Réglementation locative

DPE G interdit à la location : que faire en 2026 ?

L’interdiction est en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Un projet de loi qui rouvrirait la location des F et G contre un engagement de travaux a franchi le Sénat le 8 juillet 2026, mais il n’est pas adopté. Voici l’état exact du droit, ce que vous risquez aujourd’hui, et ce que coûte réellement la sortie du G.

Mis à jour août 2026 16 min de lecture Par Gaultier Garde

Réponse directe

Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ?

Non. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au DPE ne peut faire l’objet ni d’un nouveau bail, ni d’un renouvellement, ni d’une reconduction tacite. Le projet de loi Relance du logement, qui rétablirait cette location sous engagement de travaux, a été adopté par le Sénat en première lecture le 8 juillet 2026 mais n’est pas en vigueur.

Le point de droit à ne pas confondre

Un texte voté en première lecture par une seule chambre n’a aucune valeur juridique. Si votre locataire saisit le juge aujourd’hui, vous ne pourrez invoquer aucun sursis : le projet de loi Relance du logement doit encore passer devant l’Assemblée nationale, à la rentrée 2026, et peut y être modifié. Traitez l’annonce comme une échéance à préparer, pas comme une autorisation obtenue.

2025Interdiction des G, en vigueur
3,9 MPassoires F et G, janvier 2025
12,7 %Du parc de résidences principales
38 000 €Coût moyen de sortie du G

Trois choses sont vraies en même temps à l’été 2026, et c’est ce qui rend le sujet confus. L’interdiction s’applique. Un assouplissement est en cours de vote. Et la réforme du calcul du DPE du 1er janvier 2026 a déjà, sans loi nouvelle, fait sortir une partie des logements du statut de passoire. La première question à vous poser n’est donc pas juridique, elle est technique : votre bien est-il toujours classé G.

Où en est la loi

Le sursis en discussion : chronologie et contenu réel

L’article 6 du projet de loi Relance et décentralisation du logement réautorise la location des logements classés F ou G à condition que le bailleur s’engage dans une rénovation énergétique. Les sénateurs ont retenu l’obligation de conclure le contrat de travaux avant 2030, en remplacement du délai de 3 ans initialement prévu par le gouvernement.

Parcours législatif du projet de loi Relance et décentralisation du logement, état au 1er août 2026.
Date Étape Portée juridique
24 juin 2026 Présentation en Conseil des ministres par le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun Aucune
7 au 8 juillet 2026 Examen puis adoption en première lecture par le Sénat, en procédure accélérée Aucune
Rentrée 2026 Examen prévu à l’Assemblée nationale, texte modifiable Aucune
Fin 2026, espérée Adoption définitive visée par le gouvernement À confirmer

Ce que prévoit l’article 6

Le mécanisme inverse la logique de la loi Climat et Résilience. Jusqu’ici, il fallait rénover avant de louer. Le texte propose de louer d’abord et de rénover ensuite, contre un engagement contractuel de sortir le bien des classes F ou G. Les loyers perçus pendant la période doivent aider le propriétaire à autofinancer une partie du chantier.

Le délai de travaux a changé entre le texte du gouvernement et celui voté par le Sénat.
Version Délai imposé au bailleur
Texte initial du gouvernement, juin 2026 3 ans en maison individuelle, 5 ans en copropriété
Texte voté par le Sénat, 8 juillet 2026 Contrat de travaux à conclure avant 2030

Deux ajouts sénatoriaux méritent l’attention. Le confort d’été entre dans la définition de la rénovation performante et dans les plans de travaux des copropriétés, ce qui élargit le périmètre des chantiers concernés. Et les contrôles de conformité des engagements seraient confiés à l’ADEME, les sanctions en cas de non-respect restant à préciser. Les professionnels favorables au principe ont d’ailleurs conditionné leur soutien à l’existence de sanctions réelles.

Le gouvernement avance un potentiel de 700 000 à 1,5 million de logements réintégrant le circuit locatif. Le calendrier d’interdiction lui-même, en revanche, n’est pas modifié : les échéances 2028 pour les F et 2034 pour les E restent inscrites dans la loi Climat et Résilience. Le détail de ce calendrier figure dans notre guide des classes DPE 2026.

Le volet fiscal, souvent mal présenté

Le dispositif Jeanbrun, qui a succédé au Pinel, est déjà en vigueur depuis le 21 février 2026 et repose sur l’amortissement du bien plutôt que sur une réduction d’impôt. Ce n’est donc pas le dispositif qui est en projet, c’est son assouplissement : le texte abaisse le seuil de travaux exigé dans l’ancien rénové de 30 % à 20 % du prix d’acquisition. Combiné à la décote pratiquée sur les biens classés G, cet assouplissement, s’il est adopté, replacerait les passoires dans le champ des stratégies d’investissement. Voir notre analyse du dispositif Jeanbrun.

Contrats en cours

Ce qui arrive à votre bail aujourd’hui

L’interdiction ne résilie pas les baux en cours : un contrat signé avant janvier 2025 se poursuit jusqu’à son terme. Mais il ne peut plus être renouvelé ni reconduit tacitement, et le locataire en place peut demander des travaux en justice ainsi qu’une réduction de loyer.

Situation juridique d’un logement classé G selon l’état du bail, droit en vigueur au 1er août 2026.
Situation Statut Recours du locataire
Bail signé avant janvier 2025 Se poursuit Travaux en justice, réduction de loyer
Renouvellement après janvier 2025 Interdit Saisine du tribunal pour travaux forcés
Reconduction tacite après janvier 2025 Interdit Idem, plus dommages et intérêts
Nouveau bail après janvier 2025 Interdit Nullité du bail, remboursement des loyers
Locataire parti, bien toujours en G Relocation impossible Sans objet

Un point que beaucoup de propriétaires découvrent trop tard : le juge ne peut pas résilier un bail en cours au motif du DPE. Cela semble protecteur, mais l’effet réel est inverse. Vous restez lié au contrat, tout en subissant un risque de condamnation à travaux et de réduction de loyer. L’interdiction ne vous libère de rien, elle vous immobilise.

Risques

Quelles sanctions en cas de location d’un DPE G

Le logement est considéré comme non décent. Le locataire peut obtenir en justice des travaux forcés, une réduction de loyer et des dommages et intérêts. La caisse d’allocations familiales peut conserver les allocations logement jusqu’à 18 mois. En meublé de tourisme, l’amende peut atteindre 5 000 €.

Conséquences encourues par un bailleur qui loue un logement classé G.
Sanction Qui la déclenche Impact financier
Travaux de mise en conformité forcés Tribunal judiciaire, sur saisine du locataire Coût intégral du chantier, sans calendrier choisi
Réduction de loyer Tribunal judiciaire Jusqu’à l’achèvement des travaux
Dommages et intérêts Tribunal judiciaire Variable selon le préjudice retenu
Conservation des allocations logement Caisse d’allocations familiales Jusqu’à 18 mois de trésorerie perdue
Amende, meublé de tourisme Commune Jusqu’à 5 000 €
Mise en cause sur le diagnostic Acquéreur ou locataire Le DPE est opposable depuis juillet 2021

La sanction la plus lourde n’est pas une amende, c’est la perte de maîtrise du calendrier. Un propriétaire qui engage lui-même les travaux choisit ses artisans, échelonne le chantier et optimise ses aides. Un propriétaire condamné exécute une décision, souvent dans l’urgence et sans dossier d’aide instruit. L’écart de coût entre les deux situations dépasse largement le montant des pénalités.

Ordre de grandeur

Combien de logements sont concernés

La France métropolitaine comptait 3,9 millions de passoires thermiques parmi ses 30,9 millions de résidences principales au 1er janvier 2025, soit 12,7 % du parc, selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique. Le nombre recule d’environ 327 000 logements sur un an.

0 1 M 2 M 3 M 4 M 4,2 M 3,9 M ~3,5 M 1er janv. 2024SDES 1er janv. 2025ONRE 2026 estiméaprès réforme DPE

Passoires thermiques, logements classés F ou G, parmi les résidences principales de France métropolitaine. Sources : SDES pour le 1er janvier 2024 (4,2 millions, 13,9 % du parc) et Observatoire national de la rénovation énergétique pour le 1er janvier 2025 (3,9 millions, 12,7 % de 30,9 millions de résidences principales). Le point 2026 est une estimation sectorielle intégrant l’effet de la réforme du coefficient de conversion de l’électricité, non une donnée officielle. Extraction du 1er août 2026.

En intégrant les résidences secondaires et les logements vacants, le total atteint environ 5,4 millions de logements. Deux tiers des passoires relèvent de la classe F et un tiers de la classe G, ce qui explique pourquoi l’échéance de 2028 concerne un volume nettement supérieur à celle de 2025.

La répartition n’est pas homogène. L’Île-de-France concentre environ 27 % des passoires alors qu’elle ne représente que 22 % du parc, du fait d’un bâti ancien et de rénovations rendues complexes par les contraintes urbaines. Les logements chauffés au fioul affichent un taux de passoires de l’ordre de 42 %. Et le parc social est sensiblement moins énergivore que le parc privé, à proportion presque deux fois moindre.

Le recul du nombre de passoires n’est pas uniquement le fruit des rénovations. Il combine les travaux réels, les démolitions, les sorties du marché locatif et, depuis janvier 2026, un changement de méthode de calcul. Le mécanisme précis de ce dernier, et la fenêtre de consommation dans laquelle il fait effectivement gagner une classe, sont détaillés dans notre page sur la réforme DPE 2026. Première chose à faire si votre bien est chauffé à l’électricité : vérifier s’il est encore classé G.

Chantier

Quels travaux pour sortir de la classe G

Sortir un logement de la classe G suppose presque toujours un bouquet de travaux, pas un geste isolé. Les postes les plus efficaces sont l’isolation des combles, le remplacement du système de chauffage par une pompe à chaleur et l’isolation des murs par l’extérieur. L’objectif minimal pour relouer est la classe F, mais viser E ou D évite de refaire le chantier avant 2034.

Postes de travaux classés par efficacité sur l’étiquette DPE, fourchettes de coût indicatives 2026.
Poste Effet sur le DPE Coût indicatif Aides mobilisables
Isolation des combles perdus Très fort pour un coût faible 1 500 à 6 000 € MaPrimeRénov’, CEE
Pompe à chaleur Très fort, agit sur les deux étiquettes 8 000 à 18 000 € MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ
Isolation des murs par l’extérieur Très fort mais coût élevé 15 000 à 35 000 € MaPrimeRénov’, CEE
Isolation du plancher bas Fort 2 000 à 8 000 € MaPrimeRénov’, CEE
Double ou triple vitrage Fort 3 000 à 10 000 € CEE
Ventilation double flux Modéré, mais nécessaire après isolation 2 000 à 5 000 € CEE

La pompe à chaleur est le seul poste qui agit sur les deux notes

Le DPE retient la plus mauvaise de ses deux étiquettes, énergie et climat. L’isolation améliore la note énergie mais laisse la note climat inchangée. Sur un logement au fioul ou au gaz, c’est le carbone qui bloque la classe : isoler ne suffira pas, il faut changer le système de chauffage. Diagnostiquer laquelle des deux étiquettes vous bloque, avant de commander un devis, est la décision qui détermine tout le budget.

Financement

Les aides réellement disponibles en 2026

Le dispositif central est MaPrimeRénov’ en parcours accompagné, réservé aux logements classés E, F ou G avant travaux. Il finance jusqu’à 80 % d’un plafond de dépenses de 30 000 à 40 000 € hors taxes, selon les revenus et le nombre de classes gagnées. L’ancien bonus sortie de passoire de 10 % a été supprimé.

Dispositifs mobilisables pour la rénovation d’un logement classé G en 2026. Les montants et conditions évoluent régulièrement, à vérifier sur france-renov.gouv.fr avant tout engagement.
Dispositif Portée Condition principale
MaPrimeRénov’ parcours accompagné Jusqu’à 80 % d’un plafond de 30 000 à 40 000 € HT Logement classé E, F ou G avant travaux, accompagnement obligatoire
Éco-prêt à taux zéro Jusqu’à 50 000 € Cumulable avec MaPrimeRénov’
Certificats d’économies d’énergie Variable selon le geste Versés par les fournisseurs d’énergie
Déficit foncier majoré 21 400 € par an au lieu de 10 700 € Voir les conditions cumulatives ci-dessous
TVA à taux réduit 5,5 % au lieu de 20 % Travaux réalisés par une entreprise certifiée RGE
Aides locales Variable Région, département, métropole, cumul à vérifier

Le bonus sortie de passoire n’existe plus

Beaucoup de contenus en ligne mentionnent encore la majoration de 10 % de MaPrimeRénov’ accordée aux logements sortant de F ou G. Elle a été supprimée. En 2026, la sortie de passoire est encouragée par le parcours accompagné lui-même, dont les taux de financement croissent avec l’ampleur du gain de classes. Si un intermédiaire vous chiffre une aide en incluant ce bonus, son calcul est périmé.

Le déficit foncier majoré à 21 400 €, et son piège

Le plafond d’imputation du déficit foncier sur le revenu global est doublé de 10 700 € à 21 400 € par an pour les travaux de rénovation énergétique. Le dispositif, initialement borné au 31 décembre 2025, a été prorogé jusqu’au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026. Les conditions sont cumulatives :

  • Le logement est classé E, F ou G avant travaux et atteint au moins la classe D après.
  • Deux DPE, avant et après, sont à conserver comme justificatifs.
  • La location est nue et relève du régime réel.
  • Le bien reste affecté à la location jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant l’imputation.
  • La majoration ne couvre que la part énergétique du déficit ; les autres charges restent plafonnées à 10 700 €.

Un avertissement rarement formulé : ce régime majoré est optionnel, et selon l’analyse de Que Choisir, sauf cas très particuliers les bailleurs n’ont pas intérêt à le faire jouer, parce qu’il conduit à les taxer davantage au global. Imputer 21 400 € sur le revenu global d’une année où votre taux marginal est élevé peut être moins avantageux que de reporter le surplus sur les revenus fonciers des années suivantes. Faites le calcul sur vos deux prochaines déclarations avant de cocher l’option. Notre page sur le déficit foncier 2026 détaille les deux scénarios.

Une condition transversale à toutes les aides publiques : les travaux doivent être réalisés par une entreprise certifiée RGE. La certification se vérifie sur france-renov.gouv.fr, avant la signature du devis et non après.

Budget

Combien coûte la sortie du G

Une rénovation permettant de sortir du statut de passoire coûte de l’ordre de 15 000 € pour un appartement à 60 000 € pour un pavillon, avec une moyenne autour de 38 000 €. Après aides, le reste à charge se situe couramment entre 30 % et 50 % du montant, davantage pour les revenus élevés.

Reste à charge indicatif sur une opération de 35 000 €, selon le profil de revenus du propriétaire. Simulation à titre illustratif, les montants réels dépendent du gain de classes obtenu et de l’instruction du dossier.
Profil Coût des travaux Aides estimées Reste à charge
Revenus modestes 35 000 €environ 24 500 € environ 10 500 €
Revenus intermédiaires 35 000 €environ 17 500 € environ 17 500 €
Revenus élevés 35 000 €environ 10 500 € environ 24 500 €

Face à ce chiffrage, trois issues seulement existent, et il vaut mieux les arbitrer froidement plutôt que de laisser le bien vacant.

Arbitrage entre les trois issues possibles pour un propriétaire de logement classé G.
Option Quand elle se justifie Point de vigilance
Rénover Bien bien situé, copropriété coopérative, revenus permettant de porter le reste à charge Viser D plutôt que F, sinon le chantier est à refaire avant 2034
Vendre Travaux disproportionnés par rapport à la valeur du bien, copropriété bloquée Décote de 10 à 20 %, audit énergétique obligatoire en monopropriété
Changer d’usage Local commercial, résidence secondaire, occupation personnelle L’interdiction porte sur la location de logement, pas sur la détention

La troisième option est presque toujours oubliée. L’interdiction de location ne vous oblige ni à vendre ni à rénover : elle vous interdit de louer le bien comme logement. Un bien vacant coûte cependant en taxe foncière, en charges et potentiellement en taxe sur les logements vacants. Le calcul se fait sur la durée de détention envisagée, pas sur l’année en cours. Pour les biens dont l’équation ne se referme pas, voir notre analyse des biens immobiliers à éviter.

Un logement classé G à arbitrer ?

Rénover, vendre ou changer d’usage se décide sur des chiffres : reste à charge réel, valeur après travaux, durée de détention. Nous étudions le dossier.

Faire étudier mon dossier

Dérogations

Les seuls cas de dérogation opposables aujourd’hui

Les dérogations réellement invocables se limitent aux situations où les travaux sont techniquement ou juridiquement impossibles : contrainte architecturale attestée, refus d’autorisation par la mairie ou l’architecte des bâtiments de France, et copropriété ayant refusé les travaux en parties communes.

  • Contrainte architecturale ou technique. Travaux incompatibles avec la structure du bâtiment, ce qui suppose une note argumentée d’un professionnel qualifié, pas une simple appréciation du propriétaire.
  • Refus d’autorisation d’urbanisme. Monument historique, site patrimonial remarquable, secteur sauvegardé : le refus de modification de l’aspect extérieur doit être écrit.
  • Copropriété bloquée. Le propriétaire doit avoir sollicité les travaux en parties communes sans succès, et avoir réalisé ceux qui étaient possibles en parties privatives. Les deux conditions sont exigées.

Les dérogations élargies ne sont pas en vigueur

Les dérogations plus larges qui circulent, travaux votés en assemblée générale, coût supérieur à la moitié de la valeur vénale du bien, sursis sous engagement de travaux, figurent dans des textes non adoptés : le projet de loi Relance du logement et la proposition de loi portée par la sénatrice Amel Gacquerre, votée au Sénat le 1er avril 2025 mais non examinée à l’Assemblée nationale. Elles n’ont aucune valeur juridique à ce jour.

Et même en cas de dérogation valable, deux obligations subsistent : la mention de consommation énergétique excessive dans les annonces, et le gel des loyers applicable aux classes F et G.

Lexique

Six termes du dossier passoire thermique

Logement non décent

Qualification juridique d’un logement ne respectant pas les critères de décence, dont le seuil de performance énergétique depuis 2023. Elle ouvre au locataire un recours en travaux et en réduction de loyer.

Gel des loyers

Interdiction d’augmenter le loyer d’un logement classé F ou G entre deux locataires ou au renouvellement du bail. En vigueur depuis août 2022, indépendamment de l’interdiction de louer.

Reconduction tacite

Prolongation automatique d’un bail arrivé à échéance sans acte nouveau. Sur un logement classé G, elle est assimilée à un renouvellement et donc interdite.

Audit énergétique

Étude obligatoire à la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété classé F ou G. Elle propose des scénarios de travaux chiffrés et ne se confond pas avec le DPE.

Parcours accompagné

Modalité de MaPrimeRénov’ réservée aux logements classés E, F ou G, conditionnée à un accompagnement par un opérateur agréé et à un gain de plusieurs classes.

Rénovation performante

Notion légale définissant l’ampleur minimale d’une rénovation. Le Sénat a voté en juillet 2026 l’intégration du confort d’été dans cette définition.

Questions fréquentes

FAQ DPE G et location

Peut-on encore louer un logement classé G en 2026 ?

Non. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G au DPE ne peut faire l’objet ni d’un nouveau bail, ni d’un renouvellement, ni d’une reconduction tacite. Le projet de loi Relance du logement, qui rétablirait cette location sous engagement de travaux, a été adopté par le Sénat en première lecture le 8 juillet 2026 mais n’est pas en vigueur.

Où en est le projet de loi qui rouvrirait la location des passoires ?

Présenté en Conseil des ministres le 24 juin 2026, le projet de loi Relance et décentralisation du logement a été adopté en première lecture par le Sénat le 8 juillet 2026, en procédure accélérée. Il doit encore être examiné par l’Assemblée nationale à la rentrée 2026 et peut y être modifié. Un texte voté par une seule chambre n’a aucune valeur juridique.

Quel délai de travaux prévoit le texte voté au Sénat ?

Le texte initial du gouvernement prévoyait 3 ans pour une maison individuelle et 5 ans en copropriété. Les sénateurs ont retenu une autre règle : le contrat de travaux devra être conclu avant 2030. Le bailleur pourrait relouer immédiatement, contre cet engagement contractuel de sortir le bien des classes F ou G.

Quelles sanctions si je loue malgré un DPE G ?

Le logement est considéré comme non décent. Le locataire peut obtenir en justice des travaux forcés, une réduction de loyer et des dommages et intérêts. La caisse d’allocations familiales peut conserver les allocations logement jusqu’à 18 mois. En meublé de tourisme, l’amende peut atteindre 5 000 €.

Mon bail en cours est-il annulé par l’interdiction ?

Non. Un bail signé avant janvier 2025 se poursuit jusqu’à son terme et le juge ne peut pas le résilier au motif du DPE. En revanche il ne peut plus être renouvelé ni reconduit tacitement, et le locataire en place peut demander des travaux en justice ainsi qu’une réduction de loyer jusqu’à leur achèvement.

Mon logement est-il toujours classé G après la réforme de 2026 ?

Peut-être pas, si le chauffage est électrique. Depuis le 1er janvier 2026, le facteur de conversion de l’électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9, ce qui a fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire sans travaux. Mais le gain n’est pas automatique : il dépend de la position exacte de votre consommation dans la classe, et de laquelle de vos deux étiquettes est la plus défavorable.

Combien coûte la sortie de la classe G ?

De l’ordre de 15 000 € pour un appartement à 60 000 € pour un pavillon, avec une moyenne autour de 38 000 €. Après MaPrimeRénov’ en parcours accompagné, éco-prêt à taux zéro et certificats d’économies d’énergie, le reste à charge se situe couramment entre 30 % et 50 % du montant, davantage pour les revenus élevés.

Le bonus sortie de passoire de MaPrimeRénov’ existe-t-il encore ?

Non, il a été supprimé. La majoration de 10 % accordée aux logements sortant des classes F ou G n’existe plus. En 2026, la sortie de passoire est encouragée par le parcours accompagné lui-même, réservé aux logements classés E, F ou G, dont les taux de financement croissent avec le nombre de classes gagnées.

Puis-je vendre un logement classé G ?

Oui, la vente reste autorisée. Un audit énergétique est cependant obligatoire pour les maisons et les immeubles en monopropriété classés F ou G. Le classement G entraîne généralement une décote de 10 à 20 % par rapport à un bien équivalent classé C ou D.

Quelles dérogations puis-je réellement invoquer ?

Uniquement celles fondées sur une impossibilité technique ou juridique : contrainte architecturale attestée par un professionnel, refus écrit d’autorisation d’urbanisme, ou copropriété ayant refusé les travaux en parties communes alors que ceux des parties privatives ont été réalisés. Même en cas de dérogation, la mention de consommation énergétique excessive dans les annonces et le gel des loyers subsistent.

Quelle est la prochaine échéance après le G ?

Les logements classés F seront interdits à la location le 1er janvier 2028, puis les logements classés E le 1er janvier 2034. Le calendrier d’outre-mer est décalé, avec le G en 2028 et le F en 2031. Comme deux tiers des passoires relèvent de la classe F, l’échéance de 2028 concerne un volume nettement supérieur à celle de 2025.

Mon DPE date de 2019, est-il encore valable ?

Non. Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025, car ils reposent sur une méthode de calcul abandonnée. Un nouveau diagnostic doit être établi par un diagnostiqueur certifié. Ces anciens DPE ne peuvent pas non plus bénéficier de l’attestation gratuite liée à la réforme de 2026.

Sources

  1. Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique, dite loi Climat et Résilience, calendrier d’interdiction de location. Légifrance
  2. Sénat, texte adopté en première lecture le 8 juillet 2026 sur le projet de loi relance et décentralisation du logement, dossier législatif.
  3. Observatoire national de la rénovation énergétique et SDES, parc de logements par classe de performance énergétique. Statistiques du développement durable
  4. France Rénov’, MaPrimeRénov’ parcours accompagné, conditions et plafonds 2026. Consulter
  5. Code général des impôts, article 156 I 3°, plafond majoré de déficit foncier, prorogé par la loi de finances pour 2026.
  6. Service-public.gouv.fr, diagnostic de performance énergétique et obligations du bailleur. Consulter

Cet article a une vocation informative et ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. L’état du droit décrit est celui en vigueur au 1er août 2026 ; les textes en cours de discussion parlementaire sont signalés comme tels et n’ont aucune valeur juridique tant qu’ils ne sont pas adoptés et publiés. Les coûts de travaux et les montants d’aides sont des ordres de grandeur qui dépendent du logement, des revenus et de l’instruction du dossier. Consultez un professionnel du droit ou un conseiller France Rénov’ avant toute décision.

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