LMNP en résidence étudiante : avis, rentabilité réelle et inconvénients en 2026
La résidence étudiante gérée promet des loyers versés même quand le logement est vide, sans aucune gestion. La contrepartie est réelle : vous ne louez plus à un étudiant, vous louez à une entreprise, pour neuf ans, avec un bail que vous ne pouvez pas rompre. Voici ce que le rendement affiché ne dit pas.
Sommaire
La résidence étudiante est un placement de tranquillité, pas de performance. Comptez 4 à 5,5 % de rendement brut affiché, qui tombe à 3 à 3,5 % net de charges. En échange, vous ne gérez rien et percevez un loyer même en cas de vacance. Les trois vrais risques sont la dépendance à l’exploitant, la révision du loyer au renouvellement du bail, et une revente qui suppose de trouver un autre investisseur. À privilégier si vous cherchez du revenu passif ; à éviter si vous visez le rendement ou une sortie rapide.
Notre avis sur l’investissement en résidence étudiante
Ce qui fonctionne vraiment
- Un loyer versé par l’exploitant, y compris lorsque le logement est inoccupé.
- Zéro gestion : ni recherche de locataire, ni état des lieux, ni impayé à courir après.
- Douze mois de loyer par an, là où un bail étudiant classique en génère souvent neuf ou dix.
- Récupération de la TVA à 20 % sur un achat neuf, sous conditions.
- Amortissement au régime réel LMNP, qui efface l’impôt sur les loyers pendant dix à quinze ans.
- Les résidences services sont restées hors du champ de la réforme des plus-values de 2025.
Ce qui coince réellement
- Le rendement net est celui d’une SCPI, pour un actif bien moins liquide.
- Votre revenu dépend de la solvabilité d’une seule entreprise, sur neuf ans.
- Le loyer peut être révisé à la baisse au renouvellement du bail.
- Sortir du bail suppose une indemnité d’éviction d’un à deux ans de loyer.
- La revente se fait sur un marché d’investisseurs, étroit et lent.
- Le prix d’achat au neuf intègre une marge de commercialisation rarement récupérable avant dix ans.
La phrase à retenir avant de signer
En résidence gérée, vous n’achetez pas un logement : vous achetez un flux de loyers adossé à la signature d’un exploitant. Le bien immobilier n’est que la garantie. C’est donc l’exploitant et le bail qu’il faut analyser en priorité, avant même l’emplacement ou le prix au mètre carré.
Comment fonctionne une résidence étudiante gérée
Vous achetez un logement meublé au sein d’une résidence services, puis vous signez un bail commercial avec l’exploitant qui gère l’ensemble. C’est lui votre locataire : il vous verse un loyer et sous-loue le logement aux étudiants. Pour être qualifiée de résidence étudiante, la résidence doit accueillir au moins 70 % d’étudiants et proposer des services de type para-hôtelier.
Ce montage a une conséquence juridique décisive, et c’est là que la plupart des investisseurs se trompent : le bail commercial relève du code de commerce, pas de la loi de 1989 sur les baux d’habitation. Vous ne disposez donc ni du congé pour reprise, ni de la souplesse d’un bail meublé d’un an. Vous êtes engagé pour neuf ans, souvent davantage.
| Acteur | Son rôle | Ce qu’il vous doit |
|---|---|---|
| Vous, propriétaire bailleur | Vous détenez les murs et le mobilier, et portez le crédit. | Rien, sinon les grosses réparations et ce que le bail laisse à votre charge. |
| L’exploitant | Il loue l’ensemble de la résidence, sous-loue aux étudiants, assure les services et l’entretien courant. | Un loyer contractuel, versé selon la périodicité prévue au bail, occupation ou non. |
| L’étudiant | Il est locataire de l’exploitant, pas de vous. | Rien : vous n’avez aucun lien juridique avec lui. |
| Le syndic de copropriété | Il gère les parties communes de l’immeuble. | Les appels de charges, dont la répartition dépend du bail. |
Le contexte de marché, en trois chiffres
La France comptait environ 3 millions d’étudiants à la rentrée 2025, pour à peine 375 000 logements dédiés toutes catégories confondues, dont environ 176 000 lits CROUS non accessibles aux investisseurs. Les taux d’occupation dépassent 95 % dans les vingt premières métropoles universitaires. La demande est donc structurellement supérieure à l’offre, ce qui sécurise le remplissage. Attention à ne pas en déduire que le placement est sûr : la tension du marché protège l’exploitant, pas votre rendement.
Le rendement réel, une fois les frais déduits
Les plaquettes affichent 4 à 5,5 % brut. Après taxe foncière, charges non refacturées, assurance, CFE et comptabilité, le rendement net tombe à 3 à 3,5 %. C’est l’écart le plus important à intégrer : environ un tiers du rendement annoncé disparaît avant même l’impôt.
Voici la reconstitution complète sur un studio à 120 000 € affiché à 4,5 % brut, cas de figure le plus courant en métropole régionale.
Reconstitution ILA sur un studio de 120 000 € frais inclus affiché à 4,5 % brut, hypothèses de charges détaillées dans le tableau ci-dessus. Avant impôt et avant financement. Les valeurs varient selon la ville, la copropriété et la répartition des charges prévue au bail. Axe à base zéro.
Pourquoi le rendement net n’est pas le dernier mot
À ce stade du calcul, l’investissement paraît médiocre. Il faut pourtant y ajouter l’effet fiscal : au régime réel LMNP, l’amortissement du bien et du mobilier neutralise généralement l’imposition des loyers pendant dix à quinze ans. Le rendement net d’impôt reste donc proche du net de charges, là où une location nue au régime réel serait fiscalisée. C’est cet écart, et non le rendement brut, qui constitue le véritable argument du produit.
Les 7 inconvénients d’une résidence étudiante
Les sept risques réels sont : la dépendance à un exploitant unique, la révision du loyer au renouvellement, l’impossibilité de sortir sans indemnité d’éviction, la répartition des charges défavorable, le renouvellement du mobilier, l’illiquidité à la revente, et la surcote du neuf. Aucun n’est rédhibitoire, tous se vérifient avant signature.
1. Vous dépendez d’une seule entreprise
Votre loyer ne dépend ni du marché locatif, ni du remplissage réel de la résidence, mais de la capacité de l’exploitant à honorer son bail. Si celui-ci rencontre des difficultés, il commence par demander une baisse de loyer amiable, et peut aller jusqu’à la procédure collective. Le taux d’occupation de votre résidence peut être excellent et votre loyer suspendu malgré tout : ce sont deux sujets distincts.
2. Le loyer peut baisser au renouvellement
C’est le point le plus mal anticipé. Au terme des neuf ans, l’exploitant peut proposer un renouvellement à des conditions dégradées, en s’appuyant sur la rentabilité réelle de l’exploitation. Un investisseur qui refuse se retrouve avec un logement meublé nu de tout locataire, dans une résidence dont il ne maîtrise ni l’accès ni les services. Le rapport de force est structurellement en faveur de l’exploitant.
3. Vous ne pouvez pas récupérer votre bien facilement
Donner congé à l’exploitant pour reprendre le logement suppose de lui verser une indemnité d’éviction, généralement estimée à un ou deux ans de loyer. Le bail commercial protège le locataire commerçant, pas le bailleur. Concrètement, un logement en résidence gérée n’est ni habitable par vous, ni louable librement, pendant toute la durée du bail.
4. La répartition des charges est un piège classique
Le bail détermine qui paie quoi. Les grosses réparations de l’article 606 du code civil, toiture, façade, gros œuvre, doivent rester à la charge du bailleur, c’est la règle. Mais tout le reste se négocie, et un bail mal calibré peut vous laisser des charges de copropriété, la taxe foncière et l’entretien courant. Sur vingt ans, l’écart entre un bail favorable et un bail défavorable se chiffre en dizaines de milliers d’euros.
5. Le mobilier devra être remplacé
Une résidence étudiante s’use vite. Au bout de huit à douze ans, le mobilier doit être renouvelé, et la question de qui paie est rarement posée à l’achat. Si le bail met cette charge à votre compte, prévoyez plusieurs milliers d’euros par logement, souvent au moment le moins opportun, c’est-à-dire lors de la renégociation du bail.
6. La revente est lente et étroite
Vous ne revendez pas à une famille qui a eu un coup de cœur, mais à un investisseur qui calcule un rendement et regarde la signature de l’exploitant. Le marché secondaire existe et fonctionne pour les lots des grands gestionnaires, mais il est étroit, les délais se comptent en mois, et le prix dépend directement du loyer en cours et de la durée restante du bail.
7. Le neuf se paie plus cher que le marché
Le prix d’un lot neuf en résidence services intègre la marge du promoteur et les frais de commercialisation. Une revente dans les cinq premières années est donc presque toujours perdante, même sur un marché porteur. Ce produit se raisonne sur dix à vingt ans : c’est une contrainte, pas un détail.
Le seul inconvénient qui doit vous faire renoncer
Si vous avez besoin de pouvoir revendre dans les cinq ans, ou si l’équilibre de votre patrimoine repose sur ce seul actif, ne signez pas. Tous les autres risques se réduisent par la due diligence ; l’illiquidité, elle, est structurelle et ne se négocie pas.
Le bail commercial : les 8 clauses à lire avant de signer
Le bail commercial est le vrai produit que vous achetez. Huit clauses déterminent votre rendement réel : la durée et les conditions de renouvellement, l’indice d’indexation, la répartition des charges, le sort des grosses réparations, le renouvellement du mobilier, l’indemnité d’éviction, les conditions de suspension du loyer et la clause de garantie.
| Clause | Ce qu’il faut vérifier | Signal d’alerte |
|---|---|---|
| Durée et renouvellement | Durée ferme, en général 9 à 12 ans, et modalités précises du renouvellement. | Absence de clause encadrant la révision du loyer à l’échéance. |
| Indexation | Indice retenu, périodicité, existence d’un plancher. | Loyer non indexé, ou clause de non-révision : la valeur réelle fond avec l’inflation. |
| Inventaire des charges | Liste exhaustive et précise, poste par poste, comme l’exige la réglementation des baux commerciaux. | Formulation générale du type « charges à la charge du bailleur ». |
| Grosses réparations | Les travaux de l’article 606 du code civil doivent rester au bailleur, le reste à l’exploitant. | Transfert de l’entretien courant vers le propriétaire. |
| Mobilier | Qui finance le renouvellement, et à quelle échéance. | Silence du bail sur ce point. |
| Indemnité d’éviction | Montant et mode de calcul en cas de non-renouvellement. | Montant supérieur à deux ans de loyer. |
| Suspension du loyer | Cas dans lesquels l’exploitant peut cesser de payer, notamment en cas de travaux. | Clause de suspension large ou peu bornée dans le temps. |
| Taxe foncière et CFE | Qui les supporte réellement. | Report intégral sur le propriétaire sans compensation de loyer. |
Faites relire le bail par un tiers
Quelques centaines d’euros d’honoraires d’avocat ou de notaire, sur un engagement de neuf ans et plusieurs dizaines de milliers d’euros de loyers cumulés, constituent le meilleur rapport coût-bénéfice de l’opération. Le conseiller qui vous vend le lot n’est pas le bon relecteur : sa rémunération dépend de la signature.
Choisir son exploitant : la vérification que personne ne fait
Puisque votre loyer dépend de l’exploitant, sa solidité prime sur l’emplacement. Quatre vérifications suffisent et sont accessibles gratuitement : l’ancienneté de la société, ses comptes annuels publiés, le nombre de résidences exploitées, et l’historique des renégociations de loyer sur son parc existant.
Les principaux gestionnaires du marché français sont Nexity Studéa, Réside Études avec sa marque Les Estudines, Cardinal Campus, Suitétudes, Odalys Campus et Fac-Habitat. Nous ne les classons pas : leur solidité s’apprécie à la date de votre investissement, pas dans l’absolu, et un exploitant robuste aujourd’hui ne l’est pas nécessairement dans neuf ans.
| Vérification | Où chercher | Ce qui doit vous alerter |
|---|---|---|
| Ancienneté et forme juridique | Annuaire des entreprises, registre national des entreprises. | Société créée récemment ou changement d’actionnaire de contrôle. |
| Comptes annuels | Comptes déposés au greffe, consultables en ligne. | Comptes non déposés, capitaux propres négatifs, résultats en dégradation. |
| Taille du parc | Site de l’exploitant, nombre de résidences et de lits. | Parc trop concentré sur une seule ville ou une seule typologie. |
| Historique de renégociation | Forums d’investisseurs, associations de propriétaires, presse spécialisée. | Baisses de loyer imposées lors de renouvellements précédents. |
Un exploitant solide ne garantit pas un bon bail
Les deux analyses sont indépendantes. Un grand gestionnaire peut proposer un bail très défavorable au propriétaire, précisément parce que sa signature rassure et lui permet de négocier dur. Analysez les deux séparément, puis ensemble.
Fiscalité : LMNP, régime réel et récupération de la TVA
Les loyers relèvent des BIC sous le statut de loueur en meublé non professionnel. Le régime réel s’impose presque toujours en résidence gérée, car l’amortissement du bien et du mobilier efface l’imposition des loyers pendant dix à quinze ans. Sur un achat neuf, la TVA à 20 % est récupérable, avec un engagement de conservation de vingt ans.
| Levier | Mécanisme | Condition |
|---|---|---|
| Régime réel BIC | Déduction des charges réelles et amortissement du bien, du mobilier et des frais d’acquisition. | Option pour le réel, tenue d’une comptabilité, souvent via un expert-comptable. |
| Récupération de la TVA | Remboursement de la TVA à 20 % sur le prix d’acquisition d’un logement neuf. | Résidence proposant au moins trois des quatre services para-hôteliers, et conservation vingt ans. |
| Plus-value à la revente | Les résidences services sont restées hors du champ de la réintégration des amortissements instaurée en 2025. | À vérifier au moment de la cession, la règle ayant déjà évolué. |
La TVA se rembourse si vous revendez trop tôt
L’avantage de TVA est assorti d’un engagement de vingt ans. Une revente anticipée entraîne en principe le reversement d’une fraction de la TVA récupérée, calculée par vingtièmes restants. Il existe une exception majeure : si la cession porte sur le bien avec poursuite du bail commercial par l’acquéreur, l’opération peut être traitée comme une transmission d’universalité et échapper à la régularisation. C’est un point technique à faire valider par votre conseil avant toute vente.
Le micro-BIC, avec son abattement forfaitaire de 50 %, est théoriquement disponible mais reste économiquement sous-optimal en résidence gérée : il vous prive de l’amortissement, qui constitue précisément l’intérêt du montage. Pour la mécanique détaillée de l’amortissement et le choix du régime, voyez notre guide du statut LMNP et notre simulateur micro-BIC ou réel.
Revendre une résidence étudiante : ce qui détermine le prix
Le prix de revente dépend de trois variables : le loyer en cours, la durée restante du bail et la signature de l’exploitant. L’acheteur est un investisseur qui raisonne en rendement, pas en prix au mètre carré. Un bail long avec un exploitant solide vaut une prime ; un bail proche de l’échéance décote.
Concrètement, le marché secondaire capitalise votre loyer à un taux de rendement attendu. Si votre lot rapporte 5 000 € par an et que les acheteurs exigent 5 % de rendement, il vaut 100 000 €. Si l’exploitant a renégocié le loyer à 4 200 €, il vaut 84 000 €, quel que soit l’état du logement. La valeur de votre bien est donc directement pilotée par le bail.
| Facteur | Effet sur le prix |
|---|---|
| Bail récemment renouvelé, longue durée restante | Prime : visibilité pour l’acheteur. |
| Exploitant de premier plan | Prime : risque de contrepartie perçu comme faible. |
| Bail à moins de deux ans de l’échéance | Décote : incertitude sur le futur loyer. |
| Loyer déjà renégocié à la baisse | Décote mécanique, proportionnelle à la baisse. |
| Ville universitaire de second rang | Décote : profondeur de marché limitée. |
| Revente dans les cinq premières années | Perte quasi certaine sur un lot acheté neuf. |
Un bail de neuf ans vous engage sur la signature d’un exploitant. Faites auditer le programme et le bail avant de signer.
Certains liens de nos guides sont partenaires. ILA perçoit une commission ; elle ne modifie ni les analyses ni les classements. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
Résidence étudiante ou studio en direct : lequel choisir
Le studio en direct rapporte davantage, entre 5,5 % et 7 % brut selon les villes, mais impose de gérer la rotation annuelle et la vacance d’été. La résidence gérée rapporte moins mais ne demande rien. L’arbitrage se joue sur votre disponibilité et votre tolérance au risque de contrepartie, pas sur le rendement seul.
| Critère | Résidence gérée | Studio en direct |
|---|---|---|
| Rendement brut | 4 à 5,5 % | 5,5 à 7 % |
| Rendement net de charges | 3 à 3,5 % | 3,5 à 4,5 % |
| Gestion | Nulle | Active |
| Vacance locative | Aucune, loyer garanti au bail | Rotation annuelle, vacance d’été |
| Risque principal | Défaillance ou renégociation de l’exploitant | Vacance et impayés |
| Liquidité à la revente | Faible, marché d’investisseurs | Bonne, marché de particuliers |
| Maîtrise du bien | Nulle pendant le bail | Totale |
| Amortissement LMNP | Oui | Oui |
Un repère simple : sur vingt ans, l’écart de rendement net entre les deux formules représente environ un point, soit 1 200 € par an sur un bien de 120 000 €. Si gérer un studio vous coûte moins de dix heures par an, la détention directe reste plus rentable. Au-delà, la résidence gérée se défend, à condition d’accepter l’illiquidité.
Où investir en résidence étudiante
Privilégiez les villes où la population étudiante est nombreuse, croissante et durablement logée sur place, et où le parc de résidences privées n’est pas déjà saturé. La profondeur du marché de revente compte autant que le rendement affiché : mieux vaut 4 % dans une métropole liquide que 5,5 % dans une ville où personne ne rachètera.
Les grandes métropoles universitaires offrent la meilleure liquidité, au prix d’un rendement plus faible. Les villes universitaires de taille moyenne offrent un ticket d’entrée accessible et une demande dense, à condition de vérifier que le parc de résidences services n’est pas déjà surdimensionné. Nos guides ville détaillent, marché par marché, le nombre d’étudiants réellement logés sur place et l’état de l’offre.
Pour quel profil d’investisseur ?
| Profil | Pertinent ? | Pourquoi |
|---|---|---|
| Cadre en activité, peu de temps disponible | Oui | Revenu passif réel, aucune gestion, fiscalité neutralisée par l’amortissement. |
| Investisseur en phase de constitution patrimoniale | Oui | Ticket d’entrée accessible et financement bancaire aisé sur ce type d’actif. |
| Préparation de la retraite à 15 ou 20 ans | Oui | L’horizon correspond exactement à la durée sur laquelle le produit devient rentable. |
| Investisseur cherchant du rendement | Non | Un studio en direct ou une colocation rapporte un à deux points de plus. |
| Horizon de revente inférieur à sept ans | Non | La marge du neuf et l’illiquidité rendent la sortie précoce presque toujours perdante. |
| Patrimoine reposant sur un seul actif | Non | Le risque de contrepartie sur un exploitant unique n’est pas diversifiable. |
Lexique de la résidence gérée
- Résidence services
- Immeuble de logements meublés exploité par un gestionnaire unique et proposant des services de type para-hôtelier. Une résidence étudiante doit accueillir au moins 70 % d’étudiants.
- Bail commercial
- Contrat par lequel vous louez votre logement à l’exploitant, régi par le code de commerce. Sa durée est généralement de neuf ans fermes et il ne peut être rompu sans indemnité.
- Exploitant ou gestionnaire
- Société qui loue l’ensemble des lots, sous-loue aux occupants, assure les services et vous verse un loyer contractuel.
- Indemnité d’éviction
- Somme due à l’exploitant si vous refusez de renouveler le bail. Elle représente couramment un à deux ans de loyer.
- Article 606 du code civil
- Il définit les grosses réparations, gros murs, voûtes, toiture et digues, qui restent à la charge du propriétaire bailleur.
- Régularisation de TVA
- Reversement d’une fraction de la TVA récupérée en cas de revente avant vingt ans, calculée par vingtièmes restants, sauf transmission d’universalité.
Questions fréquentes
Quels sont les inconvénients d’un investissement en résidence étudiante ?
Sept principalement : la dépendance à un exploitant unique, la possible révision du loyer à la baisse au renouvellement du bail, l’impossibilité de reprendre le logement sans indemnité d’éviction, une répartition des charges parfois défavorable, le renouvellement du mobilier, une revente lente sur un marché d’investisseurs, et le surcoût du neuf qui rend toute sortie précoce perdante.
Quels sont les inconvénients du statut LMNP, indépendamment de la résidence étudiante ?
Trois principalement, propres au statut et non au produit résidence gérée : la nécessité de tenir une comptabilité au régime réel pour profiter de l’amortissement, ce qui implique des honoraires d’expert-comptable ; le risque de requalification en loueur en meublé professionnel si les recettes dépassent 23 000 € et deviennent supérieures aux autres revenus du foyer, ce qui change le régime social et fiscal ; et, depuis la loi de finances 2025, la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value à la revente pour la location meublée classique. Les résidences étudiantes en sont toutefois exonérées, ce qui les distingue nettement du LMNP en direct.
Investir en résidence étudiante, est-ce rentable en 2026 ?
Modérément. Le rendement brut affiché va de 4 à 5,5 %, mais tombe à 3 à 3,5 % net de charges. L’amortissement au régime réel LMNP neutralise ensuite l’impôt sur les loyers pendant dix à quinze ans, ce qui rend le rendement net d’impôt comparable à celui d’une SCPI, pour un actif nettement moins liquide.
Que se passe-t-il si l’exploitant d’une résidence étudiante fait faillite ?
Le bail commercial est repris par l’administrateur judiciaire, qui peut le poursuivre, le céder à un repreneur ou le résilier. Dans le meilleur cas, un nouvel exploitant reprend la résidence, souvent à un loyer inférieur. Dans le pire, vous récupérez un logement meublé dans une résidence sans gestionnaire, difficile à louer seul puisque les services communs ne sont plus assurés.
Le loyer d’une résidence étudiante est-il vraiment garanti ?
Il est contractuel, pas garanti au sens d’une caution bancaire. L’exploitant s’engage à le verser occupation ou non, mais cet engagement ne vaut que ce que vaut sa solvabilité. C’est pourquoi l’analyse de ses comptes prime sur l’emplacement du logement.
Peut-on récupérer la TVA sur une résidence étudiante ?
Oui sur un achat neuf, à hauteur de 20 %, si la résidence propose au moins trois des quatre services para-hôteliers. En contrepartie, vous vous engagez à conserver le bien vingt ans. Une revente anticipée entraîne en principe le reversement d’une fraction de la TVA, sauf si l’acquéreur poursuit le bail dans le cadre d’une transmission d’universalité.
Peut-on habiter dans son logement en résidence étudiante ?
Non, pas pendant la durée du bail commercial. Le logement est loué à l’exploitant, qui en a la jouissance. Le récupérer suppose de ne pas renouveler le bail à son échéance et de verser une indemnité d’éviction, généralement d’un à deux ans de loyer.
Comment revendre un lot en résidence étudiante ?
Sur un marché secondaire spécialisé, auprès d’investisseurs qui valorisent le lot en capitalisant le loyer en cours. Le prix dépend donc du loyer, de la durée restante du bail et de la signature de l’exploitant. Comptez plusieurs mois, et évitez toute revente dans les cinq à sept premières années sur un bien acheté neuf.
Résidence étudiante ou studio classique : que choisir ?
Le studio en direct rapporte un à deux points de plus, entre 5,5 % et 7 % brut, mais demande de gérer la rotation annuelle et la vacance d’été. La résidence gérée ne demande rien mais rapporte moins et se revend difficilement. Si gérer un studio vous coûte moins de dix heures par an, la détention directe reste plus rentable.
Quel budget faut-il pour investir en résidence étudiante ?
Comptez 80 000 à 150 000 € pour un studio en métropole régionale, davantage en Île-de-France et dans les grandes métropoles. Le financement bancaire est généralement accessible sur ce type d’actif, le bail commercial rassurant les banques sur la régularité des loyers.
Le Censi-Bouvard existe-t-il encore ?
Non, le dispositif a pris fin le 31 décembre 2022. La résidence étudiante s’envisage désormais sous le seul statut LMNP, dont l’intérêt principal est l’amortissement au régime réel, et non plus une réduction d’impôt.
Quels sont les principaux exploitants de résidences étudiantes ?
Les gestionnaires les plus présents sont Nexity Studéa, Réside Études avec la marque Les Estudines, Cardinal Campus, Suitétudes, Odalys Campus et Fac-Habitat. Leur solidité doit s’apprécier à la date de votre investissement, en consultant leurs comptes déposés et leur historique de renégociation de baux.
À lire ensuite
Sources
- 1. Ministère de l’Enseignement supérieur, effectifs étudiants dans l’enseignement supérieur, rentrée 2025.
- 2. CNOUS, parc de logements étudiants publics, données 2025-2026.
- 3. Code de commerce, dispositions relatives au bail commercial et à l’inventaire des charges.
- 4. Code civil, articles 605 et 606 relatifs à la répartition des réparations entre bailleur et preneur.
- 5. Code général des impôts, article 261 D 4° relatif aux services para-hôteliers et à l’assujettissement à la TVA.
- 6. Loi de finances pour 2025, article 84, relatif à la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value et à l’exonération des résidences services.
- 7. Rendements bruts et nets constatés sur les programmes commercialisés et le marché secondaire, relevé d’août 2026.
Analyse éditoriale indépendante rédigée par Gaultier Garde, directeur de publication d’Investissement Locatif Avis. Les rendements évoqués sont indicatifs et non garantis. L’investissement en résidence gérée comporte des risques spécifiques : défaillance de l’exploitant, révision du loyer au renouvellement, illiquidité et régularisation de TVA. Cet article est informatif et ne constitue ni un conseil en investissement ni un conseil fiscal personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital.
