Accueil / Démembrement de propriété
Démembrement de propriété : c’est quoi, à quoi ça sert et dans quels cas l’utiliser
Le démembrement sépare la propriété d’un bien en deux droits distincts : l’usufruit, qui donne l’usage et les revenus, et la nue-propriété, qui donne la propriété sans la jouissance. Ce guide explique le mécanisme, ce qu’il permet réellement d’économiser, et les six situations concrètes dans lesquelles il a du sens ainsi que celles où il n’en a aucun.
Sommaire
- Le démembrement en un coup d’œil
- C’est quoi le démembrement de propriété ?
- Qui a quels droits et qui paie quoi ?
- À quoi ça sert concrètement ?
- Combien vaut l’usufruit, combien vaut la nue-propriété ?
- Valeur fiscale ou valeur économique : deux chiffres différents
- Dans quels cas l’utiliser : les six situations
- Cas 1 : transmettre à ses enfants de son vivant
- Cas 2 : acheter en nue-propriété pour préparer sa retraite
- Cas 3 : acheter ou céder un usufruit temporaire
- Cas 4 : protéger le conjoint survivant
- Cas 5 : démembrer des parts de SCI ou de SCPI
- Cas 6 : sortir un bien de l’assiette IFI
- Les cas où le démembrement ne sert à rien
- Comment ça se termine et ce que ça coûte à la revente
- Les pièges et les erreurs à éviter
- La méthode pour décider
- Lexique
- FAQ
- Auteur et méthodologie
Réponse directe. Le démembrement de propriété consiste à scinder la pleine propriété d’un bien en deux droits réels : l’usufruit, qui permet d’occuper le bien ou d’en percevoir les loyers, et la nue-propriété, qui confère la qualité de propriétaire sans la jouissance. Il sert à trois choses : transmettre un patrimoine en ne taxant qu’une fraction de sa valeur, acheter un bien décoté de 30 à 45 % sans fiscalité pendant la durée du démembrement, et faire sortir un bien de l’assiette IFI du nu-propriétaire. La répartition de valeur entre les deux droits suit le barème de l’article 669 du CGI, inchangé depuis 2004 : pour un usufruit viager, de 90 % à 10 % selon l’âge de l’usufruitier ; pour un usufruit à durée fixe, 23 % par période de dix ans entamée. À l’extinction de l’usufruit, le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans droits ni formalité (article 1133 du CGI).
Le démembrement en un coup d’œil
- Définition
- Pleine propriété = usufruit + nue-propriété
- Base légale civile
- Art. 578 à 624 du Code civil
- Barème fiscal
- Art. 669 du CGI
- Usufruit viager
- 90 % à 10 % selon l’âge
- Usufruit temporaire
- 23 % par période de 10 ans entamée
- Plafond de l’usufruit temporaire
- Valeur de l’usufruit viager
- Qui occupe ou loue
- L’usufruitier
- Qui déclare les loyers
- L’usufruitier
- Qui paie la taxe foncière
- L’usufruitier (art. 1400 II CGI)
- Qui paie les gros travaux
- Le nu-propriétaire (art. 606 C. civ.)
- Qui est redevable de l’IFI
- L’usufruitier, sur la valeur en pleine propriété
- Fin du démembrement
- Réunion sans droits (art. 1133 CGI)
- Décote de marché en nue-propriété
- 30 à 45 % selon la durée
- Durée standard en investissement
- 15 à 20 ans
- Abattement donation parent-enfant
- 100 000 € par parent et par enfant, tous les 15 ans
- Forme requise sur un immeuble
- Acte notarié publié au service de publicité foncière
Le barème de l’article 669 sert à liquider l’impôt. Il ne dit pas ce que vaut économiquement chaque droit, et il ne fixe pas le prix d’une transaction entre deux parties. Cette distinction est le point de départ de toute décision correcte en matière de démembrement.
C’est quoi le démembrement de propriété ?
La propriété, au sens du Code civil, réunit trois prérogatives : le droit d’utiliser le bien, le droit d’en percevoir les fruits, et le droit d’en disposer, c’est-à-dire de le vendre, le donner ou le détruire. Démembrer, c’est répartir ces prérogatives entre deux titulaires différents.
L’usufruitier utilise le bien : il l’habite, ou il le loue et encaisse les loyers. Le nu-propriétaire est bien propriétaire au sens juridique, il peut vendre son droit, le donner ou le nantir, mais il ne peut ni occuper le logement ni le louer tant que l’usufruit dure. Les deux droits sont des droits réels autonomes : chacun peut être vendu séparément, sans l’accord de l’autre.
Les trois manières de créer un démembrement
- Par décision volontaire : une donation avec réserve d’usufruit, la vente séparée de l’un des deux droits, ou l’achat direct d’une nue-propriété auprès d’un opérateur.
- Par l’effet de la loi : au décès, le conjoint survivant peut recueillir l’usufruit de la totalité de la succession, les enfants recevant la nue-propriété.
- Par la durée : le démembrement est viager s’il s’éteint au décès de l’usufruitier, temporaire s’il est fixé pour un nombre d’années déterminé.
Sur un bien immobilier, le démembrement suppose un acte notarié publié au service de publicité foncière. Aucun montage verbal ou sous seing privé n’est opposable.
Une image utile
Un immeuble démembré fonctionne comme un arbre fruitier prêté : l’usufruitier récolte les fruits et entretient l’arbre, le nu-propriétaire possède le tronc et récupère l’ensemble en fin de période. L’usufruitier ne peut pas abattre l’arbre, le nu-propriétaire ne peut pas venir cueillir les fruits.
Qui a quels droits et qui paie quoi ?
C’est la question qui déclenche le plus de litiges entre familles, et le plus de mauvaises surprises chez les investisseurs. Le principe posé par le Code civil est simple : l’usufruitier supporte les charges liées à la jouissance, le nu-propriétaire supporte les dépenses qui touchent à la structure du bien.
| Poste | Usufruitier | Nu-propriétaire | Référence |
|---|---|---|---|
| Habiter le logement | Oui | Non | Art. 578 C. civ. |
| Louer et encaisser les loyers | Oui | Non | Art. 582 C. civ. |
| Déclarer les revenus fonciers | Oui | Non, aucun revenu imposable | Art. 8 CGI |
| Taxe foncière | Oui | Non | Art. 1400 II CGI |
| Charges courantes et entretien | Oui | Non | Art. 605 C. civ. |
| Gros travaux : murs, toiture, structure | Non | Oui | Art. 606 C. civ. |
| IFI | Oui, sur la valeur en pleine propriété | Non | Art. 968 CGI |
| Vendre son propre droit seul | Oui | Oui | Art. 595 et 621 C. civ. |
| Vendre le bien en pleine propriété | Accord des deux titulaires obligatoire | Art. 815-5 C. civ. | |
La ligne « gros travaux » est celle qui coûte cher
Dans un démembrement familial, le nu-propriétaire hérite de la charge d’une toiture ou d’un ravalement alors qu’il ne perçoit aucun loyer. La jurisprudence est constante : l’usufruitier ne peut pas le contraindre à financer ces travaux, et le nu-propriétaire ne peut pas contraindre l’usufruitier à entretenir correctement le bien. Résultat courant : personne ne fait rien et le bien se dégrade pendant quinze ans. Une convention de démembrement signée le jour de l’acte règle ce point à l’avance.
Dans les opérations d’investissement structurées, dites d’usufruit locatif, l’acte prévoit généralement que l’usufruitier bailleur prend en charge l’intégralité des travaux, y compris ceux de l’article 606, et restitue le bien en bon état. C’est une clause contractuelle, pas une règle légale : elle se vérifie ligne par ligne avant de signer.
À quoi ça sert concrètement ?
Le démembrement n’est pas une niche fiscale mais une technique juridique. Ses effets fiscaux découlent d’une logique simple : celui qui ne perçoit rien n’est pas imposé, et celui qui reçoit une valeur partielle n’est taxé que sur cette fraction. Quatre usages en découlent.
Transmettre en ne taxant qu’une partie
Donner la nue-propriété d’un bien, c’est déclencher des droits de donation sur 50, 60 ou 70 % de sa valeur seulement, selon l’âge du donateur. L’usufruit conservé n’est jamais taxé : il s’éteint au décès sans droits de succession.
Pour qui : parents de 55 à 75 ans avec un patrimoine supérieur aux abattements.
Acheter un bien 30 à 45 % moins cher
Acquérir la seule nue-propriété d’un logement neuf, pour une durée fixée de 15 à 20 ans, permet d’entrer sur un emplacement autrement inaccessible, sans locataire, sans charge et sans impôt sur des loyers qu’on ne perçoit pas.
Pour qui : actifs fortement imposés, horizon de placement long.
Neutraliser la fiscalité des revenus
Un nu-propriétaire ne déclare rien. Pas de revenus fonciers, pas de prélèvements sociaux à 17,2 %, pas de taxe foncière. À tranche marginale élevée, l’économie annuelle dépasse souvent le rendement net d’une location classique.
Pour qui : TMI à 41 % ou 45 %, patrimoine déjà locatif.
Sortir de l’assiette IFI
Le bien démembré est déclaré à l’IFI par le seul usufruitier, pour sa valeur en pleine propriété. Le nu-propriétaire n’a rien à porter dans son patrimoine taxable pendant toute la durée du démembrement.
Pour qui : patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 M€.
Ces quatre effets ont un prix, toujours le même : le renoncement aux revenus et à l’usage, pendant une durée qui se compte en décennies. Le démembrement est un arbitrage entre revenu immédiat et capital futur, pas un tour de passe-passe fiscal.
Combien vaut l’usufruit, combien vaut la nue-propriété ?
La répartition de valeur entre les deux droits est fixée par l’article 669 du Code général des impôts. Ce barème est obligatoire pour liquider les droits de donation, de succession et les droits d’enregistrement. Il est inchangé depuis la loi de finances pour 2004 et n’a pas été modifié en 2026.
Usufruit viager : le barème par âge
Pour un usufruit qui s’éteindra au décès de son titulaire, la valeur dépend de l’âge révolu de l’usufruitier au jour de l’opération. Plus l’usufruitier est âgé, moins son usufruit vaut, et plus la nue-propriété transmise est importante.
| Âge de l’usufruitier | Valeur de l’usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans révolus | 90 % | 10 % |
| De 21 à 30 ans | 80 % | 20 % |
| De 31 à 40 ans | 70 % | 30 % |
| De 41 à 50 ans | 60 % | 40 % |
| De 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| De 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| De 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| De 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| À partir de 91 ans | 10 % | 90 % |
Source : article 669 I du Code général des impôts, barème en vigueur depuis la loi de finances pour 2004 et applicable en 2026.
Usufruit temporaire : 23 % par période de dix ans
Lorsque l’usufruit est consenti pour une durée fixe et non jusqu’au décès, l’âge de l’usufruitier n’entre plus en compte. L’article 669 II retient alors 23 % de la valeur en pleine propriété par période de dix ans, sans fractionnement.
La règle du non-fractionnement est presque toujours mal appliquée
« Sans fractionnement » signifie que toute période de dix ans commencée compte pour une période entière. Un usufruit de 12 ans est donc évalué comme un usufruit de 20 ans, soit 46 %, et non 27,6 %. Un usufruit de 15 ans vaut lui aussi 46 %, pas 34,5 %. C’est l’erreur de calcul la plus fréquente sur le sujet, y compris dans des simulateurs en ligne.
| Durée de l’usufruit | Périodes retenues | Usufruit | Nue-propriété |
|---|---|---|---|
| De 1 à 10 ans | 1 | 23 % | 77 % |
| De 11 à 20 ans | 2 | 46 % | 54 % |
| De 21 à 30 ans | 3 | 69 % | 31 % |
Une limite s’applique en toute hypothèse : la valeur de l’usufruit temporaire ne peut jamais dépasser celle qui résulterait du barème viager appliqué au même usufruitier. Un usufruit de 20 ans consenti à une personne de 85 ans est donc plafonné à 20 %, et non 46 %.
Valeur fiscale ou valeur économique : deux chiffres différents
Le barème de l’article 669 sert à calculer un impôt. Il ne dit pas ce que vaut réellement chaque droit, et il ne s’impose pas comme prix dans une transaction entre deux parties indépendantes. La valeur économique d’un usufruit, elle, se calcule en actualisant les loyers nets que l’usufruitier va percevoir pendant la durée du démembrement.
L’écart entre les deux méthodes est loin d’être anecdotique. Sur un démembrement temporaire de 15 ans, le barème fiscal valorise l’usufruit à 46 %, alors que les opérations d’investissement s’échangent avec une décote de nue-propriété de 35 à 40 %, soit un usufruit économique de 35 à 40 %. Sur une durée de 10 ans, c’est l’inverse : le barème retient 23 % quand la valeur économique se situe plutôt autour de 28 à 32 %.
Source : calcul ILA à partir de l’article 669 II du CGI et des décotes observées sur les programmes d’usufruit locatif commercialisés en 2026. Fourchettes indicatives, non garanties, variables selon la ville et la qualité de l’usufruitier.
Conséquence pratique : dans une opération entre parties indépendantes, le prix se négocie sur la valeur économique. Dans une opération intrafamiliale ou entre une personne et sa propre société, l’administration examine l’écart entre le prix retenu et la valeur économique réelle. Un usufruit surévalué au profit d’une société, ou sous-évalué au profit d’un enfant, constitue le terrain d’élection du redressement.
Dans quels cas utiliser le démembrement ?
Six situations reviennent en pratique. Elles n’ont ni le même objectif, ni le même profil d’investisseur, ni le même niveau de risque.
| Situation | Objectif poursuivi | Horizon | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Donation de la nue-propriété aux enfants | Réduire les droits de mutation | Viager | Faible |
| Achat en nue-propriété d’un logement neuf | Capitaliser sans fiscalité | 15 à 20 ans | Faible |
| Achat ou cession d’un usufruit temporaire | Générer du revenu ou de la charge déductible | 5 à 15 ans | Élevée |
| Usufruit du conjoint survivant | Protéger sans déshériter | Viager | Moyenne |
| Démembrement de parts de SCI ou de SCPI | Transmettre ou piloter les revenus | 5 à 20 ans | Moyenne |
| Sortie d’assiette IFI | Réduire l’impôt sur la fortune immobilière | Durée du démembrement | Moyenne |
Transmettre à ses enfants de son vivant
C’est l’usage le plus répandu et le plus solide juridiquement. Les parents donnent la nue-propriété de leur bien à leurs enfants et conservent l’usufruit : ils continuent d’habiter le logement ou d’en percevoir les loyers jusqu’à leur décès. Les droits de donation ne portent que sur la valeur de la nue-propriété, et au décès la pleine propriété se reconstitue sans aucun droit supplémentaire.
Exemple chiffré : un couple de 65 ans, deux enfants, un bien de 800 000 €
| Paramètre | Donation en pleine propriété | Donation de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Valeur transmise | 800 000 € | 480 000 € (60 % à 65 ans) |
| Part taxable par lien parent-enfant | 200 000 € | 120 000 € |
| Abattement applicable | 100 000 € | 100 000 € |
| Base taxable | 100 000 € | 20 000 € |
| Droits par lien | 18 194 € | 2 194 € |
| Droits totaux, 4 liens | 72 776 € | 8 776 € |
| Économie immédiate | 64 000 €, soit 88 % des droits | |
À cela s’ajoute l’effet le plus puissant du montage : au décès des parents, les 320 000 € d’usufruit se reconstituent chez les enfants sans aucune taxation, en application de l’article 1133 du CGI. La valorisation éventuelle du bien entre la donation et le décès échappe elle aussi aux droits de succession.
- Les droits de donation peuvent être acquittés par le donateur sans constituer une libéralité supplémentaire taxable, ce qui augmente encore la valeur nette transmise.
- L’abattement de 100 000 € par parent et par enfant se reconstitue tous les quinze ans : une donation à 60 ans laisse la place à une seconde à 75 ans.
- Une donation-partage fige la valeur des lots au jour de l’acte et évite les conflits de rapport au décès.
Une réforme est sur la table, sans texte à ce jour
Le Conseil des prélèvements obligatoires, dans son rapport du 1er décembre 2025, propose de taxer au décès la valeur de l’usufruit résiduel dans les donations en nue-propriété. Il s’agit d’une piste de réflexion consultative, non votée, et la loi de finances pour 2026 n’a rien modifié. Elle mérite néanmoins d’être connue avant d’arbitrer entre une donation en 2026 et une donation dans cinq ans.
Acheter en nue-propriété pour préparer sa retraite
Ici, le démembrement n’est pas familial mais contractuel. Un investisseur particulier achète la seule nue-propriété d’un logement neuf, tandis qu’un bailleur institutionnel, souvent un bailleur social agréé, acquiert l’usufruit temporaire pour une durée fixée, généralement de 15 à 20 ans. Pendant cette période, le bailleur loue le logement, encaisse les loyers et assume les charges. À l’échéance, l’usufruit s’éteint de plein droit et l’investisseur récupère un bien libre d’occupation.
Exemple chiffré : un T3 neuf affiché 300 000 €
Hypothèse d’un démembrement de 15 ans avec une décote de 38 %, soit un prix de nue-propriété de 186 000 €. Exemple volontairement simplifié, hors frais d’acquisition et hors financement.
| Scénario | Prix payé | Valeur à l’échéance | Rendement annualisé net d’impôt |
|---|---|---|---|
| Aucune revalorisation du marché | 186 000 € | 300 000 € | ≈ 3,2 %/an |
| Revalorisation de 1,5 %/an | 186 000 € | ≈ 375 000 € | ≈ 4,8 %/an |
| Baisse du marché de 1 %/an | 186 000 € | ≈ 258 000 € | ≈ 2,2 %/an |
Ces rendements sont nets de fiscalité, ce qui change tout dans la comparaison. Une location nue classique à 4,5 % brut, imposée à 41 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, retombe sous 2 % net une fois la taxe foncière et les charges déduites. C’est ce point de comparaison, et non la décote affichée, qui justifie ou non l’opération. Notre calculateur de rendement locatif détaille la méthode de calcul complète.
- Aucune gestion : pas de locataire, pas d’impayé, pas de vacance à supporter.
- Frais de notaire réduits : ils sont assis sur le prix de la nue-propriété, pas sur la valeur en pleine propriété.
- Intérêts d’emprunt déductibles sous conditions, lorsque l’usufruitier est un bailleur social et que l’investisseur dispose par ailleurs de revenus fonciers.
- Travaux déductibles du revenu global dans certaines configurations de démembrement successoral, voir notre guide déficit foncier 2026.
Les trois points à vérifier avant de signer
La solidité financière de l’usufruitier sur quinze ans, les clauses de restitution du bien en fin d’usufruit et l’état attendu à la remise, et surtout la cohérence du prix en pleine propriété affiché par l’opérateur avec le marché ancien du même quartier. Une décote de 40 % appliquée à un prix surévalué de 20 % ne représente plus qu’une décote réelle de 28 %. Les pièges de valorisation sont détaillés dans notre guide biens immobiliers à éviter à l’achat.
Acheter ou céder un usufruit temporaire
C’est le versant symétrique, beaucoup plus technique et beaucoup plus risqué. Acheter un usufruit temporaire, c’est acheter un flux de loyers sur une durée connue, à un prix très inférieur à celui du bien. Le rendement facial paraît élevé, mais le capital s’amortit intégralement : à l’échéance, le droit ne vaut plus rien.
L’opération a surtout un sens pour une société soumise à l’impôt sur les sociétés, qui peut amortir comptablement l’usufruit temporaire sur sa durée, puisque celle-ci est déterminée. Une société qui acquiert pour 150 000 € un usufruit de dix ans sur un bien de 500 000 € constate 15 000 € de charge annuelle qui viennent effacer une partie du résultat locatif.
Le piège de l’article 13, 5° du CGI
Depuis 2012, le produit de la première cession à titre onéreux d’un usufruit temporaire n’est pas imposé au régime des plus-values immobilières, mais dans la catégorie de revenus à laquelle se rattache le bien, le plus souvent les revenus fonciers. Autrement dit, un propriétaire qui vend l’usufruit temporaire de son immeuble à sa propre société est imposé immédiatement à sa tranche marginale, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, sur la totalité du prix encaissé. Des montages présentés comme des optimisations se retournent ainsi en imposition sèche dès la première année.
À cela s’ajoute le risque d’abus de droit. Lorsque l’opération intervient entre une personne et une société qu’elle contrôle, l’administration examine à la fois la valorisation retenue et la réalité économique du montage. Un usufruit surévalué pour maximiser l’amortissement, ou dépourvu de toute justification autre que fiscale, expose à la procédure de l’abus de droit et à ses majorations. Ce cas d’usage relève de l’accompagnement par un avocat fiscaliste, pas d’une décision prise seul.
Protéger le conjoint survivant
Le démembrement est parfois subi plutôt que choisi. Au décès, en présence d’enfants communs, le conjoint survivant peut opter pour l’usufruit de la totalité de la succession : il conserve le logement et les revenus du patrimoine, tandis que les enfants reçoivent la nue-propriété. La solution protège le survivant sans priver les enfants de leurs droits, et l’usufruit du conjoint s’éteint à son décès sans nouvelle taxation.
Ce démembrement légal bénéficie d’un traitement fiscal spécifique : lorsque l’usufruit résulte de l’article 757 du Code civil, l’IFI est réparti entre usufruitier et nu-propriétaire selon le barème de l’article 669, au lieu d’être supporté en totalité par l’usufruitier.
Le quasi-usufruit et la réforme de 2024
Lorsque l’usufruit porte sur une somme d’argent, il devient un quasi-usufruit : l’usufruitier peut dépenser les fonds, à charge d’en restituer l’équivalent au nu-propriétaire à l’extinction. Cette dette de restitution venait historiquement réduire l’actif successoral taxable.
Article 774 bis du CGI : une stratégie neutralisée
Depuis la loi de finances pour 2024, la dette de restitution portant sur une somme d’argent dont le défunt s’était réservé l’usufruit n’est plus déductible de l’actif successoral. Le texte s’applique aux successions ouvertes depuis le 29 décembre 2023, quelle que soit la date de la donation initiale, ce qui touche des montages constitués dix ans plus tôt. Restent hors du champ le quasi-usufruit légal du conjoint survivant issu des articles 757 et 1094-1 du Code civil, les avantages matrimoniaux, et, sous réserve de justification, les dettes nées du prix de cession d’un bien démembré.
Deux conséquences pratiques. D’abord, toute donation de somme d’argent avec réserve d’usufruit réalisée avant 2024 mérite d’être réexaminée. Ensuite, une convention de quasi-usufruit ayant date certaine, par acte notarié ou acte enregistré, reste indispensable : la Cour de cassation a jugé le 27 novembre 2024 que la simple mention du montant dans la déclaration de succession ne suffit pas à établir le caractère certain de la dette.
Démembrer des parts de SCI ou de SCPI
Le démembrement ne porte pas nécessairement sur un immeuble. Il peut porter sur les parts d’une société civile immobilière ou d’une SCPI, ce qui ouvre deux usages distincts.
La SCI démembrée, outil de transmission
Les parents constituent une SCI, y logent le bien, puis donnent la nue-propriété des parts aux enfants en conservant l’usufruit et la gérance. Ils gardent le pouvoir de décision et les revenus, les enfants reçoivent une valeur décotée, et les statuts organisent les règles de vote entre usufruitier et nu-propriétaire. La donation porte sur des parts sociales, plus faciles à fractionner qu’un immeuble, ce qui permet des donations successives tous les quinze ans.
La SCPI en nue-propriété, version accessible
Le même mécanisme existe sur les parts de SCPI, avec des clés de répartition proposées par les sociétés de gestion pour des durées de 5, 8, 10, 15 ou 20 ans. Le ticket d’entrée se compte en milliers d’euros, le risque est mutualisé sur un portefeuille d’immeubles, et le nu-propriétaire ne déclare ni revenus ni IFI pendant la période.
| Durée | Prix de la nue-propriété | Décote | Usage typique |
|---|---|---|---|
| 5 ans | ≈ 82 % | ≈ 18 % | Placement de trésorerie longue |
| 10 ans | ≈ 68 % | ≈ 32 % | Horizon de projet identifié |
| 15 ans | ≈ 58 % | ≈ 42 % | Préparation de la retraite |
| 20 ans | ≈ 50 % | ≈ 50 % | Transmission et capitalisation longue |
Les clés diffèrent d’une société de gestion à l’autre et ne suivent pas le barème fiscal. Elles se comparent entre elles, et se rapportent toujours au rendement de la SCPI concernée : une décote généreuse sur une SCPI au rendement médiocre reste une mauvaise opération.
Sortir un bien de l’assiette IFI
L’article 968 du CGI pose le principe : un bien démembré est déclaré à l’IFI par le seul usufruitier, pour sa valeur en pleine propriété. Le nu-propriétaire n’a rien à porter dans son patrimoine taxable, quelle que soit la valeur de son droit.
Pour un contribuable proche du seuil de 1,3 M€, acquérir en nue-propriété plutôt qu’en pleine propriété évite d’alourdir l’assiette. Pour des parents déjà redevables, donner la nue-propriété à leurs enfants ne change rien à leur propre situation puisqu’ils restent usufruitiers et taxés sur la valeur totale, mais évite de faire entrer les enfants dans l’impôt.
Trois exceptions où l’IFI est réparti
L’article 968 prévoit une imposition partagée entre usufruitier et nu-propriétaire, selon le barème de l’article 669, dans trois cas : l’usufruit légal du conjoint survivant issu de l’article 757 du Code civil, la vente d’un bien avec réserve d’usufruit au profit de l’État ou de certaines collectivités, et la donation ou le legs à l’État, aux départements, aux communes ou à certaines associations reconnues d’utilité publique. Hors de ces trois cas, l’usufruitier supporte seul l’impôt.
Les cas où le démembrement ne sert à rien
Un guide honnête doit aussi dire quand la technique n’apporte pas d’avantage. Le démembrement est inutile, voire contre-productif, dans les situations suivantes.
- Patrimoine inférieur aux abattements : un bien de 300 000 € transmis à deux enfants par deux parents entre déjà dans les 400 000 € d’abattements disponibles. Le démembrement ajoute de la complexité pour zéro euro d’économie.
- Besoin de revenus complémentaires : un nu-propriétaire ne perçoit rien pendant quinze à vingt ans. Le montage est incompatible avec un objectif de complément de revenu immédiat.
- Horizon court ou incertain : mobilité professionnelle, projet d’expatriation, besoin de liquidité à cinq ans. La nue-propriété se revend, mais sur un marché secondaire étroit et avec décote.
- Achat de la résidence principale : on ne démembre pas un logement qu’on veut occuper soi-même.
- Donateur trop jeune : à 50 ans, la nue-propriété vaut déjà 50 % du bien. L’avantage fiscal du démembrement croît avec l’âge du donateur, tout en se heurtant à l’espérance de vie.
- Recherche d’un effet de levier locatif : sans loyer, le financement bancaire repose sur les seuls revenus de l’emprunteur. Pour un projet à effet de levier, comparer avec le statut LMNP ou les dispositifs d’amortissement comme la loi Jeanbrun.
Le bon réflexe de comparaison
Avant de retenir un achat en nue-propriété, chiffrer systématiquement les deux alternatives sur la même durée et après impôt : la location nue classique et la location meublée au réel. Sur les marchés tendus où le loyer est encadré, comme à Lyon, l’écart net penche souvent en faveur de la nue-propriété. Sur un marché à fort rendement, c’est l’inverse.
Comment ça se termine et ce que ça coûte à la revente
L’extinction, le scénario normal
À l’échéance du terme ou au décès de l’usufruitier, l’usufruit s’éteint automatiquement. Le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans acte, sans formalité et sans droits de mutation, en application de l’article 1133 du CGI. C’est la mécanique qui donne toute sa valeur au montage : la reconstitution de la pleine propriété n’est pas un transfert taxable.
La vente pendant le démembrement
Chacun peut céder son propre droit seul, mais la vente du bien en pleine propriété exige l’accord de l’usufruitier et du nu-propriétaire. Le prix est ensuite réparti selon la valeur de chaque droit, sauf convention de report de l’usufruit sur le prix, qui crée alors un quasi-usufruit et fait entrer l’opération dans le champ de vigilance de l’article 774 bis.
La plus-value après extinction
Point technique décisif et souvent ignoré. En principe, un usufruit acquis par voie d’extinction a un prix d’acquisition nul, ce qui gonflerait artificiellement la plus-value taxable à la revente. L’administration admet toutefois de retenir la valeur vénale de la pleine propriété à la date d’entrée de la nue-propriété dans le patrimoine du cédant. Le délai de détention, lui, se décompte à partir de l’acquisition de la nue-propriété, et non de la date d’extinction de l’usufruit.
Un enfant ayant reçu la nue-propriété d’un bien valorisé 400 000 € en pleine propriété lors de la donation, et qui revend 520 000 € après le décès du parent, calcule donc sa plus-value sur un écart de 120 000 €, et non sur la seule valeur de la nue-propriété reçue. L’abattement pour durée de détention court par ailleurs depuis la donation initiale, ce qui accélère considérablement l’exonération.
Les pièges et les erreurs à éviter
- appliquer le barème au prorata sur un usufruit temporaire, alors que toute période de dix ans entamée compte en entier ;
- confondre valeur fiscale de l’article 669 et valeur économique négociée entre les parties ;
- omettre de rédiger une convention de démembrement réglant les travaux, l’assurance et la revente ;
- donner la nue-propriété moins de trois mois avant le décès, l’article 751 du CGI présumant alors le bien détenu en pleine propriété par le défunt ;
- céder l’usufruit temporaire de son immeuble à sa propre société sans mesurer l’imposition immédiate de l’article 13, 5° du CGI ;
- maintenir un ancien montage de donation de liquidités avec réserve d’usufruit sans le réexaminer au regard de l’article 774 bis ;
- acheter une nue-propriété sans vérifier le prix de référence en pleine propriété sur le marché ancien du quartier ;
- négliger la solidité financière de l’usufruitier bailleur sur un engagement de quinze à vingt ans ;
- oublier que le nu-propriétaire supporte les gros travaux dans un démembrement familial classique ;
- surestimer la liquidité de la nue-propriété sur le marché secondaire ;
- raisonner sur la décote affichée plutôt que sur le rendement annualisé net d’impôt ;
- signer un montage intrafamilial dont la seule justification est fiscale, à l’heure du dispositif de l’abus de droit à but principalement fiscal.
La méthode pour décider
- Écrire l’objectif réel : transmettre, capitaliser, percevoir un revenu ou réduire l’IFI. Un seul objectif principal.
- Vérifier si les abattements disponibles suffisent déjà à couvrir la transmission envisagée.
- Déterminer la nature du démembrement : viager ou temporaire, et sur quelle durée.
- Appliquer le barème de l’article 669 pour connaître la valeur fiscale de chaque droit.
- Calculer séparément la valeur économique, par actualisation des loyers nets sur la période.
- Comparer les deux et identifier lequel des deux droits est avantagé par l’écart.
- Chiffrer les droits de mutation ou les frais d’acquisition sur cette base.
- Modéliser le rendement annualisé net d’impôt sur toute la durée, pas la décote affichée.
- Comparer au scénario alternatif : location nue, location meublée, dispositif d’amortissement.
- Vérifier les charges : travaux, taxe foncière, assurance, charges de copropriété.
- Rédiger la convention de démembrement avant la signature, pas après.
- Simuler la sortie : extinction, revente anticipée, plus-value, décès prématuré.
- Faire valider le montage par un notaire et, pour les schémas impliquant une société, par un avocat fiscaliste.
Vous étudiez un achat en nue-propriété ou une donation démembrée et vous voulez un avis avant de signer ?
Certains liens du site sont partenaires. ILA perçoit une commission ; elle ne modifie ni les avis ni les recommandations.
Lexique
- Usufruit
- Droit réel d’utiliser un bien et d’en percevoir les revenus sans en être propriétaire, à charge d’en conserver la substance (art. 578 du Code civil).
- Nue-propriété
- Droit de disposer d’un bien sans pouvoir l’utiliser ni en percevoir les fruits tant que l’usufruit dure. Le nu-propriétaire peut vendre ou donner son droit seul.
- Quasi-usufruit
- Usufruit portant sur un bien consomptible, une somme d’argent le plus souvent. L’usufruitier peut en disposer librement à charge de restituer l’équivalent (art. 587 du Code civil).
- Démembrement temporaire
- Démembrement dont le terme est fixé par une durée déterminée et non par le décès de l’usufruitier. Valorisé à 23 % par période de dix ans entamée.
- Clé de répartition
- Pourcentage de partage de la valeur entre usufruit et nue-propriété retenu par un opérateur ou une société de gestion, distinct du barème fiscal.
- Usufruit locatif social
- Montage dans lequel un bailleur social détient l’usufruit temporaire d’un logement neuf, pour une durée minimale de quinze ans, et le loue sous conditions de ressources.
- Dette de restitution
- Obligation de l’usufruitier de rendre au nu-propriétaire l’équivalent des sommes consommées dans un quasi-usufruit. Sa déductibilité est encadrée par l’article 774 bis du CGI.
- Réunion de l’usufruit
- Reconstitution automatique de la pleine propriété chez le nu-propriétaire à l’extinction de l’usufruit, sans droits ni formalité (art. 1133 du CGI).
Questions fréquentes sur le démembrement de propriété
C’est quoi le démembrement de propriété en une phrase ?
C’est la division de la pleine propriété d’un bien en deux droits distincts : l’usufruit, qui donne le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus, et la nue-propriété, qui donne la qualité de propriétaire sans la jouissance jusqu’à l’extinction de l’usufruit.
À quoi sert le démembrement de propriété ?
À trois choses principalement : transmettre un patrimoine en ne taxant qu’une fraction de sa valeur, acheter un bien avec une décote de 30 à 45 % sans fiscalité sur des revenus non perçus, et sortir un bien de l’assiette IFI du nu-propriétaire pendant toute la durée du démembrement.
Qui paie la taxe foncière sur un bien démembré ?
L’usufruitier, en application de l’article 1400 II du Code général des impôts. Il supporte également les charges d’entretien courant, tandis que les gros travaux touchant à la structure du bien incombent au nu-propriétaire (art. 606 du Code civil).
Comment calcule-t-on la valeur de la nue-propriété ?
Pour un usufruit viager, en appliquant le barème de l’article 669 du CGI selon l’âge de l’usufruitier : la nue-propriété vaut 60 % de la valeur du bien si l’usufruitier a entre 61 et 70 ans, 70 % s’il a entre 71 et 80 ans. Pour un usufruit temporaire, l’usufruit vaut 23 % par période de dix ans entamée, soit 46 % pour une durée de 11 à 20 ans.
Un usufruit de 15 ans vaut-il 34,5 % de la valeur du bien ?
Non. La règle de l’article 669 II s’applique par période de dix ans sans fractionnement : toute période entamée compte pour une période entière. Un usufruit de 15 ans est donc valorisé comme un usufruit de 20 ans, soit 46 %, et la nue-propriété à 54 %.
Le nu-propriétaire paie-t-il des impôts pendant le démembrement ?
Il ne déclare aucun revenu foncier, ne supporte ni prélèvements sociaux sur les loyers ni taxe foncière, et n’intègre pas le bien dans son assiette IFI. Il reste en revanche redevable des gros travaux, sauf clause contraire prévue par l’acte ou par une convention de démembrement.
Que se passe-t-il à la fin du démembrement ?
L’usufruit s’éteint automatiquement au terme fixé ou au décès de l’usufruitier, et le nu-propriétaire devient plein propriétaire sans acte, sans formalité et sans droits de mutation, en application de l’article 1133 du CGI.
Peut-on vendre un bien démembré ?
Chacun peut céder son propre droit seul, usufruit ou nue-propriété. En revanche, la vente du bien en pleine propriété suppose l’accord des deux titulaires : le juge ne peut pas autoriser la vente si le nu-propriétaire s’y oppose.
Le démembrement permet-il vraiment d’échapper à l’IFI ?
Pour le nu-propriétaire, oui : l’article 968 du CGI met l’impôt à la charge du seul usufruitier, sur la valeur du bien en pleine propriété. Trois exceptions prévoient une répartition selon le barème, dont l’usufruit légal du conjoint survivant issu de l’article 757 du Code civil.
Le barème de l’article 669 va-t-il changer ?
Il est inchangé depuis la loi de finances pour 2004 et n’a pas été modifié par la loi de finances pour 2026. Le Conseil des prélèvements obligatoires a proposé, dans son rapport du 1er décembre 2025, de taxer au décès la valeur de l’usufruit résiduel des donations en nue-propriété. Il s’agit d’une piste consultative, sans traduction législative à ce jour.
Faut-il un notaire pour démembrer un bien immobilier ?
Oui. Sur un immeuble, le démembrement suppose un acte notarié publié au service de publicité foncière. Pour des parts de société ou de SCPI, l’acte notarié n’est pas systématiquement requis, mais une convention ayant date certaine reste vivement recommandée.
Auteur et méthodologie
Comment ce guide a été établi
- Chaque règle fiscale est rattachée à son article de référence, vérifiable sur Légifrance ou au BOFiP.
- Les exemples chiffrés sont des calculs ILA à partir des barèmes légaux, sur des hypothèses simplifiées et explicitées.
- Les fourchettes de marché sont présentées comme telles, sans être transformées en promesse de rendement.
- Les points de doctrine en cours de stabilisation sont signalés comme tels plutôt que tranchés.
- La page est revue à chaque loi de finances et à chaque évolution de doctrine significative.
Sources
- Légifrance, article 669 du Code général des impôts ;
- Légifrance, articles 578 et suivants du Code civil, de l’usufruit ;
- BOFiP, prix d’acquisition et plus-value des biens démembrés ;
- Service-Public.fr, donation et droits de mutation à titre gratuit ;
- ANIL, information sur le logement et les montages en démembrement ;
- Conseil des prélèvements obligatoires, rapport du 1er décembre 2025 sur la fiscalité des transmissions ;
- Décotes observées sur les programmes d’usufruit locatif et les clés de démembrement SCPI commercialisés en 2026 (sources opérateurs, citées en texte).
Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni un conseil fiscal ou patrimonial personnalisé. Les exemples présentés sont des calculs ILA sur des hypothèses volontairement simplifiées, hors frais d’acquisition, hors financement et hors situation personnelle. Le démembrement engage sur des durées longues et comporte un risque de perte en capital. Faites valider votre montage par un notaire et, le cas échéant, par un avocat fiscaliste avant tout engagement.
