Financement

Taux d’endettement pour un investissement locatif : calcul, règles et simulateur

Depuis 2022, toutes les banques calculent le taux d’endettement d’un investisseur de la même façon : 35 % maximum, assurance comprise, avec 70 % des loyers ajoutés aux revenus. Méthode, exemples chiffrés, cas des loyers existants et calculateur.

Mis à jour le 30 septembre 202611 min de lecturePar Gaultier Garde
Sommaire
  1. La formule de calcul
  2. Calculateur
  3. Classique ou différentiel
  4. Quels loyers comptent
  5. Cas particuliers
  6. Faire baisser son taux
  7. Dépasser 35 %
  8. Lexique
  9. FAQ

Le taux d’endettement d’un investissement locatif se calcule ainsi : total des mensualités de crédit, assurance comprise, divisé par les revenus nets plus 70 % des loyers. Il ne doit pas dépasser 35 % (norme HCSF). Exemple : 3 200 € de revenus, un prêt de 150 000 € sur 25 ans à 3,40 % et 750 € de loyer donnent 20,8 %.

35 %
Plafond de taux d’effort, assurance comprise
70 %
Part des loyers ajoutée aux revenus
2022
Fin du calcul différentiel dans les banques
5,29 %
Taux d’usure 20 ans et plus, 1er juillet 2026
Méthode

Comment calculer le taux d’endettement d’un investisseur

Taux d’endettement = (mensualités de tous les crédits, assurance comprise) ÷ (revenus nets mensuels + 70 % des loyers perçus et attendus) × 100. C’est la méthode dite classique, imposée de fait par le HCSF depuis le 1er janvier 2022. Le résultat doit rester sous 35 %.

  1. Additionnez les mensualités. Tous vos crédits en cours et le nouveau prêt, assurance emprunteur comprise.
  2. Calculez les revenus retenus. Revenus nets avant impôt plus 70 % des loyers (existants et futurs).
  3. Divisez les mensualités par les revenus retenus.
  4. Comparez à 35 %. Au-delà, le dossier ne peut passer que dans la marge de dérogation.

Exemple : premier investissement, aucun crédit en cours

Revenus nets mensuels3 200 €
Loyer attendu (750 € × 70 %)525 €
Revenus retenus3 725 €
Mensualité 150 000 € sur 25 ans à 3,40 %, assurance 0,25 %774 €
Taux d’endettement20,8 %

Même projet avec un crédit de résidence principale de 950 €

Mensualités totales1 724 €
Revenus retenus3 725 €
Taux d’endettement46,3 %

Dans le second cas, le dossier dépasse 35 % : il faudrait emprunter moins, trouver un bien plus rentable ou augmenter les revenus du foyer (investir à deux).

Outil

Calculateur de taux d’endettement pour investissement locatif

Renseignez vos revenus, vos crédits en cours et votre projet : le calculateur applique la méthode HCSF (loyers à 70 %), affiche votre taux d’effort, la marge restante avant 35 % et le montant maximum empruntable pour ce projet.

Vos revenus et charges
Avant impôt, primes régulières lissées sur 12 mois.
Résidence principale, auto, consommation, assurance comprise.
Votre nouveau projet
0 €
Mensualité du nouveau prêt, assurance comprise
0 %
Taux d’effort après projet (norme HCSF : 35 %)
0 €
Marge mensuelle avant d’atteindre 35 %
0 €
Montant maximum empruntable pour ce projet

Méthode HCSF : (crédits en cours + nouvelle mensualité) ÷ (revenus + 70 % des loyers). Résultat indicatif, qui ne vaut pas accord de financement.

Votre taux dépasse 35 % ?

Nous vous orientons vers un acteur qui restructure le projet (prix, durée, bien plus rentable) pour le rendre finançable.

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Historique

Méthode classique contre méthode différentielle

La méthode différentielle ne retenait que le solde entre mensualité et 70 % du loyer, ce qui affichait un taux bien plus bas (7,8 % dans notre exemple, contre 20,8 % en méthode classique). Les banques françaises l’ont abandonnée au 1er janvier 2022 pour appliquer la norme HCSF de façon homogène.

Comparaison des deux méthodes sur l’exemple : 3 200 € de revenus, prêt de 150 000 €, loyer de 750 €
MéthodeFormuleRésultatStatut
Classique (HCSF)Mensualités ÷ (revenus + 70 % des loyers)20,8 %Appliquée
Différentielle(Mensualités moins 70 % des loyers) ÷ revenus7,8 %Abandonnée en 2022

L’écart grandit avec le nombre de biens. Un investisseur qui possède déjà trois appartements voit ses loyers ajoutés à ses revenus, mais aussi toutes ses mensualités ajoutées aux charges : en méthode classique, son taux d’effort tend mécaniquement vers le rapport entre mensualités et loyers, même si chaque bien s’autofinance. C’est la principale raison pour laquelle il est devenu difficile d’enchaîner les acquisitions à crédit.

Solution des investisseurs multi-biens : l’apport massif, la société (SCI à l’impôt sur les sociétés, analysée par certaines banques sur ses propres comptes) ou le rachat de crédits pour allonger des prêts existants. Voir SCI ou nom propre et notre comparatif des organismes de rachat de crédits.

Revenus locatifs

Quels loyers la banque prend-elle en compte ?

La banque retient en général 70 % des loyers : loyers existants justifiés par vos avis d’imposition (revenus fonciers ou BIC) et loyer futur du bien, justifié par un bail en cours ou une estimation d’agence. Certaines banques retiennent 80 % pour un bail commercial en résidence gérée.

Justificatifs des loyers retenus par les banques
SituationJustificatif demandéPart retenue
Loyers déjà perçusDeux derniers avis d’imposition, déclaration 2044 ou liasse LMNP, baux en cours70 % en général
Bien acheté déjà louéBail en cours et quittances récentes70 % en général
Bien vide à louerEstimation de loyer d’une agence ou attestation de valeur locative70 %, parfois moins
Résidence gérée (bail commercial)Bail commercial signé avec le gestionnaire70 à 80 % selon la banque

Un bien acheté déjà loué a un avantage ici : le loyer est prouvé par un bail et des quittances, sans estimation. Pour une résidence étudiante, le bail commercial rassure aussi, sous réserve de la solidité du gestionnaire.

Situations

Indépendants, LMNP, SCI : les cas particuliers

Pour un indépendant, la banque retient en général la moyenne des revenus des deux ou trois derniers exercices. Pour un LMNP, elle regarde les loyers encaissés plutôt que le résultat fiscal, souvent nul grâce à l’amortissement. Pour une SCI, les revenus et crédits des associés entrent dans leur propre taux d’effort.

Revenus retenus selon la situation de l’emprunteur
SituationRevenus retenusPoint d’attention
Salarié en CDISalaire net avant impôt, primes régulières lisséesHors période d’essai
CDD, intérimMoyenne des revenus sur 2 à 3 ans si continuitéDossier jugé au cas par cas
Indépendant, profession libéraleMoyenne des bénéfices des 2 ou 3 derniers exercicesBilans complets exigés
Loueur en meublé (LMNP)Loyers encaissés, pondérés à 70 %Le résultat fiscal nul ne pénalise pas le dossier
Associé de SCI à l’impôt sur le revenuQuote-part des loyers et des mensualitésToutes les SCI du foyer sont consolidées
RetraitéPensions nettesÂge en fin de prêt et coût de l’assurance
Leviers

Comment faire baisser son taux d’endettement

Pour faire baisser son taux d’endettement, on peut allonger la durée à 25 ans, emprunter moins grâce à un apport, choisir un bien au loyer élevé par rapport au prix, solder ou regrouper les crédits à la consommation et réduire le coût de l’assurance emprunteur, incluse dans les 35 %.

Effet des leviers sur l’exemple de départ (taux initial 20,8 %)
LevierNouveau tauxGain
Durée 25 ans au lieu de 2020,8 %Déjà intégré dans l’exemple
Apport de 20 000 €18,0 %2,8 % de moins
Loyer de 850 € au lieu de 750 €20,4 %0,4 % de moins
Assurance à 0,10 % au lieu de 0,25 %20,3 %0,5 % de moins

Le levier le plus puissant reste le choix du bien : un loyer élevé par rapport au prix améliore à la fois la rentabilité et le taux d’effort. Pour savoir ce que votre salaire permet de financer, consultez notre tableau combien gagner pour investir dans l’immobilier.

Dérogations

Peut-on dépasser 35 % pour un investissement locatif ?

Oui, mais rarement. Chaque banque peut dépasser la norme pour 20 % de sa production trimestrielle, dont au moins 70 % doivent financer une résidence principale. Il reste donc environ 6 % des dossiers pour l’investissement locatif, réservés aux emprunteurs à hauts revenus, à patrimoine important ou à fort reste à vivre.

  • Profils éligibles en pratique : revenus élevés, reste à vivre confortable, patrimoine financier placé dans la banque, projet qui s’autofinance.
  • La durée ne se négocie pas : au-delà de 25 ans (27 ans avec différé de travaux ou VEFA), le dossier consomme lui aussi la marge de dérogation.
  • Le courtier aide à cibler la banque qui dispose encore de marge sur le trimestre. Voir notre comparatif des courtiers.
Lexique

Lexique du taux d’endettement

Taux d’endettement
Rapport entre les mensualités de crédit, assurance comprise, et les revenus retenus par la banque. Aussi appelé taux d’effort.
Méthode classique
Calcul qui ajoute 70 % des loyers aux revenus et toutes les mensualités aux charges. Méthode appliquée depuis 2022.
Méthode différentielle
Ancien calcul qui ne retenait que le solde entre mensualités et loyers pondérés. Abandonné par les banques en 2022.
Marge de dérogation
Part de 20 % de la production de crédit qui peut dépasser les normes HCSF, dont au moins 70 % pour la résidence principale.
Capacité d’emprunt
Montant maximum qu’un foyer peut emprunter en respectant 35 % de taux d’effort sur 25 ans maximum.
Assurance emprunteur
Assurance décès et invalidité exigée par la banque. Son coût est inclus dans le calcul des 35 %.
Étude gratuite

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FAQ

Questions fréquentes

Comment calculer son taux d’endettement pour un investissement locatif ?

Additionnez toutes vos mensualités de crédit, assurance comprise, y compris le nouveau prêt. Divisez par vos revenus nets mensuels augmentés de 70 % des loyers perçus et attendus. Multipliez par 100 : le résultat doit rester sous 35 %.

Les banques utilisent-elles encore le taux d’endettement différentiel ?

Non. Depuis le 1er janvier 2022, les banques françaises appliquent la méthode classique pour respecter la norme HCSF : 70 % des loyers sont ajoutés aux revenus et toutes les mensualités aux charges. Le différentiel ne sert plus qu’à titre indicatif.

Quel pourcentage des loyers est pris en compte par la banque ?

En général 70 % du loyer hors charges. Certaines banques retiennent jusqu’à 80 % pour un bail commercial en résidence gérée, d’autres moins pour un bien vide dont le loyer n’est qu’estimé.

Peut-on dépasser 35 % d’endettement pour un investissement locatif ?

C’est possible dans la marge de dérogation de 20 % dont dispose chaque banque, mais au moins 70 % de cette marge est réservée à la résidence principale. Les dérogations pour l’investissement locatif vont surtout aux hauts revenus et aux patrimoines importants.

L’assurance emprunteur est-elle incluse dans le taux d’endettement ?

Oui. Depuis la norme HCSF, le taux d’effort de 35 % s’entend assurance emprunteur comprise. Une délégation d’assurance moins chère réduit donc directement votre taux d’endettement.

Quel taux d’endettement pour un deuxième investissement locatif ?

La règle reste 35 %, mais toutes les mensualités existantes s’ajoutent. Même si le premier bien s’autofinance, son crédit pèse sur le calcul car seuls 70 % de son loyer comptent en revenus.

Pour aller plus loin

Sources

Contenu informatif, qui ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement personnalisé. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur au 30 septembre 2026 et peuvent évoluer avec la loi de finances. Tout investissement immobilier comporte un risque de perte en capital.

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