Financement

Combien faut-il gagner pour investir dans l’immobilier ?

Il n’existe pas de salaire minimum légal pour investir. La vraie limite est le taux d’endettement de 35 % fixé par le HCSF, calculé avec 70 % des loyers futurs. Voici les revenus nécessaires budget par budget, et les leviers pour emprunter plus.

Mis à jour le 30 septembre 202612 min de lecturePar Gaultier Garde
Sommaire
  1. La règle des 35 %
  2. Revenus minimum par budget
  3. Avec un crédit en cours
  4. Exemples par profil
  5. Ce que regarde la banque
  6. Emprunter plus
  7. Erreurs à éviter
  8. Lexique
  9. FAQ

Pour investir dans l’immobilier locatif, il faut surtout respecter un taux d’endettement de 35 % maximum, assurance comprise. Avec un crédit sur 25 ans à 3,40 % et un loyer égal à 6 % brut du prix, un célibataire sans crédit peut financer un bien de 100 000 € avec environ 1 120 € nets par mois, et un bien de 200 000 € avec environ 2 250 €. Un crédit de résidence principale en cours relève fortement ce seuil.

35 %
Taux d’endettement maximum, assurance comprise (HCSF)
25 ans
Durée maximale du prêt, 27 ans avec différé
70 %
Part des loyers futurs retenue par les banques
3,30 %
Taux moyen des nouveaux crédits habitat, juillet 2026 (Banque de France)
Le cadre

Pas de salaire minimum, mais une règle des 35 %

Aucune loi ne fixe un salaire minimum pour investir. Depuis le 1er janvier 2022, les banques doivent limiter le taux d’effort à 35 % des revenus, assurance comprise, sur 25 ans maximum. Elles peuvent déroger pour 20 % de leur production, dont au moins 70 % réservés à l’achat d’une résidence principale.

La question « combien faut-il gagner pour investir dans l’immobilier » se ramène donc à une autre : quelle mensualité pouvez-vous porter sans dépasser 35 % de vos revenus ? Cette norme, fixée par la décision D-HCSF-2021-7 du Haut Conseil de stabilité financière, est juridiquement contraignante pour les banques. Le HCSF l’a maintenue sans assouplissement en 2026.

Pour un investisseur, deux détails changent tout :

  • Les loyers futurs comptent comme un revenu, mais seulement à 70 % en général. La banque retient une décote de 30 % pour couvrir la vacance, les impayés et les charges.
  • La marge de dérogation profite peu aux investisseurs. Sur les 20 % de dossiers qui peuvent dépasser 35 %, au moins 70 % doivent financer une résidence principale. Il reste au mieux 6 % de la production pour l’investissement locatif, réservés aux profils les plus solides.

Le calcul différentiel, qui permettait de ne retenir que le solde entre loyers et mensualité, n’est plus utilisé par les banques françaises depuis 2022. Nous détaillons les deux méthodes dans notre guide du taux d’endettement en investissement locatif.

La formule à retenir : revenu net mensuel minimum = total des mensualités ÷ 0,35 moins 70 % du loyer mensuel du bien. Les mensualités incluent l’assurance emprunteur et tous vos crédits en cours.

Le tableau

Revenu minimum selon le prix du bien

Sur 25 ans à 3,40 % hors assurance, il faut environ 1 210 € nets par mois pour un bien de 100 000 € rapportant 4,5 % brut, et 1 120 € s’il rapporte 6 %. Pour 200 000 €, comptez 2 420 € à 2 250 € selon le rendement, sans autre crédit.

Le tableau suppose que vous financez le prix du bien par le crédit et les frais de notaire par votre apport, que vous n’avez aucun autre crédit et que vous êtes locataire ou hébergé. Le rendement brut change le résultat, car plus le loyer est élevé, plus la part retenue par la banque allège votre taux d’effort.

Revenu net mensuel minimum pour un taux d’effort de 35 %, prêt sur 25 ans, hypothèses ILA septembre 2026
Prix financéMensualitéLoyer à 4,5 %Revenu min. (4,5 %)Loyer à 6 %Revenu min. (6 %)
80 000 €413 €300 €970 €400 €900 €
100 000 €516 €375 €1 210 €500 €1 120 €
150 000 €774 €562 €1 820 €750 €1 690 €
200 000 €1 032 €750 €2 420 €1 000 €2 250 €
250 000 €1 290 €938 €3 030 €1 250 €2 810 €
300 000 €1 548 €1 125 €3 640 €1 500 €3 370 €

Hypothèses : taux 3,40 % hors assurance (le taux moyen des nouveaux crédits habitat était de 3,30 % en juillet 2026 selon la Banque de France ; un investisseur paie souvent un peu plus), assurance 0,25 % du capital par an, 70 % du loyer retenu. Calcul ILA.

Durée courte, revenu plus élevé : sur 20 ans, la mensualité grimpe d’environ 15 % et le seuil de revenu avec elle.

Effet de la durée du prêt sur le revenu minimum, rendement brut de 6 %
Prix financéMensualité 20 ansRevenu min. 20 ansMensualité 25 ansRevenu min. 25 ans
100 000 €596 €1 350 €516 €1 120 €
150 000 €894 €2 030 €774 €1 690 €
200 000 €1 191 €2 700 €1 032 €2 250 €

À savoir : ces seuils sont des minimums réglementaires. La banque regarde aussi votre reste à vivre, votre épargne et la stabilité de vos revenus. Pour choisir la durée, voir notre guide quelle durée de crédit choisir.

Déjà propriétaire

Si vous remboursez déjà votre résidence principale

Un crédit en cours s’ajoute à la mensualité du nouveau prêt. Avec 1 200 € de crédit de résidence principale, il faut environ 5 120 € nets par mois pour financer en plus un bien de 150 000 € rapportant 6 % brut, contre 1 690 € sans crédit.

C’est la situation la plus fréquente, et celle où le taux d’effort bloque le plus vite. Le crédit de votre résidence principale ne génère aucun revenu : il consomme toute la marge des 35 %.

Revenu net mensuel minimum avec un crédit de résidence principale en cours, prêt locatif sur 25 ans, rendement brut de 6 %
Prix financéMensualité locativeCrédit RP de 800 €Crédit RP de 1 200 €
80 000 €413 €3 190 €4 330 €
100 000 €516 €3 410 €4 550 €
150 000 €774 €3 970 €5 120 €
200 000 €1 032 €4 530 €5 680 €
250 000 €1 290 €5 100 €6 240 €
300 000 €1 548 €5 660 €6 800 €

Deux conséquences pratiques. D’abord, il est souvent plus facile d’investir avant d’acheter sa résidence principale, ou une fois celle-ci bien avancée dans son remboursement. Ensuite, un couple qui cumule deux revenus et un seul crédit de résidence principale retrouve vite de la capacité.

Pour comparer investir d’abord ou acheter d’abord son logement, lisez résidence principale ou investissement locatif.

Vous voulez connaître votre capacité réelle ?

Nous vous orientons vers un acteur qui calcule votre capacité d’emprunt et recherche un bien compatible avec votre dossier.

Faire étudier mon projet

Exemples

Ce que vous pouvez financer selon votre salaire

Au SMIC net (environ 1 443 € par mois en 2026), un célibataire sans crédit peut viser un bien d’environ 128 000 € s’il rapporte 6 % brut. Avec 2 500 € nets, le plafond théorique monte vers 222 000 €. Ces montants supposent un dossier sans autre crédit et un apport couvrant les frais.

Prix maximum finançable selon le revenu, prêt sur 25 ans à 3,40 %, taux d’effort de 35 %
ProfilRevenu netCrédit en coursBudget max. (6 % brut)Budget max. (4,5 % brut)
SMIC, célibataire locataire1 443 €aucun128 000 €119 000 €
2 500 € nets, célibataire locataire2 500 €aucun222 000 €206 000 €
Couple 4 500 € nets, crédit résidence principale de 1 100 €4 500 €1 100 €121 000 €112 000 €
Cadre 4 000 € nets, sans crédit4 000 €aucun356 000 €330 000 €

Calcul ILA. Le budget correspond au prix financé par le crédit, frais de notaire payés par l’apport. Le SMIC net mensuel retenu est un ordre de grandeur pour 2026.

Ce tableau montre un point contre-intuitif : un petit salaire peut financer un investissement locatif, à condition de viser un bien à fort rendement et de ne pas avoir d’autre crédit. En pratique, les banques exigent en plus une épargne résiduelle et un emploi stable, ce qui rend les petits dossiers plus difficiles que le calcul ne le laisse penser. Sans CDI, voir acheter sans CDI.

Le dossier

Au-delà du salaire : les 6 critères de la banque

La banque regarde le taux d’effort, mais aussi le reste à vivre, l’apport (au minimum les frais de notaire, soit 7 à 8 % dans l’ancien), l’épargne restante après l’opération, la stabilité des revenus et la tenue des comptes. Un projet qui s’autofinance en partie rassure davantage qu’un revenu élevé.

Critères d’octroi d’un crédit pour investissement locatif
CritèreCe que la banque attendPoids
Taux d’effort35 % maximum, assurance comprise, loyers retenus à 70 %Bloquant
Durée25 ans maximum, 27 ans si différé lié à des travauxBloquant
ApportAu minimum les frais de notaire et de garantie ; financement à 110 % possible sur très bons dossiersFort
Reste à vivreSeuil propre à chaque banque, par adulte et par enfant, non réglementéFort
Épargne résiduelleQuelques mois de mensualités disponibles après l’achatMoyen
Stabilité et comptesCDI hors période d’essai ou ancienneté d’activité, comptes sans découvertMoyen

Le reste à vivre (revenus moins toutes les charges fixes) n’est pas encadré par le HCSF. Chaque banque fixe son propre seuil, ce qui explique qu’un même dossier soit accepté ici et refusé là. D’où l’intérêt de passer par un courtier en crédit immobilier.

Attention au taux d’usure : le taux annuel effectif global (TAEG), assurance comprise, ne peut pas dépasser le taux d’usure, fixé à 5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus au 1er juillet 2026. Une assurance chère sur un emprunteur âgé ou fumeur peut faire échouer un dossier pourtant sous les 35 %.

Leviers

7 leviers pour investir avec un revenu modeste

Allonger la durée à 25 ans, viser un rendement brut élevé, soldez les petits crédits à la consommation, investir à deux, réduire le coût de l’assurance emprunteur, apporter les frais de notaire et choisir un bien qui dégage peu ou pas d’effort d’épargne sont les leviers les plus efficaces.

  1. Allonger la durée à 25 ans. La mensualité baisse d’environ 13 % par rapport à 20 ans, et le revenu minimum avec elle.
  2. Viser un bien à rendement élevé. Chaque euro de loyer compte à 70 % dans vos revenus : un studio dans une ville universitaire accessible pèse moins sur le taux d’effort qu’un T3 dans une métropole chère. Voir nos moyennes de rendement par ville.
  3. Solder les crédits à la consommation. Un crédit auto de 300 € par mois réduit votre capacité d’environ 70 000 € sur 25 ans.
  4. Investir à deux. Les revenus s’additionnent, les mensualités aussi, mais les charges fixes ne doublent pas.
  5. Déléguer l’assurance emprunteur. L’assurance fait partie des 35 % : une délégation moins chère libère de la mensualité. Comparez sur notre page assurance emprunteur pour investissement locatif.
  6. Apporter au moins les frais de notaire. Un apport de 8 à 10 % améliore le taux obtenu et la probabilité d’accord.
  7. Préférer un projet sans effort d’épargne. Un bien dont le loyer couvre la mensualité rassure la banque pour le prêt suivant. Voir notre guide investir sans apport.
Pièges

Erreurs fréquentes quand on calcule sa capacité

Les erreurs les plus courantes sont de compter 100 % des loyers, d’oublier l’assurance emprunteur dans la mensualité, d’ignorer un crédit à la consommation en cours et de raisonner en revenus bruts au lieu de nets avant impôt.

  • Compter 100 % du loyer : la banque n’en retient que 70 % en général.
  • Oublier l’assurance : elle entre dans les 35 % depuis 2022.
  • Raisonner en brut : les banques utilisent le revenu net avant impôt, primes régulières lissées, et souvent la moyenne de deux ou trois années pour les indépendants.
  • Négliger le prêt suivant : un premier investissement en fort effort d’épargne peut bloquer le second pendant des années.
  • Confondre capacité et rentabilité : pouvoir emprunter ne veut pas dire que l’opération est rentable. Vérifiez-la avec notre calculateur de rendement locatif.
Lexique

Lexique du financement locatif

Taux d’effort
Part des revenus nets consacrée au remboursement des crédits, assurance comprise. Plafonnée à 35 % par le HCSF.
HCSF
Haut Conseil de stabilité financière. Autorité qui fixe depuis 2022 des normes contraignantes d’octroi du crédit immobilier.
Pondération des loyers
Décote appliquée par la banque aux loyers futurs, qui ne retient en général que 70 % du loyer dans les revenus.
Reste à vivre
Somme qui reste chaque mois après paiement de toutes les charges fixes. Chaque banque fixe son propre seuil.
Taux d’usure
Taux maximum légal d’un crédit, assurance comprise. 5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus au 1er juillet 2026.
Apport personnel
Somme payée sans emprunt. Couvre au minimum les frais de notaire dans la plupart des dossiers.
Étude gratuite

Faites étudier votre projet

Décrivez votre situation. Nous vous orientons vers l’acteur le plus adapté à votre budget, votre capacité d’emprunt et votre objectif, sans engagement.

FAQ

Questions fréquentes

Quel salaire minimum pour investir dans l’immobilier ?

Il n’existe pas de salaire minimum légal. Pour financer seul un bien de 100 000 € sur 25 ans à 3,40 %, sans autre crédit, il faut environ 1 120 € à 1 210 € nets par mois selon que le bien rapporte 6 % ou 4,5 % brut. La banque exigera aussi une épargne et un emploi stable.

Peut-on investir dans l’immobilier avec 2 000 € par mois ?

Oui. Avec 2 000 € nets et aucun crédit en cours, un taux d’effort de 35 % permet de financer un bien d’environ 178 000 € s’il rapporte 6 % brut, sur 25 ans à 3,40 %. Le dossier doit montrer un apport pour les frais et une épargne de précaution.

Les loyers futurs sont-ils pris en compte par la banque ?

Oui, mais en général à hauteur de 70 %. Les 30 % restants couvrent la vacance, les impayés et les charges. Certaines banques demandent un bail en cours ou une estimation d’agence pour justifier le loyer retenu.

Faut-il un apport pour investir dans l’immobilier locatif ?

Un apport couvrant les frais de notaire, soit 7 à 8 % du prix dans l’ancien, est demandé dans la plupart des dossiers. Le financement à 110 % existe encore pour des profils à hauts revenus ou à patrimoine important, mais il reste minoritaire.

Combien gagner pour acheter un appartement à 200 000 € pour le louer ?

Sans autre crédit, il faut environ 2 250 € nets par mois si le bien rapporte 6 % brut, et 2 420 € s’il rapporte 4,5 %, pour un prêt de 200 000 € sur 25 ans à 3,40 % assurance comprise. Avec un crédit de résidence principale de 1 200 €, le seuil dépasse 5 700 €.

Le crédit de ma résidence principale compte-t-il dans le taux d’endettement ?

Oui. Toutes les mensualités de crédit en cours s’additionnent à celle du nouveau prêt. C’est ce qui bloque le plus souvent un premier investissement locatif chez les propriétaires occupants récents.

Pour aller plus loin

Sources

Contenu informatif, qui ne constitue pas un conseil fiscal, juridique ou en investissement personnalisé. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur au 30 septembre 2026 et peuvent évoluer avec la loi de finances. Tout investissement immobilier comporte un risque de perte en capital.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *