Défiscalisation · Loi de finances 2026
Dispositif Jeanbrun 2026 : mon analyse du statut du bailleur privé
Amortissement de 3 à 5,5 % par an sur 80 % du prix, plafond de 8 000 à 12 000 € par foyer fiscal, engagement de 9 ans, aucun zonage. Taux, plafonds de loyers 2026, simulation chiffrée, piège de la revente et verdict, sans complaisance.
Étude d’éligibilité Jeanbrun offerte via notre lien partenaireLien partenaire : ILA peut percevoir une commission. Cela ne modifie ni notre note, ni notre analyse du dispositif.
Le dispositif Jeanbrun et le statut du bailleur privé désignent le même régime fiscal, créé par l’article 47 de la loi de finances pour 2026 et codifié aux i et j du 1° du I de l’article 31 du CGI. Il permet de déduire de ses revenus fonciers un amortissement annuel de 3 à 5,5 % calculé sur 80 % du prix d’acquisition hors foncier, plafonné à 8 000 € par foyer fiscal (10 000 € ou 12 000 € en cas d’affectation sociale), contre un engagement de location nue de 9 ans.
Acquisitions éligibles du 21 février 2026 au 31 décembre 2028, en immeuble collectif uniquement, sans condition de zonage. Contrepartie souvent passée sous silence : les amortissements déduits minorent le prix d’acquisition retenu pour la plus-value à la revente.
Sommaire
- Jeanbrun ou bailleur privé ?
- Cadre légal et calendrier
- Taux, base et plafonds
- Conditions d’éligibilité
- Plafonds de loyers 2026
- Qui peut en bénéficier
- Simulation chiffrée
- Le piège de la revente
- Jeanbrun, Pinel, LMNP
- Mon avis complet
- Neuf ou ancien rénové
- Déclarer sans erreur
- Questions fréquentes
- Glossaire et sources
Mon verdict en une phrase
Le dispositif Jeanbrun est le meilleur cadre fiscal disponible en location nue depuis la fin du Pinel, mais c’est un outil de constitution de patrimoine à long terme, pas un produit de défiscalisation à horizon 9 ans. Au-dessus de 30 % de TMI et avec une détention longue, il est redoutablement efficace. En dessous, ou avec une revente à 10 ans, la réintégration des amortissements dans la plus-value reprend près de la moitié du gain.
Ce qui fonctionne
- Amortissement de 3 à 5,5 % par an déductible des revenus fonciers.
- Aucun zonage : applicable partout en France, métropole et outre-mer.
- Neuf, VEFA et ancien réhabilité éligibles, avec base élargie aux travaux.
- Hors plafonnement global des niches fiscales de 10 000 €.
- Déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu’à 10 700 €.
- Nombre d’acquisitions illimité, SCI à l’impôt sur le revenu admise.
Ce qui coince
- Amortissements réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente.
- Plafond de 8 000 € par foyer fiscal, et non par logement.
- Engagement de 9 ans, avec reprise fiscale en cas de rupture.
- Maisons individuelles et location meublée exclues.
- Loyers plafonnés et ressources des locataires contrôlées.
- Avantage proportionnel à la TMI, quasi nul en dessous de 30 %.
Le Pinel offrait une réduction d’impôt identique pour tous. Le Jeanbrun est une déduction : chaque euro amorti fait économiser 28,2 % à une TMI de 11 %, mais 58,2 % à 41 % et 62,2 % à 45 %, prélèvements sociaux inclus. Ce dispositif n’est pas neutre socialement, il est calibré pour les foyers déjà fortement fiscalisés. C’est le premier filtre à appliquer avant toute simulation.
Dispositif Jeanbrun, statut du bailleur privé, loi Jeanbrun : quelle différence ?
Aucune : il s’agit du même dispositif. « Statut du bailleur privé » est l’appellation issue des travaux parlementaires, « dispositif Jeanbrun » ou « loi Jeanbrun » l’usage courant, du nom du ministre du Logement, et « Relance Logement » le nom du plan gouvernemental. Il n’existe pas de loi Jeanbrun autonome : le texte applicable est l’article 31 du code général des impôts.
Seconde précision utile : malgré son nom, le statut du bailleur privé n’est pas un statut juridique. Vous ne créez rien, vous ne vous immatriculez nulle part. C’est une option fiscale exercée sur votre déclaration de revenus fonciers, logement par logement, et irrévocable pour le logement concerné.
Le dispositif est né du constat d’un effondrement : moins de 300 000 mises en chantier en 2024 contre 435 000 en 2017, et une chute massive des ventes de logements neufs aux investisseurs particuliers après l’extinction du Pinel au 31 décembre 2024. Le rapport parlementaire Daubresse-Cosson de juin 2025 recommandait de basculer vers l’amortissement fiscal. C’est ce que fait le dispositif porté par Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement depuis octobre 2025, dans le cadre du plan Relance Logement et de son objectif de 50 000 logements locatifs privés supplémentaires par an. Pour le détail du mécanisme, voir aussi mon guide pilier du dispositif Jeanbrun.
Fiche d’identité du dispositif
Le changement de logique par rapport au Pinel
Le Pinel était une réduction d’impôt : un pourcentage du prix s’imputait directement sur l’impôt dû, quelle que soit la tranche. Le Jeanbrun est une déduction du revenu imposable : l’amortissement diminue le revenu foncier net, donc l’économie dépend de votre taux marginal d’imposition majoré des prélèvements sociaux de 17,2 %.
| Tranche marginale | Économie par euro amorti | Sur 7 000 € d’amortissement annuel | Intérêt du dispositif |
|---|---|---|---|
| 11 % | 28,2 % | 1 974 € | Insuffisant |
| 30 % | 47,2 % | 3 304 € | Pertinent |
| 41 % | 58,2 % | 4 074 € | Très favorable |
| 45 % | 62,2 % | 4 354 € | Très favorable |
Cadre légal, dates et textes applicables
La loi de finances pour 2026 a été promulguée le 19 février 2026 (loi n° 2026-103) et publiée au Journal officiel le 20 février. Le dispositif s’applique aux logements acquis entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. C’est la date de l’acte de vente notarié qui compte, pas celle du compromis ou du contrat de réservation.
| Date | Étape | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|---|
| 30 juin 2025 | Rapport Daubresse-Cosson | Recommandation d’un amortissement fiscal pour les bailleurs privés |
| 12 octobre 2025 | Nomination de Vincent Jeanbrun | Ministre de la Ville et du Logement, porteur du plan Relance Logement |
| Automne 2025 | Débats sur le PLF 2026 | Versions successives, taux et plafonds modifiés à plusieurs reprises |
| Janvier 2026 | Adoption définitive | Version finale du statut à l’article 47 de la loi de finances |
| 19 février 2026 | Promulgation | Loi n° 2026-103 de finances pour 2026 |
| 20 février 2026 | Publication au Journal officiel | Codification aux i et j du 1° du I de l’article 31 du CGI |
| 21 février 2026 | Entrée en vigueur | Première date d’acquisition éligible |
| 31 décembre 2028 | Fin du dispositif | Dernière date de signature d’un acte de vente éligible |
- Seule compte la date de l’acte authentique. Un compromis signé avant le 21 février 2026 n’exclut pas le bien si l’acte est postérieur.
- Si vous faites construire, la date retenue est celle du dépôt de la demande de permis de construire.
- Un logement déjà détenu avant le 21 février 2026 n’est pas éligible, même rénové ensuite.
- L’amortissement démarre le premier jour du mois d’achèvement de l’immeuble ou des travaux, ou de l’acquisition si elle est postérieure : en VEFA livrée en septembre, la première annuité est partielle.
Le cœur du dispositif est directement applicable, sans décret d’attente. Deux séries de textes restent à surveiller : les critères de la réhabilitation lourde dans l’ancien (décret n° 2025-913) et l’actualisation annuelle par arrêté des plafonds de loyers et de ressources.
Taux, base amortissable et plafonds
L’amortissement se calcule sur 80 % du prix d’acquisition net de frais, le foncier étant réputé représenter 20 % de façon forfaitaire. Le taux est de 3,5 % dans le neuf et 3 % dans l’ancien réhabilité, majoré d’un point pour le loyer social et de deux points pour le très social, soit un maximum de 5,5 %.
Dans l’ancien réhabilité, la base est constituée de 80 % du prix hors foncier majoré du montant des travaux éligibles, ce qui compense largement le taux plus faible. Le forfait de 20 % pour le terrain n’est pas modulable, même dans les zones où le foncier pèse en réalité 40 % du prix.
Les taux d’amortissement 2026
| Type de logement | Loyer intermédiaire | Loyer social (Loc 2) | Loyer très social (Loc 3) |
|---|---|---|---|
| Neuf, VEFA, construction i de l’article 31 | 3,5 % | 4,5 % | 5,5 % |
| Ancien réhabilité j de l’article 31, travaux ≥ 30 % | 3 % | 3,5 % | 4 % |
Le plafond annuel : l’erreur la plus répandue du web
On lit partout que le plafond serait automatiquement « 8 000 € en intermédiaire, 10 000 € en social, 12 000 € en très social ». Ce n’est pas ce que dit le texte. Le plafond est unique, à 8 000 € par an et par foyer fiscal, commun aux logements relevant du i et du j. Il est majoré de 2 000 € ou de 4 000 € seulement lorsque 50 % au moins des revenus bruts issus des logements amortis sont affectés respectivement à la location sociale ou très sociale. Le maximum est donc de 12 000 € : le « bonus » à 16 000 € que l’on voit circuler n’existe pas.
| Situation du foyer fiscal | Plafond annuel | Économie à TMI 30 % | Économie à TMI 41 % |
|---|---|---|---|
| Cas général, intermédiaire ou mixte | 8 000 € | 3 776 € | 4 656 € |
| ≥ 50 % des revenus bruts en location sociale | 10 000 € | 4 720 € | 5 820 € |
| ≥ 50 % des revenus bruts en location très sociale | 12 000 € | 5 664 € | 6 984 € |
Économie calculée TMI + 17,2 % de prélèvements sociaux, lorsque l’amortissement s’impute sur un revenu foncier positif. En situation de déficit imputé sur le revenu global, l’économie correspond à la seule TMI.
du prix d’acquisition amortissable
déduits par an pour un bien neuf de 250 000 € en intermédiaire
d’économie annuelle à une TMI de 41 %
de déficit foncier imputable sur le revenu global
L’engagement de location est de 9 ans, mais la lecture dominante des textes est que la déduction se poursuit au-delà, tant que le logement reste loué dans les conditions du dispositif et que la base amortissable n’est pas épuisée, soit environ 28 ans au taux de 3,5 % sur une base de 200 000 €. Le cumul des amortissements ne peut jamais excéder la base. Une lecture plus restrictive, limitée à la période d’engagement, circule également : sur un investissement de long terme, faites confirmer ce point au regard des commentaires publiés au BOFiP.
Conditions d’éligibilité au statut du bailleur privé
Les conditions sont cumulatives : logement en bâtiment d’habitation collectif situé en France, acquis neuf, en VEFA, construit par le contribuable ou réhabilité avec au moins 30 % de travaux ; location nue en résidence principale pendant 9 ans ; mise en location dans les 12 mois ; loyers et ressources plafonnés ; locataire extérieur au foyer fiscal et non parent jusqu’au 2e degré. Le démembrement est exclu.
Le logement
- Situé en France, métropole ou outre-mer.
- Dans un bâtiment d’habitation collectif au sens du 6° de l’article L. 111-1 du code de la construction, soit un immeuble à usage principal d’habitation réunissant plus de deux logements superposés.
- Exclu Maisons individuelles, au nom des objectifs de zéro artificialisation nette des sols.
- Exclu Démembrement de propriété, sauf lorsqu’il résulte du décès d’un époux soumis à imposition commune.
- Admis Aucune condition de zonage, ni contingentement du nombre d’acquisitions.
Voie neuf
Logement acquis neuf ou en VEFA, ou que le contribuable fait construire : construction ex nihilo, addition de construction ou surélévation. Aucune exigence énergétique supplémentaire n’est ajoutée par le dispositif : c’est la réglementation applicable au dépôt du permis qui s’impose, en pratique la RE2020 pour les programmes récents.
Voie ancien
Soit des travaux concourant à la production d’un immeuble neuf au sens de la TVA, soit des travaux d’amélioration d’au moins 30 % du prix d’acquisition répondant aux critères de réhabilitation lourde : DPE A ou B, sécurité d’usage, qualité sanitaire et accessibilité du neuf. Si les travaux précèdent l’achat, le logement ne doit pas avoir été occupé depuis leur achèvement.
La location
- Location nue exclusivement : meublé, LMNP, courte durée et saisonnier sont incompatibles.
- Résidence principale du locataire, de manière effective et continue pendant 9 ans minimum.
- Mise en location dans les 12 mois suivant l’achèvement ou l’acquisition si elle est postérieure.
- Plafonds de loyers selon le niveau retenu et plafonds de ressources vérifiés à la signature du bail.
- Location interdite à un membre du foyer fiscal, à un parent ou allié jusqu’au 2e degré inclus, ou à un associé de la société propriétaire.
- En cas de détention via une société non soumise à l’IS, conservation des parts jusqu’au terme de la période de location.
Le revenu net foncier de l’année où l’engagement cesse d’être respecté est majoré du montant total des amortissements déduits, imposé selon le mécanisme du quotient, prélèvements sociaux inclus. Trois exceptions : invalidité de 2e ou 3e catégorie, licenciement, décès du contribuable ou de son conjoint soumis à imposition commune.
Plafonds de loyers et de ressources 2026
Le dispositif n’impose pas de zonage pour l’éligibilité, mais les plafonds de loyers dépendent de la localisation : c’est un zonage indirect de marché. En intermédiaire, les plafonds 2026 sont de 19,71 €/m² en zone A bis, 14,64 € en A, 11,80 € en B1 et 10,26 € en B2 et C, à multiplier par le coefficient 0,7 + 19/surface, limité à 1,2. En social et très social, les plafonds relèvent de Loc’Avantages, fixés commune par commune.
| Zone | Plafond 2026 | Exemples de villes | Loyer maximal pour un T2 de 50 m² |
|---|---|---|---|
| A bis | 19,71 €/m² | Paris et petite couronne | ≈ 1 064 € |
| A | 14,64 €/m² | Lyon, Marseille, Lille, Montpellier | ≈ 790 € |
| B1 | 11,80 €/m² | Nantes, Toulouse, Rennes, Grenoble | ≈ 637 € |
| B2 et C | 10,26 €/m² | Villes moyennes et communes rurales | ≈ 554 € |
Le coefficient de surface avantage les petites surfaces et pénalise les grandes : 1,2 pour un studio de 25 m² (valeur plafonnée), 1,08 pour un T2 de 50 m², 0,91 pour un T4 de 90 m². La surface pondérée retient la surface habitable augmentée de la moitié des annexes, dans la limite de 8 m² : ce n’est ni la surface Carrez, ni la surface du bail.
Social et très social : passez par le simulateur ANAH
Pour les niveaux social et très social, les plafonds renvoient à Loc’Avantages, c’est-à-dire aux niveaux Loc 2 et Loc 3, soit des décotes de l’ordre de 30 % et 45 % par rapport au marché. Ils sont fixés commune par commune et actualisés par arrêté : la seule méthode fiable consiste à interroger le simulateur de l’ANAH à l’adresse exacte du bien avant de signer le bail.
| Niveau | Zones A bis et A | Zone B1 | Référence |
|---|---|---|---|
| Intermédiaire, couple sans enfant | ≈ 66 276 € | ≈ 48 268 € | Plafonds ex-Pinel, art. 199 novovicies |
| Social (Loc 2) | Plafonds PLUS du logement social, nettement inférieurs | Art. 199 tricies, arrêté annuel | |
| Très social (Loc 3) | Plafonds PLAI, les plus restrictifs | Art. 199 tricies, arrêté annuel | |
Les plafonds de loyers et de ressources doivent être respectés pendant toute la durée de l’engagement, y compris lors d’un changement de locataire ou d’une révision de loyer indexée sur l’IRL. Un dépassement, même involontaire, ouvre la voie à la remise en cause de l’amortissement.
À qui s’adresse le dispositif Jeanbrun ?
Le dispositif est ouvert aux personnes physiques et aux sociétés civiles non soumises à l’impôt sur les sociétés, dont les SCI à l’IR. Il est réellement pertinent au-dessus de 30 % de TMI, avec un horizon de détention long. Les SCI à l’IS, les sociétés commerciales et les loueurs en meublé en sont exclus.
Pertinent
TMI de 30 %, 41 % ou 45 %, idéalement avec des revenus fonciers déjà imposés à effacer. L’avantage est proportionnel à la tranche.
Pertinent
Horizon de détention supérieur à 15 ans, ou logique de transmission familiale : la donation purge la plus-value latente liée aux amortissements.
Pertinent
SCI à l’impôt sur le revenu et indivisions, avec engagement de conservation des parts jusqu’au terme de la période de location.
À nuancer
Investisseur multi-biens : le plafond de 8 000 € s’applique à l’ensemble du foyer fiscal, un seul appartement de 250 000 € en consomme déjà 7 000 €.
À écarter
TMI de 11 %, projet sur une maison individuelle, préférence pour le meublé ou revente envisagée avant 10 ans.
Exclu
SCI à l’impôt sur les sociétés, SARL, SAS, SASU, et tout logement détenu avant le 21 février 2026.
L’amortissement est calculé au niveau de la société puis réparti entre les associés au prorata de leurs parts. Chaque associé déclare sa quote-part de revenus fonciers diminuée de sa quote-part d’amortissement, et doit conserver la totalité de ses titres jusqu’au terme de l’engagement. Un associé qui occuperait le logement, ou dont un parent au 2e degré l’occuperait, perd la déduction pour sa quote-part. À lire également : SCI à l’IR ou à l’IS, que choisir.
Simulation chiffrée : ce que rapporte réellement le dispositif
Sur un T2 neuf de 50 m² à Lyon acheté 250 000 € par un investisseur à 41 % de TMI, l’amortissement de 7 000 € par an porte le revenu net après impôt de 2 792 € à 6 811 €, soit un gain de 4 019 € par an et 36 171 € sur les neuf ans d’engagement. Comparé à une location libre au prix du marché, le gain net reste de 3 467 € par an.
Les hypothèses
- Prix d’acquisition 250 000 €, appartement neuf en immeuble collectif, frais de notaire réduits de 7 500 €, soit 257 500 € investis.
- Base amortissable : 250 000 × 80 % = 200 000 €, amortissement de 7 000 € par an au taux intermédiaire.
- Loyer de marché 900 €/mois, loyer plafonné intermédiaire 790 €/mois (14,64 × 1,08 × 50).
- Charges déductibles hors amortissement : 2 800 €/an (taxe foncière, charges non récupérables, assurance loyers impayés, gestion).
- Achat comptant, pour isoler l’effet fiscal du dispositif.
| Poste | Location libre sans dispositif |
Loyer plafonné sans amortissement |
Dispositif Jeanbrun intermédiaire 3,5 % |
|---|---|---|---|
| Loyers annuels | 10 800 € | 9 480 € | 9 480 € |
| Charges déductibles | − 2 800 € | − 2 800 € | − 2 800 € |
| Amortissement | — | — | − 7 000 € |
| Résultat foncier imposable | 8 000 € | 6 680 € | − 320 € (déficit) |
| Prélèvements sociaux 17,2 % | − 1 376 € | − 1 149 € | 0 € |
| Impôt sur le revenu 41 % | − 3 280 € | − 2 739 € | + 131 € |
| Revenu net après impôt | 3 344 € | 2 792 € | 6 811 € |
| Rendement net d’impôt | 1,30 % | 1,08 % | 2,65 % |
Faut-il choisir le très social pour son taux de 5,5 % ?
C’est le calcul que presque personne ne fait. Même bien, mais au niveau très social : taux de 5,5 %, plafond porté à 12 000 € et loyer décoté d’environ 45 %, soit 495 €/mois.
| Poste | Intermédiaire 3,5 % | Très social 5,5 % |
|---|---|---|
| Loyers annuels | 9 480 € | 5 940 € |
| Charges | − 2 800 € | − 2 800 € |
| Amortissement déductible | − 7 000 € | − 11 000 € |
| Déficit imputable sur le revenu global | 320 € | 7 860 € |
| Économie liée au déficit | + 131 € | + 3 223 € |
| Revenu net après impôt | 6 811 € | 6 363 € |
Dans cet exemple, l’intermédiaire ressort gagnant de 448 € par an malgré un taux inférieur de 2 points : la décote de loyer de 45 % coûte plus cher que l’amortissement supplémentaire ne rapporte. Le très social ne devient intéressant qu’avec un prix au m² faible et un rendement brut élevé, typiquement en zone B1, B2 ou C, ou pour un contribuable à 45 % ayant d’autres revenus fonciers à effacer.
Les intérêts d’emprunt s’ajoutent aux charges et creusent le déficit foncier, donc l’économie des premières années. Attention : la fraction du déficit provenant des intérêts d’emprunt n’est imputable que sur les revenus fonciers, pas sur le revenu global. Seule la part issue des autres charges, dont l’amortissement, remonte sur le revenu global dans la limite de 10 700 €, le solde restant reportable dix ans. Pour tester votre configuration, utilisez le calculateur de rentabilité.
Le piège de la revente : amortissements réintégrés dans la plus-value
En application du III de l’article 150 VB du CGI, le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value est minoré du montant des amortissements déduits. Chaque euro amorti augmente donc d’un euro la plus-value imposable. L’avantage fiscal du dispositif Jeanbrun n’est pas définitivement acquis : il est partiellement différé jusqu’à la revente.
Reprenons le T2 lyonnais, revendu 290 000 € au bout de 12 ans, avec 12 annuités de 7 000 €, soit 84 000 € d’amortissements cumulés.
| Élément | Sans dispositif | Avec dispositif Jeanbrun |
|---|---|---|
| Prix de vente | 290 000 € | 290 000 € |
| Prix d’acquisition retenu | 250 000 € | 166 000 € |
| Plus-value brute | 40 000 € | 124 000 € |
| Impôt sur le revenu 19 % après abattement de 42 % | ≈ 4 408 € | ≈ 13 665 € |
| Prélèvements sociaux 17,2 % après abattement de 11,55 % | ≈ 6 086 € | ≈ 18 866 € |
| Imposition totale | ≈ 10 494 € | ≈ 32 531 € |
| Surcoût imputable aux amortissements | — | ≈ 22 000 € |
Économie fiscale cumulée pendant la détention : 12 × 4 019 € ≈ 48 200 €. Surcoût de plus-value à la sortie : ≈ 22 000 €. Gain net réel ≈ 26 200 €, hors valorisation du bien. Le dispositif reste gagnant, mais l’avantage réel représente environ la moitié de l’économie affichée pendant la détention. Tout argumentaire qui vous présente 48 000 € d’économie sans mentionner la sortie est incomplet.
Trois façons de neutraliser la réintégration
Conserver au-delà de 22 ans
Exonération totale de plus-value à l’impôt sur le revenu à 22 ans de détention, et aux prélèvements sociaux à 30 ans. L’amortissement devient alors un avantage définitif.
Donner ou transmettre
Une donation comme une succession purge la plus-value latente, y compris la fraction issue des amortissements réintégrés. C’est l’argument patrimonial le plus fort du dispositif.
Ne pas raisonner en défiscalisation
Viser un bien qui tient debout sans l’avantage fiscal, dont la valeur de revente ne dépend pas d’un marché de niche entretenu par un dispositif temporaire.
Faire chiffrer votre projet Jeanbrun
Étude d’éligibilité, arbitrage entre les trois niveaux de loyer et projection de sortie avec réintégration des amortissements. Sans engagement.
Parler à un expertLien partenaire : ILA peut percevoir une commission, sans surcoût pour vous. Cela n’influe ni sur notre note, ni sur notre analyse.
Jeanbrun, Pinel, LMNP, Loc’Avantages et déficit foncier
Le Jeanbrun se distingue par une déduction et non une réduction d’impôt, l’absence de zonage et l’accès à l’ancien réhabilité. Le LMNP reste plus souple (loyers libres, aucun engagement, maisons acceptées), Loc’Avantages s’applique à un bien déjà détenu, et le déficit foncier classique n’impose ni plafond de loyer ni engagement de 9 ans.
| Critère | Jeanbrun | Pinel | LMNP | Loc’Avantages | Déficit foncier |
|---|---|---|---|---|---|
| Statut | Actif 2026-2028 | Éteint fin 2024 | Actif | Jusqu’à fin 2027 | Permanent |
| Nature de l’avantage | Amortissement 3 à 5,5 % | Réduction d’impôt 9 à 14 % | Amortissement en BIC | Réduction 15 à 65 % des loyers | Déduction des travaux |
| Type de location | Nue, résidence principale | Nue | Meublée | Nue conventionnée ANAH | Nue |
| Maison individuelle | Exclue | Avant 2021 | Acceptée | Acceptée | Acceptée |
| Zonage | Aucun | A bis, A, B1 | Aucun | Toutes zones | Aucun |
| Engagement | 9 ans | 6, 9 ou 12 ans | Aucun | 6 ans | 3 ans |
| Loyers | Plafonnés, 3 niveaux | Plafonnés | Libres | Décote 15 à 45 % | Libres |
| Plafond annuel | 8 000 à 12 000 € par foyer | Dans les niches | Aucun | Dans les niches | 10 700 € |
| Plafond des niches 10 000 € | Hors plafond | Dans le plafond | Hors plafond | Dans le plafond | Hors plafond |
| Effet sur la plus-value | Amortissements réintégrés | Neutre | Amortissements réintégrés | Neutre | Neutre |
| SCI à l’IR | Éligible | Éligible | Non | Éligible | Éligible |
Choisir Jeanbrun
Appartement neuf ou réhabilité, TMI ≥ 30 %, détention longue, logique patrimoniale et de transmission.
Choisir le LMNP
Recherche de rendement et de souplesse, maison ou petite surface meublée, loyers libres, aucun engagement. Voir mon guide LMNP 2026.
Choisir Loc’Avantages
Bien déjà détenu en zone tendue : réduction d’impôt immédiate calculée sur les loyers, sans nouvelle acquisition.
Choisir le déficit foncier
Travaux lourds sur un bien existant, sans plafond de loyers ni engagement de 9 ans. Voir déficit foncier, mode d’emploi.
Mon avis complet sur le dispositif Jeanbrun
Le dispositif Jeanbrun mérite 4/5 : c’est le meilleur cadre fiscal disponible en location nue depuis la fin du Pinel, mais son avantage n’est pleinement acquis qu’au-delà de 22 ans de détention ou en cas de transmission, puisque les amortissements sont réintégrés dans la plus-value. Non, ce n’est pas une arnaque : le risque vient du prix d’achat, pas du dispositif.
Les cinq forces réelles
- Un mécanisme enfin adapté à la location nue. Pendant vingt ans, les bailleurs en nu n’ont eu accès qu’à des réductions d’impôt temporaires. L’amortissement rapproche la location nue de la logique économique du meublé.
- La fin du zonage. Le Pinel excluait les villes moyennes, précisément là où les prix permettent encore du rendement. Le Jeanbrun s’applique partout, y compris en B2 et C.
- L’ouverture à l’ancien réhabilité. Avec une base amortissable majorée du montant des travaux, le dispositif devient un vrai levier pour sortir des passoires thermiques du parc locatif.
- Hors plafond des niches fiscales. Le plafond de 10 000 € de l’article 200-0 A ne s’applique pas, puisqu’il s’agit d’une déduction du revenu.
- La durée. Là où l’avantage Pinel s’arrêtait au terme de l’engagement, l’amortissement peut continuer jusqu’à épuisement de la base, soit potentiellement plus de vingt ans d’effacement des loyers imposables.
Les cinq limites à connaître avant de signer
- Le plafond par foyer fiscal, pas par logement. Avec 8 000 € de déduction annuelle maximale, un seul appartement de 250 000 € en consomme 7 000 €. Le dispositif n’a pas été conçu pour un investisseur multi-biens.
- La réintégration à la revente. Environ la moitié de l’économie affichée est reprise sur la plus-value en cas de cession avant 22 ans.
- L’exclusion des maisons individuelles. Elle écarte une part importante de la demande locative familiale, en particulier dans les zones détendues où le dispositif est censé s’appliquer sans zonage.
- Les loyers plafonnés. En zone tendue, la décote absorbe une partie de l’avantage fiscal, et le calcul est souvent défavorable au niveau très social.
- L’incertitude réglementaire. Le dispositif est jeune : doctrine administrative, critères de réhabilitation lourde et articulation avec le déficit foncier se stabilisent encore, et un engagement de neuf ans reste exposé aux changements de législation.
« Le dispositif Jeanbrun est-il une arnaque ? »
La question revient massivement dans les recherches, et la réponse est non : c’est un régime légal codifié à l’article 31 du CGI et appliqué par l’administration fiscale. Le risque ne vient pas du dispositif, mais de ce qui se construit autour.
- Un prix au m² supérieur de 15 à 25 % au marché local, « compensé » par l’avantage fiscal. Aucune économie d’impôt ne rattrape une surcote à l’achat.
- Une simulation qui présente l’économie sur 9 ans sans jamais évoquer la plus-value.
- Un plafond annoncé à « 12 000 € pour tous » ou un « bonus » à 16 000 €, alors que le plafond de droit commun est de 8 000 € par foyer.
- Un programme situé dans une commune sans tension locative réelle, vendu au motif que « le Jeanbrun n’a pas de zonage ». L’absence de zonage n’est pas une garantie de demande locative.
Le bien tient-il sans la fiscalité ?
Prix au m² cohérent avec l’ancien du quartier, tension locative vérifiable, copropriété saine. Si la réponse est non, aucun taux d’amortissement ne sauvera l’opération.
Ma TMI justifie-t-elle la contrainte ?
En dessous de 30 %, l’économie ne compense pas neuf ans d’engagement et de loyers plafonnés.
Quelle est ma stratégie de sortie ?
Conservation longue ou transmission : le dispositif est pertinent. Revente à 10-12 ans : recalculez avec la réintégration, l’écart avec un LMNP bien placé se réduit fortement.
Quel niveau de loyer ?
Comparez les trois niveaux en résultat net, jamais sur le seul taux d’amortissement. Le très social gagne surtout là où le prix au m² est faible.
Neuf ou ancien réhabilité : lequel choisir ?
Le neuf offre les meilleurs taux (3,5 à 5,5 %), des frais de notaire réduits et aucun risque de chantier. L’ancien réhabilité affiche des taux plus faibles (3 à 4 %) mais une base amortissable élargie au montant des travaux et un prix au m² bien inférieur : rapporté au capital engagé, il est souvent plus efficient.
| Critère | Neuf, VEFA | Ancien réhabilité, travaux ≥ 30 % |
|---|---|---|
| Taux d’amortissement | 3,5 % à 5,5 % | 3 % à 4 % |
| Base amortissable | 80 % du prix | 80 % du prix hors foncier + travaux |
| Prix au m² | 4 500 à 6 000 €/m² en métropole | 2 500 à 4 500 €/m² |
| Performance énergétique | Acquise par la réglementation au permis | DPE A ou B à atteindre après travaux |
| Frais de notaire | Réduits, 2 à 3 % | Pleins, 7 à 8 % |
| Risque de chantier | Porté par le promoteur | Porté par l’investisseur |
| Délai de mise en location | VEFA : 18 à 30 mois | Travaux : 6 à 14 mois |
| Profil adapté | TMI 41-45 %, gestion déléguée | TMI 30-41 %, appétence travaux |
Sur un appartement ancien acheté 150 000 € avec 60 000 € de travaux, la base amortissable atteint environ 180 000 € (80 % de 150 000 € + 60 000 €). À 3 %, cela fait 5 400 € par an, contre 7 000 € pour un neuf à 250 000 €, pour un investissement inférieur de 40 000 €. Rapporté au capital engagé, l’ancien réhabilité est fréquemment plus efficient, à condition de maîtriser le chantier et d’atteindre effectivement le DPE A ou B.
Déclarer le dispositif Jeanbrun sans perdre l’avantage
L’option s’exerce lors du dépôt de la déclaration des revenus de l’année d’achèvement du logement ou des travaux, ou de l’acquisition si elle est postérieure, dans la déclaration des revenus fonciers au régime réel (formulaire 2044). Elle est irrévocable pour le logement concerné et incompatible avec le micro-foncier.
Acquisition
Acte notarié signé entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. Conserver l’acte et la décomposition du prix.
Achèvement
Point de départ de l’amortissement : premier jour du mois d’achèvement de l’immeuble ou des travaux, ou de l’acquisition si postérieure.
Mise en location
Dans les 12 mois, en nu, en résidence principale, avec contrôle du plafond de loyer et des ressources du locataire au moment du bail.
Option fiscale
Exercée l’année d’achèvement ou d’acquisition, avec l’engagement de location de 9 ans. Irrévocable pour ce logement.
Régime réel
Déclaration 2044 obligatoire : le micro-foncier et son abattement forfaitaire sont incompatibles avec la déduction d’un amortissement.
Chaque année ensuite
Report de l’amortissement, contrôle du plafond de 8 000 € par foyer et suivi du cumul par rapport à la base amortissable.
- Exercer l’option la mauvaise année : c’est l’année d’achèvement ou d’acquisition, pas celle de la première quittance.
- Calculer le loyer plafond sur la surface Carrez au lieu de la surface pondérée, ou oublier le coefficient 0,7 + 19/S.
- Indexer le loyer sur l’IRL au-delà du plafond réactualisé.
- Négliger le contrôle des ressources du nouveau locataire lors d’une relocation.
- Dépasser le plafond de 8 000 € en additionnant plusieurs logements : la fraction excédentaire est perdue.
- Laisser le logement vacant trop longtemps et rompre le caractère effectif et continu de la location.
- Basculer en meublé ou en location courte durée en cours d’engagement.
- Oublier la conservation des parts en cas de détention via une SCI à l’IR.
Acte notarié et décomposition du prix, déclaration d’achèvement, factures détaillées des travaux et DPE avant/après pour l’ancien, baux successifs, avis d’imposition des locataires, tableau d’amortissement annuel, statuts et procès-verbaux en cas de SCI.
Questions fréquentes sur le dispositif Jeanbrun
Les 30 questions les plus posées sur le dispositif Jeanbrun et le statut du bailleur privé : taux, plafonds, dates, SCI, maison individuelle, LMNP, plus-value et déclaration.
Comprendre le dispositif
Qu’est-ce que le dispositif Jeanbrun (ou statut du bailleur privé) ?
Le dispositif Jeanbrun, officiellement le statut du bailleur privé, est un régime fiscal optionnel créé par l’article 47 de la loi de finances pour 2026 et codifié aux i et j du 1° du I de l’article 31 du code général des impôts. Il permet à un propriétaire qui loue nu à titre de résidence principale de déduire chaque année de ses revenus fonciers un amortissement de 3 % à 5,5 % calculé sur 80 % du prix d’acquisition hors foncier, dans la limite de 8 000 € par an et par foyer fiscal (majorable à 10 000 € ou 12 000 €), en échange d’un engagement de location de 9 ans. Il concerne les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.
Quelle différence entre statut du bailleur privé, loi Jeanbrun et Relance Logement ?
Aucune : ce sont trois appellations du même dispositif. « Statut du bailleur privé » est le nom employé dans les travaux parlementaires et par l’administration, « dispositif Jeanbrun » ou « loi Jeanbrun » est l’usage médiatique, du nom de Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, et « Relance Logement » est le nom du plan gouvernemental qui le porte. Juridiquement, il n’existe pas de loi Jeanbrun autonome : le texte applicable est l’article 31 du CGI.
Avis : le dispositif Jeanbrun est-il vraiment intéressant en 2026 ?
Il est intéressant à partir d’une tranche marginale d’imposition de 30 %, et surtout de 41 %, pour un investisseur qui conserve le bien longtemps. Sur un appartement neuf de 250 000 € loué au niveau intermédiaire, l’amortissement de 7 000 € par an génère environ 4 000 € de gain annuel par rapport au régime réel classique, soit près de 36 000 € sur neuf ans, et la déduction se poursuit ensuite jusqu’à épuisement de la base amortissable. En dessous de 30 % de TMI, avec un horizon de revente court ou pour une maison individuelle, il n’a pas d’intérêt : l’économie est faible et une partie est reprise à la revente.
Le dispositif Jeanbrun est-il une arnaque ?
Non, c’est un régime fiscal légal inscrit au code général des impôts, mais l’avantage est souvent survendu. Deux points sont fréquemment omis dans les argumentaires commerciaux : les amortissements déduits viennent minorer le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value à la revente, et le plafond de 8 000 € s’applique à l’ensemble du foyer fiscal, pas à chaque logement. Le vrai risque n’est pas le dispositif mais le prix d’achat : un bien surpayé au nom de l’avantage fiscal reste un mauvais investissement.
Taux, plafonds et calcul
Quels sont les taux d’amortissement du dispositif Jeanbrun en 2026 ?
Dans le neuf ou en VEFA : 3,5 % par an pour un loyer intermédiaire, 4,5 % pour un loyer social et 5,5 % pour un loyer très social. Dans l’ancien faisant l’objet d’une réhabilitation lourde ou de travaux concourant à la production d’un immeuble neuf : 3 %, 3,5 % et 4 % selon le même ordre. Le taux de base est de 3,5 % dans le neuf et 3 % dans l’ancien, majoré de 1 point pour le social et de 2 points pour le très social.
Quel est le plafond annuel d’amortissement du dispositif Jeanbrun ?
La somme des amortissements déduits ne peut excéder 8 000 € par an et par foyer fiscal, tous logements confondus. Ce plafond est majoré de 2 000 € (soit 10 000 €) ou de 4 000 € (soit 12 000 €) lorsque 50 % au moins des revenus bruts issus des logements amortis sont affectés respectivement à la location sociale ou à la location très sociale. Il n’existe pas de plafond à 16 000 € : la majoration maximale porte le plafond à 12 000 €.
Comment calculer l’amortissement Jeanbrun ?
La formule est : amortissement annuel = prix d’acquisition net de frais × 80 % × taux applicable. Pour un appartement neuf de 250 000 € loué au niveau intermédiaire, la base est de 200 000 € et l’amortissement de 7 000 € par an, sous le plafond de 8 000 €. Dans l’ancien, la base est constituée de 80 % du prix hors foncier majoré du montant des travaux éligibles. Le point de départ est le premier jour du mois d’achèvement de l’immeuble, ou de son acquisition si elle est postérieure.
Pendant combien d’années peut-on amortir avec le dispositif Jeanbrun ?
L’engagement de location est de 9 ans minimum, mais la lecture dominante des textes est que l’amortissement continue au-delà tant que le logement reste loué dans les conditions du dispositif et que la base amortissable n’est pas épuisée, soit environ 23 ans au taux de 3,5 % et 15 ans au taux de 5,5 %. Le total des amortissements déduits ne peut jamais dépasser la base amortissable. Certains commentateurs retiennent une lecture plus restrictive limitée à la période d’engagement : faites confirmer ce point par votre conseil au regard des commentaires administratifs en vigueur.
Dates, conditions et plafonds
Quand le dispositif Jeanbrun entre-t-il en vigueur et jusqu’à quand ?
La loi de finances pour 2026 a été adoptée en janvier 2026 puis promulguée le 19 février 2026 et publiée au Journal officiel le 20 février 2026. Le dispositif s’applique aux logements acquis entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. C’est la date de l’acte de vente qui compte, indépendamment de la date de signature d’un avant-contrat ou d’un contrat de réservation ; pour un logement que le contribuable fait construire, c’est la date de dépôt de la demande de permis de construire.
Quelles sont les conditions d’éligibilité du dispositif Jeanbrun ?
Les conditions sont cumulatives : logement situé en France dans un bâtiment d habitation collectif, acquis neuf, en VEFA, construit par le contribuable ou réhabilité lourdement avec des travaux d’au moins 30 % du prix d’acquisition ; location nue à usage de résidence principale pendant 9 ans minimum ; mise en location dans les 12 mois suivant l’achèvement ou l’acquisition ; respect des plafonds de loyers et de ressources du locataire ; locataire extérieur au foyer fiscal et non parent ou allié jusqu’au 2e degré. Le démembrement de propriété est exclu.
Le dispositif Jeanbrun impose-t-il un zonage géographique ?
Non. Contrairement au Pinel limité aux zones A bis, A et B1, le dispositif Jeanbrun ne comporte aucune condition d’éligibilité liée au zonage et s’applique sur tout le territoire, métropole et outre-mer. En revanche, les plafonds de loyers et de ressources restent déterminés selon la localisation du logement : c’est un zonage indirect de marché, qui rend le dispositif plus ou moins attractif selon les villes.
Quels sont les plafonds de loyers du dispositif Jeanbrun en 2026 ?
Pour le niveau intermédiaire, les plafonds sont ceux de l’article 199 novovicies du CGI, soit en 2026 environ 19,71 €/m² en zone A bis, 14,64 €/m² en zone A, 11,80 €/m² en zone B1 et 10,26 €/m² en zones B2 et C, à multiplier par le coefficient 0,7 + 19/surface, limité à 1,2. Pour les niveaux social et très social, les plafonds sont ceux de Loc’Avantages (niveaux Loc 2 et Loc 3, article 199 tricies), fixés commune par commune et à vérifier sur le simulateur de l’ANAH avant la signature du bail.
Quels sont les plafonds de ressources des locataires ?
Pour le niveau intermédiaire, les plafonds sont ceux applicables au Pinel, revalorisés chaque année : en 2026, un couple sans enfant ne doit pas dépasser environ 66 276 € de revenu fiscal de référence en zones A bis et A, et environ 48 268 € en zone B1. Pour le social et le très social, les plafonds sont ceux de Loc’Avantages, alignés sur les plafonds PLUS et PLAI du logement social, donc nettement inférieurs. Le revenu contrôlé est celui de l’année N-2 figurant sur l’avis d’imposition.
Quelle est la durée d’engagement du dispositif Jeanbrun ?
Neuf ans de location nue effective et continue à usage de résidence principale. En cas d’acquisition par une société non soumise à l’impôt sur les sociétés, l’associé doit en outre conserver la totalité de ses parts jusqu’au terme de la période de location. Contrairement au Pinel, il n’existe pas d’option à 6 ou 12 ans.
Sortie, revente et plus-value
Que se passe-t-il si je revends avant 9 ans ?
Le revenu net foncier de l’année au cours de laquelle l’engagement cesse d’être respecté est majoré du montant total des amortissements déduits, imposé selon le mécanisme du quotient afin d’atténuer la progressivité. Les prélèvements sociaux s’appliquent également. Des exceptions sont prévues en cas d’invalidité de 2e ou 3e catégorie, de licenciement ou de décès du contribuable ou de son conjoint soumis à imposition commune.
Quel est l’impact du dispositif Jeanbrun sur la plus-value à la revente ?
C’est le principal point de vigilance : le prix d’acquisition retenu pour le calcul de la plus-value immobilière est minoré du montant des amortissements admis en déduction, en application du III de l’article 150 VB du CGI. Concrètement, chaque euro amorti augmente d’un euro la plus-value imposable, taxée à 19 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux avant abattements pour durée de détention. L’exonération devient totale après 22 ans de détention pour l’impôt sur le revenu et 30 ans pour les prélèvements sociaux ; une donation ou une succession purge également la plus-value latente.
Comparaisons
Peut-on cumuler le dispositif Jeanbrun avec le LMNP ?
Pas sur le même logement : le dispositif Jeanbrun suppose une location nue imposée dans les revenus fonciers, le LMNP une location meublée imposée dans les BIC. En revanche, un même contribuable peut détenir en parallèle des logements sous statut du bailleur privé et d’autres en LMNP, chaque bien relevant de son propre régime. Le dispositif n’est pas cumulable, sur un même logement, avec le Pinel, le Denormandie, le Girardin, le Malraux, le régime des monuments historiques ni la réduction d’impôt en faveur du logement social outre-mer.
Jeanbrun ou LMNP : lequel choisir ?
Le LMNP reste plus souple : loyers libres, aucune durée d’engagement, maisons individuelles acceptées, amortissement non plafonné en montant. Le dispositif Jeanbrun est préférable lorsque le marché local est peu favorable au meublé, lorsque le contribuable dispose déjà de revenus fonciers taxés à 41 % ou 45 % à effacer, ou lorsqu’il souhaite imputer un déficit sur son revenu global, ce que le LMNP ne permet pas. Les deux régimes réintègrent désormais les amortissements dans le calcul de la plus-value.
Quelle différence entre le dispositif Jeanbrun et le Pinel ?
Cinq différences majeures : le Jeanbrun est une déduction de la base imposable (amortissement de 3 % à 5,5 %) et non une réduction d’impôt forfaitaire ; il ne comporte pas de condition de zonage ; il est limité aux bâtiments collectifs alors que le Pinel a accepté des maisons individuelles jusqu’en 2021 ; il ouvre droit à l’ancien réhabilité que le Pinel excluait ; il échappe au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 €. En contrepartie, l’avantage dépend de la tranche marginale d’imposition et les amortissements sont réintégrés à la plus-value, ce qui n’était pas le cas avec le Pinel.
Cas particuliers
Une SCI peut-elle bénéficier du dispositif Jeanbrun ?
Oui, à condition qu’elle ne soit pas soumise à l’impôt sur les sociétés : une SCI à l’impôt sur le revenu est éligible, une SCI à l’IS est exclue. L’amortissement est calculé au niveau de la société et réparti entre les associés au prorata de leurs parts, chaque associé s’engageant à conserver ses titres jusqu’au terme de la période de location. Un associé qui louerait le logement à lui-même, à un membre de son foyer fiscal ou à un parent jusqu’au 2e degré perdrait le bénéfice de la déduction.
Les maisons individuelles sont-elles éligibles au dispositif Jeanbrun ?
Non. Le dispositif est réservé aux logements situés dans un bâtiment d habitation collectif au sens du 6° de l’article L. 111-1 du code de la construction et de l habitation, c’est-à-dire un immeuble à usage principal d habitation réunissant plus de deux logements partiellement ou totalement superposés. Ce ciblage a été justifié par les objectifs de zéro artificialisation nette des sols.
Peut-on louer à un proche ou à ses enfants avec le dispositif Jeanbrun ?
Non. La location à un membre du foyer fiscal du bailleur, à un parent ou allié jusqu’au 2e degré inclus (parents, grands-parents, enfants, petits-enfants, frères et sœurs, beaux-parents) est interdite, de même que la location à un associé de la société propriétaire. Le locataire doit être un tiers respectant les plafonds de ressources.
Peut-on acheter en démembrement ou en nue-propriété avec le dispositif Jeanbrun ?
Non, les acquisitions en démembrement de propriété ne sont pas admises. Une seule exception est prévue : le décès de l’un des époux soumis à imposition commune, le conjoint survivant ou le titulaire de l’usufruit pouvant alors reprendre le dispositif à son compte.
Combien de logements peut-on acquérir avec le dispositif Jeanbrun ?
Le nombre d’acquisitions n’est pas limité et aucun contingentement annuel n’est prévu. En revanche le plafond annuel de déduction de 8 000 € s’applique globalement au foyer fiscal, tous logements confondus : au-delà d’un ou deux appartements, l’amortissement excédentaire est perdu pour l’année. Ce plafond est le véritable facteur limitant du dispositif pour les investisseurs multi-biens.
Le micro-foncier est-il compatible avec le dispositif Jeanbrun ?
Non. L’amortissement est une charge déduite du revenu foncier réel : il suppose donc une déclaration au régime réel, incompatible avec l’abattement forfaitaire du micro-foncier. L’option pour le dispositif implique de renoncer au micro-foncier pour l’ensemble des revenus fonciers du foyer et elle est irrévocable pour le logement concerné.
Un non-résident peut-il bénéficier du dispositif Jeanbrun ?
Le texte n’exclut pas expressément les non-résidents et la déduction s’applique en principe aux revenus fonciers imposables en France. L’intérêt pratique est cependant plus limité, notamment parce que l’imputation d’un déficit sur le revenu global suppose un revenu global taxable en France et que le taux minimum d’imposition des non-résidents modifie l’équation. Une validation par un conseil fiscal est indispensable dans cette situation.
Peut-on appliquer l’amortissement Jeanbrun à un bien que je possède déjà ?
Non, le dispositif ne concerne que les acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028 : un logement déjà détenu avant cette date ne peut pas être basculé dans le régime. Un bailleur déjà propriétaire peut en revanche acquérir un nouveau logement éligible pendant la période, ou envisager d’autres leviers pour son patrimoine existant, comme le déficit foncier de droit commun ou Loc’Avantages.
Fiscalité et déclaration
Le dispositif Jeanbrun entre-t-il dans le plafond des niches fiscales de 10 000 € ?
Non. Le plafonnement global de 10 000 € prévu à l’article 200-0 A du CGI vise les réductions et crédits d’impôt. Le dispositif Jeanbrun est une déduction du revenu imposable, il y échappe donc et peut se cumuler avec d’autres avantages soumis à ce plafond. Il reste soumis à son propre plafond de 8 000 € à 12 000 € par foyer fiscal.
Comment déclarer le dispositif Jeanbrun ?
L’option s’exerce lors du dépôt de la déclaration des revenus de l’année d’achèvement du logement ou des travaux, ou de l’acquisition si elle est postérieure, dans le cadre de la déclaration des revenus fonciers au régime réel (formulaire 2044). Elle est irrévocable pour le logement concerné et comporte l’engagement de location de 9 ans. Il faut conserver l’acte notarié, les factures de travaux, le DPE, les baux et les avis d’imposition des locataires, et tenir un tableau d’amortissement annuel.
Qui est Vincent Jeanbrun ?
Vincent Jeanbrun est ministre de la Ville et du Logement depuis le 12 octobre 2025. Ancien maire de L’Haÿ-les-Roses et ancien député du Val-de-Marne, il porte le plan Relance Logement dont le statut du bailleur privé est la mesure fiscale principale, ce qui explique que le dispositif ait pris son nom dans l’usage courant.
Alors, faut-il investir avec le dispositif Jeanbrun ?
Oui si votre TMI atteint 30 %, que vous visez un appartement en immeuble collectif acheté au prix du marché et que vous conservez le bien longtemps. Non si votre tranche est à 11 %, si votre projet porte sur une maison individuelle, si vous préférez le meublé ou si vous envisagez de revendre avant dix ans.
Pour vous si
TMI de 30 à 45 %, revenus fonciers déjà imposés à effacer, horizon supérieur à 15 ans, appartement collectif dans une ville où la demande locative est démontrable, capacité à absorber un cash-flow tendu les premières années.
Une autre solution si
TMI de 11 %, maison individuelle, préférence pour les loyers libres et le meublé, revente envisagée avant dix ans, ou plusieurs acquisitions prévues : le plafond de 8 000 € par foyer sature immédiatement.
Faire valider votre projet avant de signer
Éligibilité du logement, arbitrage entre les trois niveaux de loyer, projection nette d’impôt et scénario de sortie. Sans engagement.
Parler à un expertLien partenaire : ILA peut percevoir une commission, sans surcoût pour vous. Cela ne modifie ni notre note, ni notre analyse.
Glossaire et sources
- Amortissement Jeanbrun
- Déduction annuelle forfaitaire de 3 % à 5,5 % calculée sur 80 % du prix d’acquisition hors foncier, imputée sur les revenus fonciers du bailleur.
- Base amortissable
- 80 % du prix d’acquisition net de frais dans le neuf, majoré du montant des travaux éligibles dans l’ancien réhabilité. Le cumul des amortissements ne peut la dépasser.
- Bâtiment d’habitation collectif
- Immeuble à usage principal d’habitation réunissant plus de deux logements partiellement ou totalement superposés, au sens du 6° de l’article L. 111-1 du code de la construction et de l’habitation.
- Réhabilitation lourde
- Travaux d’amélioration représentant au moins 30 % du prix d’acquisition et permettant d’atteindre un DPE A ou B ainsi que les critères de sécurité d’usage, de qualité sanitaire et d’accessibilité du logement neuf.
- Déficit foncier
- Excédent de charges déductibles sur les loyers bruts, imputable sur le revenu global à hauteur de 10 700 € par an, porté à 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique jusqu’au 31 décembre 2027. Le solde est reportable dix ans sur les revenus fonciers.
- Loyer intermédiaire, social, très social
- Trois niveaux de loyer plafonné : l’intermédiaire renvoie aux plafonds de l’article 199 novovicies du CGI, le social et le très social aux niveaux Loc 2 et Loc 3 de Loc’Avantages (article 199 tricies).
- Mécanisme du quotient
- Modalité d’imposition appliquée à la reprise des amortissements en cas de rupture de l’engagement de location, destinée à atténuer la progressivité de l’impôt sur l’année de rupture.
- Surface pondérée
- Surface habitable augmentée de la moitié de la surface des annexes, dans la limite de 8 m². Elle sert de base au calcul du loyer plafond, à ne pas confondre avec la surface Carrez.
Sources officielles
- Article 31 du code général des impôts, i et j du 1° du I — texte de référence (Légifrance)
- Article 47 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, publiée au Journal officiel du 20 février 2026
- Articles 150 VB (plus-value), 199 novovicies (plafonds intermédiaires) et 199 tricies (Loc’Avantages) du CGI
- Fiche pratique « Le statut du bailleur privé (dispositif Jeanbrun) », Fédération des Promoteurs Immobiliers
- Décret n° 2025-913 relatif aux critères de réhabilitation lourde des logements
- Simulateur de plafonds de loyers de l’ANAH et barèmes BOFiP pour les niveaux social et très social
- Rapport Daubresse-Cosson, « Pour une relance durable de l’investissement locatif », juin 2025
À lire aussi
Informations à jour en juillet 2026, susceptibles d’évoluer (doctrine administrative, critères de réhabilitation lourde, barèmes de loyers et de ressources actualisés par arrêté). Cet article est une analyse éditoriale indépendante et ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement personnalisé. Vérifiez les textes en vigueur à la date de votre acquisition et faites valider votre montage par un notaire, un avocat fiscaliste ou un expert-comptable. Tout investissement immobilier comporte des risques, y compris de perte en capital, de vacance locative et d’illiquidité. ILA peut percevoir une commission au titre du lien partenaire, sans que cela n’influence sa note ni son analyse.
