Classement et méthode, 2026

Dans quelle ville investir en colocation en 2026 : classement et méthode

Notre classement de 30 villes avec le rendement réellement atteignable en colocation, et surtout le filtre que tous les autres palmarès oublient : dans les villes soumises à l’encadrement des loyers, la somme des loyers est plafonnée au niveau du logement entier. C’est pour cela que Lille, Lyon, Bordeaux et Montpellier, systématiquement citées, sont de mauvais choix.

Mis à jour juillet 2026 13 min de lecture Par Gaultier Garde
Sommaire
  1. Le critère n°1 : l’encadrement
  2. Les villes bridées en 2026
  3. Les 3 dispositifs à distinguer
  4. La fenêtre de novembre 2026
  5. La méthode ILA en 5 critères
  6. Le tableau des meilleures villes
  7. Où trouver les vrais chiffres
  8. Les pièges géographiques
  9. Lexique
  10. FAQ
Cet article approfondit un chapitre de notre guide complet de la colocation. Pour le cadre légal général, le bail et la fiscalité, commencez par là.

Les meilleures villes pour investir en colocation en 2026 sont Saint-Étienne et Mulhouse, avec un potentiel de 10 à 13 % brut, suivies de Limoges, Perpignan, Le Mans, Le Havre, Nancy et Clermont-Ferrand entre 8 et 11 %. Le point commun de ces villes n’est pas seulement leur prix bas : ce sont toutes des villes universitaires non soumises à l’encadrement des loyers. Dans les communes encadrées, la somme des loyers de colocation est plafonnée par référence au logement entier, ce qui annule le surplus de 20 à 30 % qui justifie la stratégie. C’est pourquoi Lille, Lyon, Bordeaux et Montpellier, systématiquement citées dans les palmarès, sont en réalité de mauvais choix pour de la colocation.

Communes encadrées
~70
sur 9 territoires
Impact sur le loyer
-12 à -20 %
vs marché libre
Échéance du dispositif
25 nov. 2026
avenir incertain
Zones tendues
~3 690
communes, autre règle
Le point décisif

Pourquoi l’encadrement des loyers doit être votre premier filtre

Le modèle économique de la colocation repose sur un seul mécanisme : la somme des loyers à la chambre dépasse le loyer du logement loué en bloc, de l’ordre de 20 à 30 %. Or dans les communes soumises à l’encadrement du niveau des loyers, ce total est plafonné par référence au logement entier. Le surplus disparaît, et la colocation ne conserve que ses inconvénients : plus de gestion, plus de rotation, plus d’usure, pour un loyer qui redevient celui d’une location classique.

Le surplus de colocation, encadré ou non Ville NON encadrée loyer en bloc colocation Surplus conservé : +20 à +30 % Ville ENCADRÉE loyer en bloc plafond Surplus neutralisé : le total est plafonné Il ne reste que les contraintes : gestion, rotation, usure accélérée. Le surplus de colocation survit hors encadrement, pas dedans Ville non encadrée +20 à +30 % conservés loyer en bloc Ville encadrée plafond du logement entier En zone encadrée, il ne reste de la colocation que ses contraintes : gestion, rotation, usure.

Représentation pédagogique du mécanisme. L’impact constaté de l’encadrement sur le loyer affichable est de l’ordre de 12 à 20 % selon les marchés et les typologies.

Le risque n’est pas théorique

Un dépassement expose le bailleur à une action du locataire en diminution de loyer avec restitution du trop-perçu, ainsi qu’à une amende administrative pouvant atteindre 5 000 €. Des condamnations ont été prononcées, notamment à Lyon où un bailleur a été tenu de rembourser plusieurs milliers d’euros à ses locataires. Sur une colocation de quatre chambres et plusieurs années, l’addition est lourde.

La carte

Les villes où la colocation est bridée en 2026

En 2026, l’encadrement du niveau des loyers s’applique dans environ 70 communes réparties sur neuf territoires : Paris, Lille avec Hellemmes et Lomme, l’établissement public territorial Plaine Commune, Lyon et Villeurbanne, l’établissement public territorial Est Ensemble, Montpellier, Bordeaux, la communauté d’agglomération du Pays Basque et Grenoble-Alpes Métropole. La liste est évolutive : vérifiez toujours la commune exacte avant d’acheter.

Territoires appliquant l’encadrement du niveau des loyers en 2026, avec les principales communes concernées. Liste évolutive, à vérifier commune par commune avant tout achat.
TerritoireCommunes concernéesColocation
ParisParis, depuis juillet 2019Bridée
LilleLille, Hellemmes, LommeBridée
Plaine CommuneSaint-Denis, Aubervilliers, La Courneuve, Épinay-sur-Seine, L’Île-Saint-Denis, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Ouen-sur-Seine, Stains, VilletaneuseBridée
Métropole de LyonLyon et Villeurbanne, depuis novembre 2021Bridée
Est EnsembleMontreuil, Pantin, Bagnolet, Bobigny, Bondy, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais, Noisy-le-Sec, RomainvilleBridée
MontpellierMontpellier, depuis juillet 2022Bridée
BordeauxBordeaux, depuis juillet 2022Bridée
Pays Basque24 communes, dont Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-LuzBridée
Grenoble-Alpes MétropoleGrenoble, Échirolles, Fontaine, Saint-Martin-d’HèresBridée

Le constat est brutal pour qui découvre la colocation par les classements habituels : Lille, Lyon, Bordeaux et Montpellier, systématiquement présentées comme les meilleures villes de colocation, sont toutes encadrées. Ce ne sont pas de mauvaises villes d’investissement, mais la colocation n’y est plus un levier de rendement supérieur. Nos analyses par ville détaillent chaque marché : Lille, Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Paris, Saint-Denis et Montreuil.

Territoires candidats à surveiller

Plusieurs agglomérations ont manifesté leur intention de rejoindre le dispositif, notamment Marseille, l’agglomération d’Annemasse et Rennes. Un projet de colocation dans ces villes doit intégrer l’hypothèse d’un encadrement en cours de détention : le dispositif ne s’applique pas rétroactivement aux baux en cours, mais il s’imposera à toutes vos relocations futures.

Ne pas confondre

Trois dispositifs différents, souvent mélangés

La confusion la plus répandue consiste à croire qu’être en « zone tendue » signifie avoir un loyer plafonné. C’est faux. Trois mécanismes distincts se superposent : l’encadrement du niveau plafonne le montant du loyer dans environ 70 communes, le plafonnement de l’évolution en zone tendue interdit d’augmenter le loyer entre deux locataires dans environ 3 690 communes, et l’IRL plafonne la révision annuelle partout en France. Un même logement peut relever des trois.

Trois plafonds différents 1. Encadrement du niveau Plafonne le MONTANT du loyer. ~70 communes, 9 territoires C’est celui qui bride la colocation. 2. Évolution en zone tendue Interdit la hausse entre deux locataires successifs. ~3 690 communes 3. IRL Plafonne la révision annuelle en cours de bail. Toute la France Trois plafonds distincts, un même logement peut relever des trois Encadrement du niveau Plafonne le montant du loyer ~70 communes bride la colocation Évolution en zone tendue Interdit la hausse entre deux locataires ~3 690 communes IRL (INSEE) Plafonne la révision annuelle en cours de bail Toute la France Être en zone tendue ne signifie pas avoir un loyer plafonné en montant : ce sont deux régimes différents.

Encadrement du niveau : loi ELAN, prolongée par la loi 3DS. Plafonnement de l’évolution en zone tendue : décret n° 2013-392 du 10 mai 2013, périmètre actualisé par le décret n° 2023-822 du 25 août 2023. IRL : indice trimestriel publié par l’INSEE.

Cette distinction a une conséquence pratique importante : une ville en zone tendue mais non encadrée reste parfaitement adaptée à la colocation, puisque rien n’y plafonne le montant du loyer. La tension locative y est même un atout, car elle réduit la vacance. Pour le détail du mécanisme, voyez notre guide sur l’encadrement des loyers.

Calendrier

L’échéance de novembre 2026 change l’arbitrage

L’encadrement du niveau des loyers est un dispositif expérimental, issu de la loi ELAN et prolongé par la loi 3DS. Son échéance est fixée au 25 novembre 2026, et son avenir au-delà n’est pas tranché. Trois scénarios sont ouverts : pérennisation, extinction, ou reconduction avec un périmètre modifié.

Pour un investisseur, cela crée une situation inhabituelle. Acheter aujourd’hui une colocation dans une commune encadrée revient à parier sur la fin du dispositif, avec une décote de loyer subie en attendant. Acheter dans une commune candidate revient à parier sur son maintien hors du dispositif. Dans les deux cas, c’est un pari réglementaire, pas un calcul de rendement.

La position prudente

Privilégiez une ville universitaire structurellement hors encadrement et sans candidature déclarée. Vous ne dépendez alors d’aucune décision politique à court terme, et le surplus de colocation vous reste acquis quelle que soit l’issue de novembre 2026. Sur un investissement à quinze ou vingt ans, cette neutralité réglementaire vaut mieux qu’un point de rendement théorique.

La méthode

Les cinq critères, dans l’ordre

Un classement de villes se périme. Une méthode, non. Voici l’ordre dans lequel filtrer, chaque critère éliminant des candidates avant de passer au suivant.

Cinq filtres successifs 1 Encadrement des loyers éliminatoire : on écarte les ~70 communes 2 Profondeur de la demande étudiants et jeunes actifs, toute l’année 3 Écart de prix grand / petit le T4 doit être décoté au m2 vs le studio 4 Règlement de copropriété au niveau de l’immeuble, pas de la ville 5 Rendement sur coût total travaux et frais inclus, jamais le prix seul Le critère 1 est éliminatoire, les autres se pondèrent. Cinq filtres successifs, le premier étant éliminatoire 1 Encadrement éliminatoire 2 Demande étudiants, jeunes actifs 3 Écart de prix T4 décoté au m2 4 Copropriété règlement de l’immeuble 5 Rendement sur coût total Chaque filtre élimine des candidates avant de passer au suivant. Aucun ne se compense.

Méthode de sélection ILA. Le troisième critère est le plus sous-estimé : c’est la décote au mètre carré des grandes surfaces qui crée l’arbitrage économique de la colocation.

Le critère 3 mérite un mot, car personne n’en parle

La colocation est rentable pour deux raisons cumulées, et la seconde est souvent oubliée. La première, connue, est que la somme des loyers à la chambre dépasse le loyer en bloc. La seconde est que les grandes surfaces se vendent généralement moins cher au mètre carré que les petites : vous achetez du T4 au prix du mètre carré de T4 et vous le louez au prix du mètre carré de studio. Cet écart varie fortement d’une ville à l’autre, et dans certains marchés il est quasi nul, ce qui détruit une bonne partie de l’intérêt. Comparez systématiquement le prix au mètre carré des T4 et T5 à celui des studios sur votre ville cible.

Les candidates

Les villes universitaires non encadrées

Toutes les villes universitaires françaises hors des neuf territoires encadrés conservent l’intégralité du surplus de colocation. Les plus solides combinent un pôle universitaire important, un parc de grands appartements accessible et une demande qui ne se limite pas à l’année scolaire.

Comment lire la colonne « potentiel colocation »

Les rendements publiés partout concernent la location classique. Or la colocation ajoute mécaniquement 20 à 30 % de loyer sur le même bien. Nous appliquons donc ce coefficient aux fourchettes constatées, ce qui donne un ordre de grandeur du potentiel réel en colocation. C’est la conversion que les classements omettent, alors qu’elle est le cœur du sujet.

Avertissement de méthode, à lire avant le tableau

Les sources publiques divergent fortement sur ces chiffres : selon la méthodologie retenue, Mulhouse est annoncée entre 8 % et près de 14 % de rendement brut. Ces écarts viennent du dénominateur utilisé (prix d’achat seul ou coût total), de la typologie retenue (studio ou grande surface) et de la période de relevé. Les fourchettes ci-dessous sont des ordres de grandeur de marché relevés en 2026, destinés à comparer des villes entre elles, pas à valider un projet. Seul le calcul sur votre bien réel, avec vos travaux et vos frais, a une valeur décisionnelle.

Les meilleures villes de colocation, hors encadrement

Villes universitaires non soumises à l’encadrement du niveau des loyers, classées par potentiel de rendement en colocation. Fourchettes de marché relevées en 2026, tous types de biens confondus. Le potentiel colocation applique un surplus de 20 à 30 % au rendement constaté en location classique.
VilleRendement classique constatéPotentiel en colocationPourquoi cette ville
Saint-Étienne8 à 10 %10 à 12,5 %Grande ville la moins chère de France, avec une demande étudiante et salariée réelle : le meilleur ciseau prix bas et loyers tenus du pays.
Mulhouse8 à 11 %10 à 13 %Prix au m2 parmi les plus bas de France, université et proximité de Bâle, hors zone tendue, mais tension modérée qui rend le choix du quartier décisif.
Limoges7 à 8,5 %8,5 à 11 %Population étudiante importante rapportée à la taille de la ville, avec une tension locative en progression et des prix d’entrée très accessibles.
Perpignan7,5 à 8,5 %9 à 11 %Marché très accessible avec université et flux d’actifs, à réserver aux quartiers sélectionnés car la vacance y est plus hétérogène qu’ailleurs.
Le Mans7 à 8 %8,5 à 10,5 %Une heure de Paris en TGV pour des prix de ville moyenne : la demande mêle étudiants et actifs en mobilité, ce qui lisse la vacance d’été.
Le Havre7 à 8 %8,5 à 10,5 %Prix contenus, université et activité portuaire, avec un parc de grands appartements bien adapté au découpage en colocation.
Nancy6,5 à 8 %8 à 10 %Vrai pôle universitaire multi-filières avec un centre ancien riche en grandes surfaces : l’un des meilleurs profils colocation du Grand Est.
Clermont-Ferrand6,5 à 8 %8 à 10 %Université de taille conséquente doublée d’un tissu industriel et tertiaire, donc une demande qui ne s’effondre pas hors période scolaire.
Metz6,5 à 7 %8 à 9 %Effet frontalier luxembourgeois qui soutient les loyers face à des prix restés modérés, avec une population étudiante stable.
Besançon6 à 7,5 %7,5 à 9,5 %Ville régulièrement bien classée pour la qualité de vie étudiante, avec un campus important et des prix inférieurs aux métropoles voisines.
Amiens6 à 7,5 %7,5 à 9,5 %Forte proportion d’étudiants et marché tendu à l’achat, mais un seul pôle universitaire dominant : surveillez la concentration du risque.
Orléans5,5 à 7 %7 à 9 %Proximité de l’Île-de-France sans les prix franciliens, avec une demande mixte d’étudiants et de jeunes actifs faisant la navette.
Tours5,5 à 7 %7 à 9 %Pôle universitaire solide et cadre de vie recherché, avec un centre ancien qui offre de belles configurations de T4 et T5.
Dijon5,5 à 7 %7 à 9 %Université importante et économie diversifiée, marché plus liquide que la moyenne des villes moyennes à la revente.
Reims5,5 à 7 %7 à 9 %45 minutes de Paris en TGV, université et grandes écoles, avec des prix qui restent nettement sous ceux de la capitale.
Brest5,5 à 7 %7 à 9 %Prix très accessibles pour une ville universitaire de cette taille, avec une demande étudiante et militaire complémentaire.
Angers5 à 6,5 %6,5 à 8,5 %Très forte densité étudiante et marché dynamique à la revente : le meilleur compromis rendement et sécurité patrimoniale du Grand Ouest.
Nîmes5 à 6,5 %6,5 à 8,5 %Alternative accessible à Montpellier encadrée, à 30 minutes, avec une demande étudiante réelle mais un marché plus étroit.
Rouen5 à 6,5 %6,5 à 8,5 %Pôle universitaire normand avec un parc ancien abondant, bien situé pour capter la demande de mobilité vers Paris.
Caen5 à 6,5 %6,5 à 8,5 %Ville universitaire à taille humaine avec des prix modérés, mais une saisonnalité étudiante marquée à provisionner.
Strasbourg4,5 à 5,5 %5,5 à 7 %Grand pôle universitaire européen à la demande très profonde, au prix d’un ticket d’entrée sensiblement plus élevé.
Toulouse4 à 5 %5 à 6,5 %Le plus gros pôle étudiant de France hors encadrement, avec une vacance quasi nulle : la sécurité plutôt que le rendement.
Nantes4 à 5 %5 à 6,5 %Métropole très attractive avec une demande étudiante forte, mais des prix qui ont beaucoup progressé et compriment le rendement.
Rennes4 à 5 %5 à 6,5 %Excellent marché étudiant, mais candidate déclarée à l’encadrement des loyers : le potentiel colocation pourrait disparaître en cours de détention.

Comment lire ce tableau sans se tromper

Les six premières lignes offrent le meilleur cash-flow, mais avec un risque de vacance et de moins-value supérieur : ces marchés exigent une sélection rigoureuse du quartier et du locataire. Le bloc central, de Nancy à Rouen, constitue le cœur de cible d’une première colocation : rendement à deux chiffres accessible en colocation, demande universitaire réelle et prix d’entrée raisonnables. Les trois dernières lignes s’adressent à un objectif patrimonial, où la sécurité locative compte plus que le rendement.

Pour comparaison : les villes encadrées

Villes soumises à l’encadrement du niveau des loyers. Le surplus de colocation y étant plafonné, le potentiel se rapproche du rendement de la location classique.
VilleRendement classique constatéPotentiel en colocationPourquoi la colocation y perd son intérêt
Grenoble5,5 à 6 %Surplus plafonnéVille très étudiante et rendement correct, mais encadrement depuis 2025 : la somme des loyers ne peut dépasser le plafond du logement entier.
Montpellier5 à 5,5 %Surplus plafonnéSystématiquement citée dans les palmarès colocation, alors qu’elle est encadrée depuis 2022. Regardez Nîmes à 30 minutes.
Lille4,5 à 5,5 %Surplus plafonnéLe marché étudiant est excellent, mais Lille est encadrée depuis les débuts du dispositif, avec Hellemmes et Lomme.
Lyon4 à 5 %Surplus plafonnéDeuxième ville étudiante de France, encadrée avec Villeurbanne depuis 2021, et des condamnations déjà prononcées pour dépassement.
Bordeaux4 à 4,5 %Surplus plafonnéPrix élevés et encadrement depuis 2022 : la colocation n’y compense plus le ticket d’entrée.
Paris3 à 4 %Surplus plafonnéRendement structurellement faible et encadrement le plus ancien de France. La colocation y sert à louer, pas à rentabiliser.

Pour situer ces chiffres, le rendement brut moyen national se situe autour de 4,7 à 5,2 % en 2026 selon les analyses de marché. Un potentiel colocation à deux chiffres, comme à Saint-Étienne ou Mulhouse, représente donc le double de la moyenne, mais avec un profil de risque proportionnel. Notre dossier où investir dans l’immobilier en 2026 compare ces marchés au-delà du seul angle colocation.

Le bon compromis, en une phrase

Les grands pôles offrent la demande la plus profonde mais des prix d’entrée élevés ; les villes moyennes offrent les meilleurs rendements bruts mais une demande plus étroite et plus saisonnière. Le meilleur profil pour une première colocation est une ville moyenne dotée d’un vrai campus, de plusieurs filières et d’un tissu de jeunes actifs, afin que la demande ne s’effondre pas en juillet.

Attention aux marchés de petite couronne parisienne

Contourner Paris par la petite couronne est une stratégie répandue, mais une bonne partie des communes les plus recherchées relèvent de Plaine Commune ou d’Est Ensemble, donc encadrées. Vérifiez commune par commune : Argenteuil, Créteil, Nanterre et Boulogne-Billancourt n’ont pas le même statut que Saint-Denis ou Montreuil.

Sourcing

Où trouver les vrais chiffres de votre ville

Nous ne publions pas de tableau de prix au mètre carré ville par ville, et c’est volontaire : ces valeurs bougent chaque trimestre, et un classement figé conduit à de mauvaises décisions six mois plus tard. Voici les sources primaires à interroger vous-même, gratuitement.

Sources primaires pour construire votre propre analyse de marché, par nature de donnée.
Ce que vous cherchezOù le trouver
Prix de vente réels, par adresse et par surfaceLa base des demandes de valeurs foncières publiée par l’administration fiscale, qui recense les transactions réelles et non des estimations
Niveaux de loyers constatésLes observatoires locaux des loyers, agréés par le ministère du Logement, qui publient des références par typologie et par secteur
Plafond applicable en zone encadréeLes simulateurs officiels des collectivités concernées et les arrêtés préfectoraux de loyers de référence
Statut de la commune (zone tendue, encadrement)Les services publics en ligne et l’ANIL, qui permettent de vérifier commune par commune
Population étudiante et évolution des effectifsLes données publiques de l’enseignement supérieur et les chiffres de l’INSEE sur la commune

Le calcul qui tranche

Une fois vos chiffres locaux en main, appliquez la règle du pilier : rendement brut sur le coût total de l’opération, travaux et frais d’acquisition inclus. Notre calculateur de rentabilité permet de comparer plusieurs villes sur la même base, ce qui est le seul moyen honnête de les classer.

À éviter

Les pièges géographiques de la colocation

Choisir une ville sur un classement sans vérifier l’encadrement

La plupart des palmarès de colocation placent Lille, Lyon, Bordeaux et Montpellier dans le trio de tête. Ce sont précisément quatre villes encadrées, où le surplus de colocation est plafonné. Vérifiez d’abord le statut, ensuite le rendement affiché.

Confondre proximité du campus et temps de trajet

Les étudiants raisonnent en minutes de transport, pas en kilomètres. Un bien à vingt minutes de tram bien desservi se loue mieux qu’un bien à un kilomètre mal relié. Regardez les lignes, pas la carte.

Miser sur une ville mono-filière

Une ville dont la population étudiante dépend d’un seul établissement ou d’une seule filière expose à un risque de concentration : une réforme de recrutement ou un déménagement de campus peut vider votre marché. Privilégiez les villes à filières multiples.

Ignorer la saisonnalité du marché local

Dans une ville strictement étudiante, la demande s’effondre en juillet et août. Un tissu de jeunes actifs, d’apprentis ou de personnel hospitalier lisse la vacance sur l’année. C’est ce qui différencie une bonne ville moyenne d’une ville universitaire fragile.

Acheter en petite couronne sans vérifier l’intercommunalité

Le statut d’encadrement s’apprécie au niveau de la commune et de l’établissement public territorial, pas du département. Deux communes voisines peuvent avoir des régimes opposés.

Vous hésitez entre deux villes pour votre projet de colocation ?

Faire analyser mon projet

Certains liens de nos guides sont partenaires. ILA perçoit une commission ; elle ne modifie ni les analyses ni les classements.

Définitions

Lexique

Encadrement du niveau des loyers
Dispositif issu de la loi ELAN qui plafonne le montant du loyer par référence à un loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral. En vigueur dans environ 70 communes sur neuf territoires en 2026, avec une échéance au 25 novembre 2026.
Zone tendue
Zone d’urbanisation continue de plus de 50 000 habitants présentant un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements. Environ 3 690 communes. Le classement en zone tendue plafonne l’évolution du loyer entre deux locataires, pas son montant.
Loyer de référence majoré
Plafond opposable dans les communes encadrées, correspondant au loyer de référence médian augmenté d’une marge, fixé par arrêté préfectoral et publié par typologie et par secteur.
IRL
Indice de référence des loyers, publié trimestriellement par l’INSEE. Il plafonne la révision annuelle du loyer en cours de bail, sur tout le territoire.
Observatoire local des loyers
Structure agréée par le ministère du Logement qui collecte et publie les niveaux de loyers réellement pratiqués par typologie et par secteur, source de référence pour estimer un loyer de colocation.
Aller plus loin

Le reste du dossier colocation

FAQ

Questions fréquentes

Dans quelle ville investir en colocation en 2026 ?

Les meilleurs potentiels de rendement se trouvent à Saint-Étienne et Mulhouse, entre 10 et 13 % brut en colocation, puis à Limoges, Perpignan, Le Mans, Le Havre, Nancy et Clermont-Ferrand entre 8 et 11 %. Toutes ont un point commun décisif : ce sont des villes universitaires non soumises à l’encadrement du niveau des loyers. Dans les communes encadrées, la somme des loyers de colocation est plafonnée par référence au logement entier, ce qui annule le surplus de 20 à 30 % justifiant la stratégie.

Quelles villes appliquent l’encadrement des loyers en 2026 ?

Environ 70 communes réparties sur neuf territoires : Paris, Lille avec Hellemmes et Lomme, l’établissement public territorial Plaine Commune, Lyon et Villeurbanne, l’établissement public territorial Est Ensemble, Montpellier, Bordeaux, la communauté d’agglomération du Pays Basque et Grenoble-Alpes Métropole. La liste évolue : Marseille, l’agglomération d’Annemasse et Rennes ont manifesté leur intention de rejoindre le dispositif.

La colocation est-elle rentable à Lille, Lyon ou Bordeaux ?

Ces trois villes sont soumises à l’encadrement du niveau des loyers, donc la somme des loyers de colocation y est plafonnée au niveau du logement entier. La colocation y reste possible mais perd son avantage de rendement, tout en conservant ses contraintes : gestion multipliée, rotation plus rapide, usure accélérée. Ce sont de bonnes villes d’investissement, mais pas de bonnes villes de colocation.

Être en zone tendue signifie-t-il que mon loyer est plafonné ?

Non, et c’est la confusion la plus fréquente. Le classement en zone tendue, qui concerne environ 3 690 communes, plafonne l’évolution du loyer entre deux locataires successifs. L’encadrement du niveau, qui ne concerne qu’environ 70 communes, plafonne le montant du loyer lui-même. Une ville en zone tendue mais non encadrée reste parfaitement adaptée à la colocation.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de loyer en colocation ?

Le locataire peut engager une action en diminution de loyer avec restitution du trop-perçu, et une amende administrative pouvant atteindre 5 000 € peut être prononcée. Des condamnations ont été rendues, notamment à Lyon où un bailleur a dû rembourser plusieurs milliers d’euros. Sur une colocation de plusieurs chambres tenue plusieurs années, le montant en jeu devient significatif.

L’encadrement des loyers va-t-il disparaître en novembre 2026 ?

Rien n’est tranché. Le dispositif est expérimental, issu de la loi ELAN et prolongé par la loi 3DS, avec une échéance fixée au 25 novembre 2026. Trois scénarios restent ouverts : pérennisation, extinction ou reconduction avec un périmètre modifié. Pour un investissement de long terme, mieux vaut choisir une ville structurellement hors dispositif que parier sur une décision politique.

Faut-il préférer une grande ville étudiante ou une ville moyenne ?

Les grands pôles offrent la demande la plus profonde et la vacance la plus faible, mais des prix d’entrée élevés qui compriment le rendement. Les villes moyennes offrent de meilleurs rendements bruts mais une demande plus étroite et plus saisonnière. Le meilleur profil pour une première colocation est une ville moyenne dotée de plusieurs filières universitaires et d’un tissu de jeunes actifs, afin que la demande ne s’effondre pas l’été.

Sources

  • 1. Loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, article 140, encadrement expérimental du niveau des loyers, prolongé par la loi 3DS.
  • 2. Arrêtés préfectoraux de loyers de référence des territoires concernés, et informations publiées par les collectivités appliquant le dispositif.
  • 3. Décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au champ d’application de la taxe sur les logements vacants, périmètre des zones tendues actualisé par le décret n° 2023-822 du 25 août 2023.
  • 4. Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 8-1 (colocation) et dispositions relatives au montant du loyer.
  • 5. INSEE, indice de référence des loyers, publication trimestrielle.

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. La liste des communes soumises à l’encadrement des loyers évolue et l’échéance du dispositif est fixée au 25 novembre 2026 : vérifiez systématiquement le statut de la commune visée auprès des sources officielles avant tout engagement.

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