Avis, fiscalité immobilière
Déficit foncier : notre avis, le calcul exact et l’économie réelle
Le déficit foncier permet d’imputer jusqu’à 10 700 € de travaux par an sur votre revenu global, et 21 400 € en rénovation énergétique. Mais la moitié des pages qui traitent le sujet se trompent sur le report du solde, ce qui gonfle artificiellement l’économie annoncée. Le mécanisme exact, le calcul en cascade et notre note critère par critère.
Notre avis en résumé
Notre verdict sur le déficit foncier
Réponse directe
Le déficit foncier est l’un des rares avantages fiscaux immobiliers qui ne soit ni un cadeau ni un piège : il transforme des travaux réellement payés en économie d’impôt, sans plafonnement des niches fiscales. Il n’invente aucune rentabilité, il accélère seulement le retour sur des travaux que le bien exigeait de toute façon. Notre note : 7/10, très efficace au-delà de 30 % de TMI, sans intérêt réel en dessous.
7/10
Note ILA
Ce qui vaut la note. C’est une déduction, pas une réduction d’impôt : elle échappe au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 €. Le plafond majoré à 21 400 € pour la rénovation énergétique, prorogé jusqu’à fin 2027, permet à un foyer taxé à 41 % d’effacer près de 8 800 € d’impôt sur une seule année. Et le dispositif est ancien, codifié, documenté : le risque de changement brutal est faible comparé aux dispositifs de niche.
Ce qui la plafonne. L’économie dépend entièrement de votre tranche marginale, elle suppose des travaux réels souvent difficiles à financer, et le solde au-delà du plafond ne s’impute que sur des revenus fonciers futurs, jamais sur le salaire. Sans revenus fonciers suffisants dans les dix ans, une partie du déficit est définitivement perdue.
Économie d’impôt réelle
7/10
De 1 177 € à 9 630 € la première année selon la TMI et le plafond applicable.
Efficacité du levier fiscal
9/10
Déduction hors plafonnement des niches fiscales : cumulable avec d’autres avantages.
Stabilité du dispositif
8/10
Régime de droit commun de l’article 156 du CGI, pas un dispositif temporaire.
Rendement du bien après travaux
7/10
Bien rénové et reloué au prix du marché, sans plafond de loyer ni de ressources.
Simplicité
4/10
Régime réel, chantier à piloter, ventilation des factures, justificatifs à conserver.
Accessibilité
5/10
Suppose de financer des travaux, ce que les banques prêtent moins facilement.
Souplesse
6/10
Location nue obligatoire et maintien en location jusqu’à fin de la 3e année suivante.
Sécurité fiscale
6/10
Frontière travaux déductibles / non déductibles source classique de redressement.
Ce que le déficit foncier apporte
- Une déduction hors plafonnement des niches fiscales de 10 000 €
- Jusqu’à 10 700 € par an imputables sur le revenu global, 21 400 € en rénovation énergétique
- Aucun plafond de loyer, aucun plafond de ressources du locataire, aucun zonage
- Un solde reportable dix ans sur les revenus fonciers, qui économise aussi 17,2 % de prélèvements sociaux
- Un bien remis en état, donc mieux loué et mieux valorisé à la revente
- Un régime de droit commun, plus stable que les dispositifs à durée de vie limitée
Ce que le déficit foncier coûte
- Une économie proportionnelle à la TMI : quasi nulle en dessous de 30 %
- Un décaissement réel de travaux, bien supérieur à l’économie d’impôt obtenue
- Un solde de déficit imputable seulement sur des revenus fonciers, jamais sur le salaire
- Location nue obligatoire, donc des loyers inférieurs à un meublé équivalent
- Une remise en cause de l’imputation en cas de sortie de location trop rapide
- Un chantier à piloter, avec ses dépassements et ses retards de mise en location
10 700 €
Plafond annuel d’imputation sur le revenu global
21 400 €
Plafond majoré en rénovation énergétique, jusqu’au 31 décembre 2027
10 ans
Report du solde, sur les revenus fonciers uniquement
8 774 €
Économie d’impôt maximale la 1re année à 41 % de TMI
Mécanisme
Ce qu’est réellement le déficit foncier
Réponse directe
Le déficit foncier est le résultat négatif d’une location nue au régime réel : quand les charges déductibles dépassent les loyers encaissés. La part de ce déficit qui ne provient pas des intérêts d’emprunt s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an, ou 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique éligibles. Le reste se reporte dix ans, uniquement sur des revenus fonciers.
Ce n’est pas un dispositif de défiscalisation au sens des lois de niche : c’est le régime de droit commun des revenus fonciers, codifié au 3° du I de l’article 156 du code général des impôts. Personne ne vous « accorde » un déficit foncier : vous le constatez parce que vous avez payé des travaux.
Les trois conditions d’accès
- Location nue. Le bien doit être loué vide. Un meublé relève des BIC et du régime LMNP, avec son propre mécanisme d’amortissement.
- Régime réel. Le micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % et ne permet aucun déficit. Le régime réel est automatique au-delà de 15 000 € de revenus fonciers bruts, et optionnel en dessous.
- Charges réellement payées. Le déficit se constate sur les dépenses acquittées dans l’année, factures à l’appui, et non sur un devis ou un engagement.
L’avantage que peu de pages mentionnent
Le déficit foncier est une déduction du revenu imposable, pas une réduction d’impôt. Il échappe donc au plafonnement global des avantages fiscaux de 10 000 € par an, contrairement à la plupart des dispositifs de défiscalisation. C’est ce qui en fait un outil cumulable, et pas seulement un outil efficace.
Plafonds
Les deux plafonds : 10 700 € et 21 400 €
Réponse directe
Le plafond de droit commun est de 10 700 € par an, tous biens confondus, quel que soit le nombre de logements. Il est porté à 21 400 € à concurrence des dépenses de rénovation énergétique qui font passer un logement classé E, F ou G en classe A, B, C ou D. Ce plafond majoré, créé fin 2022, a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026.
| Situation | Plafond annuel | Conditions | Sort du solde |
|---|---|---|---|
| Déficit foncier de droit commun | 10 700 € permanent | Location nue au régime réel, charges hors intérêts d’emprunt | Report 10 ans sur revenus fonciers |
| Rénovation énergétique d’une passoire | 21 400 € jusqu’au 31/12/2027 | DPE E, F ou G avant travaux, classe A à D après, deux DPE à produire, dépenses payées dans la fenêtre du dispositif | Report 10 ans sur revenus fonciers |
| Intérêts d’emprunt | Aucun plafond | Déductibles sans limite de montant | Imputables sur les revenus fonciers uniquement, report 10 ans jamais sur le salaire |
Les quatre conditions cumulatives du plafond majoré
- Le logement est classé E, F ou G au DPE avant travaux.
- Il atteint la classe D au minimum après travaux, saut de classe justifié par deux DPE réalisés par un diagnostiqueur certifié.
- Les travaux relèvent de la rénovation énergétique : isolation, système de chauffage performant, ventilation, menuiseries, audit énergétique.
- Les dépenses sont payées avant le 31 décembre 2027, terme fixé par la prorogation votée en loi de finances pour 2026.
Le plafond majoré n’est pas global
Le rehaussement à 21 400 € s’applique « à concurrence du montant des dépenses de rénovation énergétique déductibles ». Sur un chantier de 40 000 € dont 12 000 € seulement de travaux énergétiques, le plafond utilisable reste de 10 700 € plus 12 000 €, dans la limite de 21 400 €. Les travaux d’entretien classiques ne bénéficient jamais du plafond majoré.
Ce plafond majoré arrive au bon moment : la location d’un logement classé G est interdite depuis le 1er janvier 2025, celle des logements classés F le sera au 1er janvier 2028. Pour un propriétaire de passoire thermique, la rénovation n’est plus une option fiscale, c’est une condition de mise en location — le déficit foncier majoré en réduit simplement la facture nette.
Calcul
Le calcul en cascade, dans le bon ordre
Réponse directe
Le calcul suit un ordre imposé : les intérêts d’emprunt s’imputent d’abord sur les loyers, les autres charges ensuite. Seul le déficit provenant des charges hors intérêts peut descendre sur le revenu global, dans la limite du plafond. Inverser cet ordre est l’erreur de calcul la plus fréquente, et elle surestime toujours l’économie d’impôt.
Les intérêts d’emprunt contre les loyers
Les intérêts et frais d’emprunt s’imputent en premier sur les loyers encaissés. S’ils dépassent les loyers, l’excédent ne descend jamais sur le revenu global : il se reporte dix ans sur les revenus fonciers.
Les autres charges contre le solde
Travaux déductibles, taxe foncière, charges de copropriété non récupérables, assurances, frais de gestion s’imputent ensuite sur ce qui reste des loyers.
L’imputation sur le revenu global
Le déficit issu de l’étape 2 s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 €, ou 21 400 € à concurrence des dépenses énergétiques éligibles. Cette fraction économise l’impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux.
Le report du solde
Tout ce qui dépasse le plafond, plus la fraction issue des intérêts, se reporte sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Jamais sur le salaire. Ce qui n’est pas absorbé en dix ans est définitivement perdu.
L’erreur qui circule partout
On lit très souvent qu’un déficit de 40 000 € permet d’imputer 10 700 € sur le revenu global « pendant quatre ans », soit une économie multipliée par quatre. C’est faux. L’imputation sur le revenu global n’a lieu qu’une seule fois, l’année de constatation du déficit. Le solde ne redescend jamais sur le revenu global : il attend des revenus fonciers positifs. Toute simulation qui multiplie 10 700 € par plusieurs années sans nouveaux travaux annonce une économie qui n’existe pas.
Simulation chiffrée, avec les bons chiffres
| Étape | Détail | Montant |
|---|---|---|
| Loyers année 1 | Bien reloué au second semestre après chantier | 6 600 € |
| Intérêts d’emprunt | Imputés en premier sur les loyers | − 6 200 € |
| Solde de loyers | Reste à absorber par les autres charges | 400 € |
| Travaux et charges | 50 000 € de travaux + 4 000 € de charges courantes | − 54 000 € |
| Déficit hors intérêts | Base imputable sur le revenu global | 53 600 € |
| Imputation année 1 | Plafond majoré applicable, 30 000 € de dépenses énergétiques > 21 400 € | 21 400 € plafond |
| Économie d’impôt année 1 | 21 400 € × 41 %, sans prélèvements sociaux | 8 774 € |
| Solde reporté | 53 600 − 21 400, sur revenus fonciers des 10 ans suivants | 32 200 € |
Les années suivantes, le bien dégage environ 13 200 € de loyers pour 10 000 € de charges et d’intérêts, soit un revenu foncier net de l’ordre de 3 200 € par an. Le report de 32 200 € vient effacer ce résultat, ce qui économise chaque année 3 200 € × 58,2 % (41 % de TMI plus 17,2 % de prélèvements sociaux), soit environ 1 862 € par an. Sur dix ans, un peu plus de 18 000 € d’économie supplémentaire — à condition qu’il n’y ait ni vacance prolongée, ni revente, ni chute des loyers. Le stock est absorbé à quelques centaines d’euros près : au-delà de dix ans, le reliquat serait perdu.
Ce que dit vraiment cette simulation
L’économie totale approche 27 000 € sur onze ans, pour 50 000 € de travaux réellement décaissés. Le déficit foncier ne finance donc pas les travaux : il en rembourse une part, étalée. C’est un accélérateur de rentabilité sur un chantier utile, pas une source de gain autonome.
Pour tester votre propre cas, posez les deux hypothèses avec ou sans travaux dans le calculateur de rentabilité, puis comparez le rendement net obtenu avec le calculateur de rendement locatif.
Économie
Combien vous économisez vraiment, selon votre TMI
Réponse directe
L’économie d’impôt de l’imputation sur le revenu global égale le plafond utilisé multiplié par votre tranche marginale d’imposition, sans prélèvements sociaux. Elle va de 1 177 € à 11 % de TMI à 9 630 € à 45 % de TMI avec le plafond majoré. En revanche, le solde reporté sur les revenus fonciers économise l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
| TMI | Plafond 10 700 € | Plafond 21 400 € | Taux d’économie sur le solde reporté |
|---|---|---|---|
| 11 % | 1 177 € peu d’intérêt | 2 354 € | 28,2 % |
| 30 % | 3 210 € | 6 420 € | 47,2 % |
| 41 % | 4 387 € | 8 774 € optimum | 58,2 % |
| 45 % | 4 815 € | 9 630 € | 62,2 % |
La subtilité des prélèvements sociaux
L’imputation sur le revenu global ne fait économiser que l’impôt sur le revenu : votre salaire n’est pas soumis aux prélèvements sociaux sur le patrimoine. Le report sur les revenus fonciers, lui, efface un revenu qui aurait supporté l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Contrairement à la plupart des revenus financiers, les revenus fonciers n’ont pas été concernés par le passage des prélèvements sociaux à 18,6 % au 1er janvier 2026 : ils restent à 17,2 %. Le solde reporté est donc, à l’euro déduit, plus rentable que l’imputation sur le revenu global.
Travaux
Travaux déductibles et travaux exclus
Réponse directe
Sont déductibles les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration d’un logement existant. Sont exclus la construction, la reconstruction et l’agrandissement, c’est-à-dire tout ce qui crée de la surface ou modifie la structure du bâti. C’est sur cette frontière que se jouent la plupart des redressements.
| Nature | Déductible | Exemples |
|---|---|---|
| Réparation et entretien | oui | Ravalement, réfection de toiture, remise en état de la plomberie, peintures, remplacement de menuiseries à l’identique |
| Amélioration | oui | Chauffage, isolation, mise aux normes électriques, salle de bains, ventilation, double vitrage, ascenseur |
| Diagnostics et honoraires | oui | DPE, amiante, plomb, architecte, maîtrise d’œuvre, audit énergétique |
| Charges courantes | oui | Taxe foncière, assurance, charges de copropriété non récupérables, frais de gestion |
| Construction et reconstruction | non | Démolition-reconstruction, création d’un garage, d’une annexe, d’une véranda |
| Agrandissement | non | Extension, surélévation, aménagement de combles créant de la surface habitable |
| Mobilier et équipement | non | Meubles, électroménager, décoration : ces dépenses relèvent du meublé |
Le piège du chantier global
Sur un chantier lourd, l’administration peut requalifier l’ensemble en travaux de reconstruction si l’ampleur des interventions équivaut à un ouvrage neuf, même si chaque lot pris isolément semblait déductible. Deux réflexes protègent : faire ventiler les devis et factures poste par poste, et faire valider la qualification par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste avant le démarrage, pas au moment de la déclaration.
Aides et subventions
Le cumul avec MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie ou l’éco-prêt à taux zéro est possible, mais le montant des aides perçues doit être déduit des travaux déclarés en charges. On ne déduit jamais un euro qu’on n’a pas payé.
Engagement
La condition de location, et ce qui se passe si on la rompt
Réponse directe
L’imputation sur le revenu global n’est définitivement acquise que si le logement reste loué nu jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit celle de l’imputation. Un déficit imputé sur les revenus de 2026 suppose donc une location maintenue jusqu’au 31 décembre 2029. Aucun engagement formel n’est à signer : la condition se vérifie a posteriori.
La formulation courante « engagement de trois ans après les travaux » est approximative et sous-estime la durée réelle. Le compteur part de l’année d’imputation, pas de la fin du chantier, et il redémarre à chaque nouvelle imputation sur le revenu global. Deux années de travaux successives allongent donc l’obligation.
Les conséquences d’une rupture
- Reconstitution. Le revenu global et les revenus fonciers des trois années précédant la cessation de location sont recalculés comme si aucune imputation sur le revenu global n’avait eu lieu.
- Requalification, pas confiscation. Le déficit indûment imputé n’est pas perdu : il redevient imputable sur les revenus fonciers des dix années suivantes, dans les conditions de droit commun.
- Un délai de reprise allongé. L’administration peut remettre en cause l’imputation jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant le manquement, même si les années concernées sont par ailleurs prescrites.
- Intérêts de retard et pénalités de droit commun. Il n’existe pas de sanction spécifique majorée : ce sont les règles générales qui s’appliquent, l’insuffisance de déclaration écartant la dispense d’intérêt de retard.
Les exceptions admises
Aucune reprise n’est pratiquée en cas de décès du contribuable ou de son conjoint, d’invalidité de deuxième ou troisième catégorie, de licenciement, ou d’expropriation pour cause d’utilité publique, la cession devant intervenir dans un délai raisonnable après l’événement. Une donation avec réserve d’usufruit ne remet pas non plus l’imputation en cause si l’usufruitier maintient le bien en location.
Comparatif
Déficit foncier, LMNP ou dispositif Jeanbrun
Réponse directe
Le Pinel n’est plus une option : le dispositif est éteint depuis le 31 décembre 2024 et aucune acquisition postérieure n’y ouvre droit. Les trois voies ouvertes aujourd’hui sont le déficit foncier en location nue avec travaux, le LMNP en meublé, et le dispositif Jeanbrun issu de la loi de finances pour 2026, qui repose sur un amortissement du bâti en location nue.
| Critère | Déficit foncier | LMNP au réel | Dispositif Jeanbrun |
|---|---|---|---|
| Nature de l’avantage | Déduction du revenu global, hors plafond des niches | Amortissement déductible des loyers BIC | Amortissement du bâti déductible des revenus fonciers |
| Type de location | Nue | Meublée | Nue |
| Effet sur l’impôt | Baisse immédiate de l’IR l’année des travaux | Loyers peu ou pas imposés pendant des années | Revenus fonciers effacés sur la durée d’amortissement |
| Contrainte de loyer | Aucune liberté | Aucune | Loyer modéré exigé selon le niveau d’avantage retenu |
| Durée d’engagement | Location jusqu’au 31/12 de la 3e année suivant l’imputation | Aucune | 9 ans |
| Fiscalité à la revente | Plus-value des particuliers, travaux déduits non réintégrés | Amortissements réintégrés dans la plus-value depuis le 15 février 2025 durci | Réintégration des amortissements également prévue |
| Profil visé | TMI ≥ 30 % avec un bien à rénover | Recherche de rendement et de loyers peu fiscalisés | Fortes TMI acceptant un loyer plafonné sur 9 ans |
Deux affirmations à ne plus lire
« Le Pinel donne 9 à 12 % de réduction d’impôt » : le dispositif est fermé depuis fin 2024, seuls les engagements antérieurs courent jusqu’à leur terme. Notre analyse détaillée figure dans notre avis complet sur le Pinel. « Le LMNP, c’est zéro impôt à vie » : depuis les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés au calcul de la plus-value, ce qui déplace l’imposition vers la revente au lieu de la supprimer.
Le dispositif Jeanbrun étant très récent, ses modalités précises dépendent des textes d’application. Avant de l’arbitrer contre un déficit foncier, faites vérifier la version en vigueur du texte à la date de votre acquisition.
Un projet avec travaux à arbitrer
Faire chiffrer la qualification des travaux, le plafond applicable et le rendement net après impôt avant de signer coûte bien moins qu’un redressement ou qu’un déficit perdu faute de revenus fonciers.
Nos audits sont réalisés en interne. Cette page ne comporte aucun lien commercial rémunéré.
Pour qui
Pour quel profil le déficit foncier fonctionne
Réponse directe
Le déficit foncier convient à un contribuable taxé à 30 % au moins, capable de financer des travaux, et détenteur ou acquéreur d’un bien ancien à rénover qu’il louera nu. Il perd tout intérêt en dessous de 30 % de TMI, sans capacité de financement des travaux, ou pour qui veut louer en meublé.
| Profil | Verdict | Pourquoi |
|---|---|---|
| TMI 41 ou 45 %, bien ancien à rénover | idéal | Jusqu’à 9 630 € d’impôt effacés la première année, hors plafonnement des niches. |
| Propriétaire d’une passoire classée F ou G | idéal | Travaux devenus obligatoires pour louer, avec un plafond majoré à 21 400 € jusqu’à fin 2027. |
| Déjà propriétaire de biens locatifs bénéficiaires | adapté | Les revenus fonciers existants absorbent le report, qui économise aussi 17,2 % de prélèvements sociaux. |
| TMI 11 % | à écarter | 1 177 € d’économie pour 10 700 € de travaux : le levier fiscal ne justifie pas le montage. |
| Pas d’apport pour financer les travaux | à écarter | Les banques financent moins facilement les travaux que le prix d’acquisition. |
| Projet de location meublée | incompatible | Le meublé relève des BIC : c’est l’amortissement LMNP, pas le déficit foncier. |
| Revente envisagée sous trois ans | risqué | L’imputation sur le revenu global serait remise en cause, sauf exception limitativement admise. |
Erreurs
Six erreurs qui coûtent cher
- Croire que le report s’impute sur le salaire. Le solde au-delà du plafond ne s’impute que sur des revenus fonciers. Sans revenus fonciers dans les dix ans, il est perdu.
- Concentrer tous les travaux sur une seule année. Au-delà du plafond, l’excédent part en report et perd son effet immédiat. Étaler un chantier sur deux exercices permet parfois d’utiliser deux fois le plafond.
- Confondre plafond majoré et travaux quelconques. Les 21 400 € ne s’appliquent qu’à concurrence des dépenses de rénovation énergétique, avec saut de classe DPE justifié par deux diagnostics.
- Financer des travaux non déductibles. Agrandissement, création de surface, reconstruction : la dépense reste réelle mais l’avantage fiscal disparaît, et le risque de requalification du chantier entier apparaît.
- Sortir de location trop tôt. Vendre ou passer en meublé avant le 31 décembre de la troisième année suivant l’imputation déclenche la reconstitution des revenus des trois années antérieures.
- Négliger la traçabilité. Factures détaillées, ventilation par poste, DPE avant et après, attestations d’entreprises : les justificatifs se conservent au moins six ans, durée du délai de reprise.
- TMI vérifiée : au moins 30 % pour que le levier fiscal ait un sens.
- Qualification des travaux validée par un professionnel avant le démarrage du chantier.
- Éligibilité au plafond majoré vérifiée : DPE initial E, F ou G, classe D atteinte après travaux.
- Aides et subventions déduites du montant des travaux déclarés.
- Capacité d’absorption du report estimée sur dix ans, revenus fonciers du foyer inclus.
- Horizon de détention compatible avec le maintien en location jusqu’à fin de la 3e année suivante.
Lexique
Six termes pour lire une déclaration 2044 sans se tromper
- Déficit foncier
- Résultat négatif d’une location nue au régime réel, lorsque les charges déductibles dépassent les loyers encaissés sur l’année.
- Imputation sur le revenu global
- Déduction du déficit hors intérêts d’emprunt du revenu imposable total du foyer, plafonnée à 10 700 € par an, ou 21 400 € en rénovation énergétique éligible.
- Report sur les revenus fonciers
- Mécanisme par lequel le solde de déficit non imputé sur le revenu global s’applique aux revenus fonciers des dix années suivantes, et à eux seuls.
- Micro-foncier
- Régime simplifié applicable en dessous de 15 000 € de revenus fonciers bruts, avec un abattement forfaitaire de 30 %. Il ne permet aucun déficit foncier.
- Saut de classe DPE
- Passage d’un logement classé E, F ou G à une classe A, B, C ou D après travaux, condition d’accès au plafond majoré, justifiée par deux diagnostics.
- Plafonnement des niches fiscales
- Limite globale de 10 000 € par an applicable à la plupart des réductions et crédits d’impôt. Le déficit foncier étant une déduction, il n’y est pas soumis.
FAQ
Questions fréquentes sur le déficit foncier
Le déficit foncier est-il un bon dispositif ?
Nous le notons 7/10. C’est une déduction du revenu global, non soumise au plafonnement des niches fiscales, sur un dispositif de droit commun donc stable. Son efficacité dépend entièrement de la tranche marginale d’imposition : très intéressant à 41 ou 45 %, marginal à 11 %. Il ne crée aucune rentabilité par lui-même, il réduit le coût net de travaux que le bien exigeait.
Quel est le plafond du déficit foncier ?
10 700 € par an imputables sur le revenu global, tous biens confondus. Ce plafond est porté à 21 400 € à concurrence des dépenses de rénovation énergétique faisant passer un logement classé E, F ou G en classe A, B, C ou D. Ce plafond majoré a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026.
Le déficit foncier reporté s’impute-t-il sur mon salaire ?
Non, et c’est le point le plus mal compris. Seule la fraction imputée l’année du déficit, dans la limite du plafond, réduit le revenu global. Le solde ne s’impute que sur des revenus fonciers positifs des dix années suivantes. Faute de revenus fonciers suffisants sur cette période, il est définitivement perdu.
Combien peut-on économiser d’impôt avec le déficit foncier ?
La première année, l’économie égale le plafond utilisé multiplié par votre tranche marginale : 4 387 € à 41 % de TMI avec le plafond de 10 700 €, 8 774 € avec le plafond majoré de 21 400 €. Le solde reporté sur les revenus fonciers économise ensuite l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 58,2 % à 41 % de TMI, mais étalé sur plusieurs années.
Quels travaux sont déductibles ?
Les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration d’un logement existant : ravalement, toiture, plomberie, électricité, chauffage, isolation, menuiseries, ainsi que les diagnostics et honoraires d’architecte. Sont exclus la construction, la reconstruction, l’agrandissement et toute création de surface habitable, ainsi que le mobilier et l’électroménager.
Combien de temps faut-il louer le bien ?
Jusqu’au 31 décembre de la troisième année qui suit celle de l’imputation sur le revenu global. Un déficit imputé sur les revenus de 2026 exige donc une location maintenue jusqu’au 31 décembre 2029. La location doit rester nue sur toute cette période : un passage en meublé équivaut à une cessation.
Que se passe-t-il si je vends avant la fin de ce délai ?
L’imputation sur le revenu global est remise en cause : le revenu global et les revenus fonciers des trois années précédant la cessation sont reconstitués. Le déficit n’est pas perdu pour autant, il redevient imputable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Décès, invalidité de deuxième ou troisième catégorie, licenciement et expropriation constituent des exceptions admises.
Peut-on cumuler déficit foncier et MaPrimeRénov’ ?
Oui, mais les aides perçues doivent être déduites du montant des travaux déclarés en charges déductibles. On ne déduit fiscalement que la dépense réellement supportée. Le cumul reste avantageux : la subvention réduit le décaissement, le déficit réduit l’impôt sur le reste à charge.
Déficit foncier ou LMNP : lequel choisir ?
Le déficit foncier si vous avez une TMI élevée et un bien à rénover que vous louerez nu : l’effet est immédiat et concentré sur l’année des travaux. Le LMNP si vous privilégiez des loyers plus élevés et une imposition des loyers durablement faible, en acceptant que les amortissements soient réintégrés dans la plus-value à la revente depuis le 15 février 2025. Les deux ne se cumulent pas sur un même bien.
Le déficit foncier compte-t-il dans le plafonnement des niches fiscales ?
Non. Le plafonnement global de 10 000 € par an s’applique aux réductions et crédits d’impôt. Le déficit foncier est une déduction du revenu imposable : il en est exclu, ce qui permet de le cumuler avec d’autres avantages fiscaux.
Pour aller plus loin
Ressources liées
Notre méthode de notation. La note ILA est établie sur huit critères notés de 1 à 10 : économie d’impôt réelle, efficacité du levier fiscal, stabilité du dispositif, rendement du bien après travaux, simplicité, accessibilité, souplesse et sécurité fiscale. Elle porte sur le mécanisme fiscal, non sur un opérateur ou un programme. Les critères d’économie réelle et de sécurité fiscale pèsent double. Aucun annonceur ne rémunère cette page.
Sources
- Code général des impôts, article 156, I, 3° : imputation du déficit foncier sur le revenu global, plafonds de 10 700 € et 21 400 €, report sur dix ans, condition de maintien en location jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivante.
- BOFiP, BOI-RFPI-BASE-30-20 et BOI-RFPI-BASE-30-20-10 : modalités d’imputation des déficits fonciers, conséquences du non-respect de la condition de location, délai de reprise. Consulter
- Loi de finances rectificative pour 2022 (n° 2022-1499), article 12, et décret n° 2023-297 du 21 avril 2023 : création du plafond majoré pour la rénovation énergétique des passoires thermiques.
- Loi de finances pour 2026 du 19 février 2026 : prorogation du plafond majoré de 21 400 € jusqu’au 31 décembre 2027 et création du statut du bailleur privé, dit dispositif Jeanbrun.
- Loi de finances pour 2025, article 84 : réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value des loueurs en meublé non professionnels, pour les cessions réalisées à compter du 15 février 2025.
- Loi de finances pour 2021, article 168, et article 199 novovicies du CGI : extinction du dispositif Pinel au 31 décembre 2024.
- 122e Congrès des notaires de France, rapport 2026, développements sur les particularités des déficits fonciers. Consulter
- Loi Climat et résilience : interdiction de mise en location des logements classés G depuis le 1er janvier 2025, des logements classés F à compter du 1er janvier 2028.
Article d’information générale. Le déficit foncier suppose des travaux réellement payés et une location nue effective : l’économie d’impôt ne compense jamais l’intégralité de la dépense. Les plafonds et délais cités peuvent être modifiés par une loi de finances ultérieure ; le plafond majoré de 21 400 € est borné au 31 décembre 2027 en l’état des textes. La note attribuée est une appréciation éditoriale portant sur le mécanisme fiscal, non une recommandation d’investissement. Cet article ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé : faites valider la qualification de vos travaux et votre situation par un expert-comptable ou un avocat fiscaliste avant d’engager un chantier.

5 commentaires