisissez le médiateur de la banque si l’écart persiste. Des sanctions administratives ont d’ailleurs été prononcées fin 2025 contre plusieurs établissements pour entrave à la substitution.
Les profils qui demandent une attention spécifique
| Profil | Ce qui change | Notre recommandation |
|---|---|---|
| Moins de 35 ans, non-fumeur | Le profil le plus pénalisé par la mutualisation bancaire. | Déléguer systématiquement : c’est là que l’écart est maximal. |
| Plus de 55 ans | Tarifs élevés partout, et garanties d’incapacité parfois limitées dans le temps. | Vérifier l’âge limite de couverture avant le prix. |
| Fumeur | Surprime de 50 à 100 % selon les assureurs. Le statut s’apprécie sur 24 mois sans tabac. | Refaire un devis deux ans après l’arrêt : le gain est immédiat. |
| Antécédent médical | Surprime, exclusion ou refus possibles hors dispositif Lemoine. | Vérifier d’abord l’éligibilité au droit à l’oubli, puis la convention AERAS. |
| Indépendant ou profession libérale | Définition de l’incapacité souvent moins favorable que pour un salarié. | Privilégier un contrat forfaitaire et vérifier la définition de l’ITT. |
| Sport à risque ou expatriation | Exclusions fréquentes dans les contrats standards. | Cibler les assureurs spécialisés plutôt que le moins cher. |
| Investisseur locatif | Les loyers couvrent une partie de la mensualité, et les primes sont déductibles au régime réel. | Voir notre guide dédié à l’assurance emprunteur en investissement locatif. |
La convention AERAS, en une phrase
Elle organise l’accès à l’assurance et au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé, avec un examen du dossier à trois niveaux et un plafonnement de la surprime pour les revenus modestes. Elle s’applique quand le droit à l’oubli ne joue pas et que l’assureur refuse ou surtarife.
Changer d’assurance emprunteur en 5 étapes
Récupérez votre fiche standardisée d’information, demandez trois devis à garanties équivalentes, souscrivez le contrat retenu, envoyez la demande de substitution à la banque, puis attendez son accord écrit avant toute résiliation. Comptez trois à six semaines au total.
Réunir vos documents
Votre offre de prêt, votre contrat d’assurance actuel et surtout la fiche standardisée d’information, qui liste les critères d’équivalence exigés par votre banque. Réclamez-la par écrit si vous ne l’avez plus.
Obtenir trois devis comparables
Même quotité, même franchise ITT, mêmes garanties. Comparez les TAEA, jamais les cotisations mensuelles, et vérifiez la base de calcul de chaque contrat.
Contrôler l’équivalence critère par critère
Reprenez les critères retenus par votre banque dans la fiche standardisée et cochez-les sur le nouveau contrat. C’est cette vérification qui évite un refus.
Souscrire, puis envoyer la demande de substitution
Adressez à la banque le nouveau contrat et la demande d’avenant, en recommandé avec accusé de réception. Elle dispose de dix jours ouvrés pour accepter ou motiver un refus.
Résilier seulement après l’accord écrit
Ne résiliez jamais l’ancien contrat avant d’avoir reçu l’avenant signé. Un prêt non couvert, même quelques jours, vous met en défaut vis-à-vis de la banque.
Le détail de chaque étape, la lettre type de substitution et un simulateur d’économies figurent dans notre guide dédié : changer d’assurance emprunteur et économiser.
Les 5 erreurs qui coûtent le plus cher
1. Accepter le contrat groupe par défaut à la signature
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus onéreuse. Elle se rattrape : vous pouvez déléguer dès le lendemain de la signature, sans attendre.
2. Comparer des cotisations mensuelles
Un contrat à 28 € par mois calculé sur le capital initial coûte plus cher qu’un contrat à 34 € calculé sur le capital restant dû. Seul le TAEA, à garanties et quotité identiques, permet de trancher.
3. Choisir la quotité la plus élevée par réflexe de prudence
Le 100 % sur chaque tête double la cotisation. Il se justifie si le survivant ne peut pas assumer seul la mensualité, pas par principe. Et il fait basculer le dossier au-dessus du seuil de 200 000 € qui dispense du questionnaire de santé.
4. Résilier avant d’avoir l’accord de la banque
Une période sans couverture constitue un manquement au contrat de prêt. L’ordre est toujours le même : souscrire, faire accepter, puis résilier.
5. Ne rien faire pendant dix ans
Les tarifs du marché ont baissé de façon continue depuis 2022, et votre situation change : arrêt du tabac, changement de métier, capital restant dû qui diminue. Une revue tous les deux ou trois ans suffit à capter ces gains.
Lexique de l’assurance emprunteur
- TAEA
- Taux annuel effectif de l’assurance. Exprimé en pourcentage du capital emprunté, il est obligatoire sur toute offre et constitue le seul indicateur comparable d’un contrat à l’autre.
- Délégation d’assurance
- Souscription auprès d’un assureur autre que la banque prêteuse, à garanties au moins équivalentes. Autorisée par la loi Lagarde de 2010.
- Quotité
- Part du capital couverte sur chaque emprunteur. Le total sur l’ensemble des emprunteurs doit atteindre au minimum 100 %.
- Fiche standardisée d’information
- Document remis par la banque avec l’offre de prêt, listant les critères d’équivalence de garanties qu’elle exige. C’est la pièce opposable en cas de refus de substitution.
- Franchise
- Nombre de jours d’arrêt de travail avant le début de l’indemnisation, généralement de 30 à 180 jours. Plus elle est longue, plus la cotisation baisse.
- Contrat forfaitaire ou indemnitaire
- Le forfaitaire verse la mensualité assurée quelle que soit la perte de revenu réelle. L’indemnitaire ne compense que le manque à gagner effectif, et peut ne rien verser si vous êtes bien couvert par ailleurs.
- Droit à l’oubli
- Faculté de ne pas déclarer un cancer ou une hépatite C, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique et en l’absence de rechute.
- Convention AERAS
- Dispositif d’accès à l’assurance et au crédit pour les personnes présentant un risque aggravé de santé, avec examen du dossier à plusieurs niveaux et plafonnement des surprimes sous conditions de revenus.
Questions fréquentes sur l’assurance emprunteur
L’assurance emprunteur est-elle obligatoire ?
Aucune loi ne l’impose, mais toutes les banques la conditionnent à l’octroi du crédit immobilier : en pratique, elle est incontournable. Ce que la loi garantit depuis 2010, c’est votre liberté de choisir l’assureur, et depuis 2022 celle d’en changer à tout moment.
Combien coûte une assurance emprunteur en 2026 ?
De 0,25 % à 0,42 % du capital emprunté par an dans un contrat groupe bancaire, avec une moyenne autour de 0,34 % à 35 ans. En délégation, comptez 0,08 % à 0,20 % pour un profil jeune et non-fumeur, et 0,40 % ou plus au-delà de 55 ans ou pour un fumeur.
Quelle part du coût du crédit représente l’assurance ?
Entre un quart et un tiers du coût total aux taux de 2026. Sur un prêt de 250 000 € sur 20 ans à 3,45 %, les intérêts atteignent environ 96 000 € et une assurance groupe à 0,34 % environ 17 000 €. C’est le poste le plus facile à réduire, car il ne se renégocie pas avec la banque mais se remplace.
Peut-on changer d’assurance emprunteur à tout moment ?
Oui. Depuis la loi Lemoine, la résiliation et la substitution sont possibles n’importe quel jour, sans frais, sans préavis et sans limite du nombre de changements, y compris sur des prêts signés avant 2022. La seule condition est de présenter des garanties au moins équivalentes.
La banque peut-elle refuser ma délégation d’assurance ?
Uniquement pour absence d’équivalence de garanties, et jamais pour un motif tarifaire. Elle doit répondre sous dix jours ouvrés par un refus écrit, daté et motivé, fondé exclusivement sur les critères qu’elle a déclarés dans la fiche standardisée d’information.
Qu’est-ce que l’équivalence de garanties ?
C’est le fait, pour votre nouveau contrat, de couvrir au moins aussi bien que celui exigé par la banque. Le référentiel comporte 18 critères sur le socle décès, PTIA, incapacité et invalidité, mais votre banque ne peut vous en opposer que 11 au maximum, plus 4 pour la perte d’emploi.
Faut-il encore remplir un questionnaire de santé ?
Non, si la part que vous assurez est inférieure ou égale à 200 000 € et si le prêt est intégralement remboursé avant votre 60e anniversaire. Les deux conditions sont cumulatives. Au-delà, le questionnaire reste exigé et peut donner lieu à surprime ou exclusion.
Quelle quotité choisir en couple ?
Partez de la question du reste à charge : si le survivant ne peut pas assumer seul la mensualité, visez 100 % sur chaque tête. S’il le peut, une répartition proportionnelle aux revenus, du type 70/30, coûte bien moins cher pour une protection adaptée. Le total doit toujours atteindre au moins 100 %.
Quelle est la différence entre TAEA et TAEG ?
Le TAEG est le coût total du crédit : taux nominal, assurance, frais de dossier et garantie. Le TAEA en isole la seule composante assurance. Le premier sert à comparer des offres de prêt, le second à comparer des contrats d’assurance entre eux.
Vaut-il mieux un tarif sur capital initial ou sur capital restant dû ?
Sur la durée complète d’un prêt, le capital restant dû revient environ 40 % moins cher, car la cotisation décroît avec le capital. Le capital initial peut redevenir intéressant si vous prévoyez de revendre dans les cinq à sept ans, la cotisation dégressive étant plus élevée les premières années.
Quelles garanties sont indispensables ?
Le décès et la PTIA constituent le socle exigé par toutes les banques. L’ITT et l’IPT sont demandées dans la plupart des dossiers de résidence principale. L’IPP et la perte d’emploi restent optionnelles : la seconde est rarement rentable au regard de ses conditions d’indemnisation.
Que faire en cas de problème de santé déclaré ?
Vérifiez d’abord si vous relevez du droit à l’oubli, qui permet de ne plus déclarer un cancer ou une hépatite C cinq ans après la fin du traitement. À défaut, la convention AERAS organise l’examen de votre dossier et plafonne la surprime sous conditions de revenus. Faites jouer la concurrence : les politiques de tarification médicale varient fortement d’un assureur à l’autre.
Changer d’assurance modifie-t-il mon taux de crédit ?
Non. La substitution ne touche que le contrat d’assurance, et donne lieu à un simple avenant à l’offre de prêt. Le taux nominal reste inchangé. Pour agir sur le taux lui-même, il faut passer par une renégociation ou un rachat de crédit.
Quel est le meilleur moment pour déléguer ?
Le plus tôt possible : l’économie porte sur toutes les années restantes. Souscrire dès l’offre de prêt évite un an de cotisations élevées, mais rien n’empêche de le faire trois ou dix ans après. Plus la durée restante est longue et le capital élevé, plus le gain est important.
À lire ensuite
Sources
- 1. Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur, dite loi Lemoine.
- 2. Code de la consommation, articles L. 313-30 et L. 313-31 : équivalence du niveau de garantie, motivation du refus et délai de dix jours ouvrés.
- 3. Comité consultatif du secteur financier, avis du 13 janvier 2015 et liste de place des critères d’équivalence de garanties.
- 4. Loi Lagarde du 1er juillet 2010 relative au libre choix de l’assurance emprunteur.
- 5. Convention AERAS, dispositif d’accès à l’assurance et au crédit en cas de risque aggravé de santé.
- 6. Fourchettes tarifaires 2026 constatées sur les baromètres et grilles publiques des principaux assureurs et courtiers spécialisés, relevé du 31 août 2026.
Analyse éditoriale indépendante rédigée par Gaultier Garde, directeur de publication d’Investissement Locatif Avis. Les notes attribuées reflètent l’avis de la rédaction selon ses propres critères et ne constituent pas un classement d’avis clients. Les TAEA cités sont des fourchettes indicatives susceptibles de varier fortement selon le profil : seuls des devis personnalisés font foi. Ce contenu ne constitue ni un conseil en assurance, ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Pour votre situation, rapprochez-vous d’un courtier, d’un assureur ou d’un conseiller habilité.
